Etats-Unis : les grandes entreprises devront révéler l'écart de salaire entre patron et employés

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Une certaine flexibilité a été accordée aux entreprises pour établir ce ratio, notamment en choisissant la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés, a indiqué la présidente de la SEC Mary Jo White.
Une certaine "flexibilité" a été accordée aux entreprises pour établir ce ratio, notamment en choisissant la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés, a indiqué la présidente de la SEC Mary Jo White. (Crédits : Reuters)
Cette règle, issue de la loi de régulation Wall Street 2010, entrera en vigueur en 2017, en dépit de la colère des lobbies financiers américains. Pourtant, plusieurs entreprises ont déjà pris les devants...

Transparence totale imposée pour la plupart des grandes entreprises américaines. Elles seront désormais tenues de dévoiler l'écart de rémunération entre les patrons et leurs salariés, a indiqué mercredi 6 août le gendarme de la Bourse aux Etats-Unis (SEC).

Issue de la loi de régulation de Wall Street de 2010, également appelée loi Dodd-Frank, cette nouvelle règle entrera en vigueur en 2017 et s'appliquera à une grande partie des entreprises cotées en Bourse.

Dans le détail, les grands groupes américains devront publier dans leur rapport annuel le ratio entre la rémunération des PDG et le revenu médian de leurs employés, un chiffre qui pourrait alimenter le débat sur le creusement des inégalités aux Etats-Unis. En effet, la rémunération des patrons américains a explosé au cours des dernières décennies: elle était en moyenne en 2013 près de 300 fois supérieure à celle d'un salarié médian contre 20 fois en 1963, selon une étude du centre de réflexion Economic Policy Institute.

Néanmoins, une certaine "flexibilité" a été accordée aux entreprises pour établir ce ratio, notamment en choisissant la date de référence pour calculer le salaire médian de leurs salariés, a indiqué la présidente de la SEC Mary Jo White.

Vives réactions

"Dire que les avis sont divisés (sur cette règle, ndlr) est très en deçà de la réalité", a reconnu la présidente de la SEC Mary Jo White dans un discours transmis à la presse.

Le puissant lobby patronal de la Chambre de commerce américaine a vivement critiqué cette règle, qualifiée de "faveur" accordée aux syndicats.

"Quand la transparence est utilisée pour promouvoir des intérêts particuliers au lieu de fournir une meilleure information aux investisseurs, c'est un pas dans la mauvaise direction", a estimé l'organisation dans un communiqué.

Et d'ajouter que par cette action, la SEC et le Congrès "exacerbent  le problème et rendent les marchés publics moins attractifs pour les investisseurs et les sociétés".

Des patrons américains misent sur la réduction des inégalités salariales

Toutefois, plusieurs patrons américains ont lancé des initiatives pour réduire les écarts des salaires de leurs employés avec le leur.

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Commentaires
a écrit le 07/08/2015 à 16:21 :
Ils devront fournir un pourcentage. C'est déjà plus ou moins précis. Et la rémunération pourrait être un terme à préciser : on met quoi dedans ? Indemnités diverses et variées, avantages en nature (voiture, logement, abonnements à taxi et divers, billets d'avion éventuels, financement d'une retraite chapeau pour les mieux lotis... ). C'est un peu comme nos élus : ils doivent faire connaître leur patrimoine. Mais qui n'est consultable qu'en préfecture, non publiable etc... Il y aura toujours moyen de contourner la difficulté...
a écrit le 06/08/2015 à 14:58 :
Si les communistes prennent le pouvoir à WALL STREET, on aura tout vu. Et je ne parle même pas des communistes allemands qui imposent les syndicats dans les conseils d'administration. Saint BISMUTH, protège-nous !!!
Réponse de le 06/08/2015 à 21:28 :
typiquement le genre de commentaire de désinformation car venant d'une personne ignorante : les syndicats allemands ne sont pas à l'image des syndicats français, caricature du syndicalisme.
Réponse de le 07/08/2015 à 9:08 :
Il se trouve que l industrie allemande est en pleine forme........ Chez nous, pas de syndicat au conseil d administration, mais on vend toute nos usinesaux étrangers........
Réponse de le 08/08/2015 à 17:10 :
Pour M. PIC SOU. Votre réponse prouve votre totale méconnaissance du monde industriel allemand. Les syndicats français sont beaucoup moins puissants et revendicatifs qu'en Allemagne. Quelques grèves emblématiques ne peuvent faire une généralité, surtout lorsqu'il s'agit de grève pour éviter de fermer des usines. µ
Les syndicats allemands, comme IG METAL, organise eux des grèves générales dans des branches professionnelles, et seulement pour des revendications salariales.

Mais en Allemagne, essayer de fermer une usine automobile, et vous verrez ce qui va se passer.
GM a essayé de fermer une usine OPEL en 2009 ou 2010, et même Madame MERKEL est monté au créneau...

D'autre part, les syndicats que je voie revendiquer le plus depuis des années, sont les syndicats agricoles, qui veulent venir vérifier dans votre assiette ce que vous mangez. Je préfère manger français, mais je trouve cela hors de propos.

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