La transition écologique, un enjeu de compétitivité pour les compagnies aériennes françaises

Il est possible d'ores et déjà de réduire l'empreinte carbone du transport aérien. Par Marc Rochet, Président du directoire d'Air Caraïbes
(Crédits : DR)

Longtemps, le secteur aérien a été absent du défi écologique. La prise de conscience n'a été que tardive et a parfois été longue à se concrétiser. Nous avons trop longtemps pensé qu'optimisation économique et commerciale au service du client ne pouvait pas rimer avec la réduction de notre empreinte écologique.

Toutefois, progressivement, les compagnies aériennes ont pris conscience de leur inscription dans un environnement dont la préservation de la nature figure parmi les impératifs majeurs des acteurs économiques. Il nous a semblé fondamental de pouvoir concilier l'excellence de notre service et le respect des ressources naturelles importantes de l'arc caribéen dans lequel notre compagnie Air Caraïbes tisse ses racines. Notre empreinte écologique est l'indicateur de la prise de conscience de notre responsabilité sociale, environnementale et économique d'entreprise caribéenne.

Saut écologique peut rimer avec gain économique

Mais, la confiance ne se décrète pas, elle se prouve. Aussi, à l'occasion de la tenue prochaine à Paris de la conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) et alors que le transport aérien mondial a progressé de 8,2% en juillet 2015 sur un an, revenons sur plusieurs initiatives qui ont permis à l'industrie et aux compagnies aériennes de prendre le virage d'une réduction de son impact environnemental.

Le constructeur aéronautique Airbus a démontré avec son dernier né l'Airbus A350 que le saut écologique peut aussi permettre un gain économique. En effet, les A350 permettront de réduire nos consommations de carburant de plus de 25%, et donc, dans des proportions similaires, leur bilan carbone. J'ai l'honneur d'être à la tête de la première compagnie française qui exploitera, dès décembre 2016, ses nouveaux avions ultramodernes, aux performances écologiques améliorées.

Les Antilles, troisième destination au départ de Paris

Ce choix est écologiquement et économiquement stratégique. Les Antilles représentent la 3e destination la plus fréquentée au départ de Paris avec plus de 2 millions de passagers par an. Les A350 voleront donc sur des routes millionnaires et seront soutenus par un fort trafic. Notre offre sera plus concurrentielle grâce à une réduction massive de nos coûts de carburant et parallèlement, nos passagers pourront bénéficier d'un voyage écologiquement plus durable et de tarifs plus compétitifs.

Comme d'autres compagnies, Air Caraïbes souhaite participer à la préservation de son environnement de travail. Nous sommes ainsi devenus l'un des premiers partenaires privés de l'IFRECOR, initiative française pour la préservation des récifs coralliens. L'IFRECOR agit concrètement pour la préservation des littoraux ultra-marins au travers de comités locaux de Guadeloupe, de Martinique, de Mayotte, de La Réunion, des Iles Eparses, de Nouvelle Calédonie, de Polynésie française ou bien encore de Wallis & Futuna. A travers ce partenariat, nous souhaitons contribuer à la promotion d'un tourisme vert dans l'arc caribéen. Air Caraïbes s'est également associée à l'office national des forêts (ONF) en Martinique afin de donner corps à notre engagement pour un tourisme plus écologique. Trois opérations de nettoyage de sites naturels, conjointement menées par l'ONF et Air Caraïbes, ont été mises en place en 2012.

Favoriser les mobilités vertes

Enfin, les compagnies aériennes françaises souhaitent favoriser les mobilités vertes dans le trajet qui mène nos passagers de leur domicile à l'aéroport. Nous développons de véritables politiques d'éco-mobilité. Nous sommes les promoteurs d'une mobilité propre jusqu'à notre plateforme aéroportuaire parisienne. Le dispositif « TGV Air » permet de relier 18 des plus grandes villes françaises à notre hub d'Orly, réduisant l'empreinte carbone de nos passagers provenant des régions. Nous avons également lancé en 2013 « iZipress », un nouveau service dématérialisé de lecture de la presse sur 100 % de nos vols. Cet engagement « zéro papier » à bord a permis de réduire le bilan carbone annuel d'Air Caraïbes de près de 80 tonnes de Co2. Auparavant, nous transportions les journaux et magazines de ces vols, soit environ 178 tonnes de papier emportées sur une année. Dans le même temps, l'allègement des avions nous a permis de réduire de 58 tonnes la consommation annuelle de carburant.

Plus qu'une contrainte réglementaire, la transition écologique est une réalité en marche au sein des compagnies aériennes françaises et notamment d'Air Caraïbes. Nous nous engageons pour un transport aérien plus propre tout autant pour nos clients que pour notre écosystème territorial qu'il soit ultra marin ou hexagonal. Notre détermination et notre volonté de poursuivre dans cette voie au cours des années à venir devra s'intensifier pour mieux répondre aux préoccupations de notre époque et des générations à venir.

Marc ROCHET, Président du directoire d'Air Caraïbes.

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