EXCLUSIF Airbus négocie avec Pékin une commande géante

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(Crédits : BLOOMBERG NEWS)
Des négociations sont en cours pour la vente ferme de 150 appareils. Avec les intentions d'achats, la commande atteindrait plus de 200 Airbus, dont des A380. Elle pourrait être signée lors de la visite du président chinois en France en novembre.

C'est une énorme commande d'avions pour Airbus, la grande filiale du géant européen de l'aéronautique, l'espace et l'armement EADS, qui se dessine en Chine. Selon des sources concordantes, l'avionneur européen est en négociation avec les autorités et les compagnies chinoises pour la vente de 150 appareils d'une valeur d'environ 16 milliards de dollars au prix catalogue. Les discussions portent sur 120 moyen-courriers A320, 20 A330 et 10 A350, deux types de gros-porteurs long-courriers. Ces A350 faisaient déjà l'objet d'un protocole d'accord signé dans le passé mais jamais converti depuis en achat ferme.

Il s'agirait de la plus grosse commande d'avions passée par la Chine à Airbus depuis les mégacontrats annoncés en 2005, qui avait concerné 150 appareils de la famille A320, et en 2007, qui portait sur 160 exemplaires (110 A320 et 50 A330). L'annonce de cette commande ferme pourrait être faite en novembre prochain lors de la visite en France du président de la République populaire de Chine, Hu Jintao. « Dans la perspective de cette visite », explique un communiqué du ministère de l'Ecologie publié le 10 septembre, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau effectue un déplacement en Chine du 10 septembre jusqu'au 14 septembre, « afin d'approfondir la coopération franco-chinoise dans les transports urbains et la construction aéronautique ».

En Chine, les commandes des compagnies aériennes font d'abord l'objet d'un accord-cadre entre l'avionneur et le CASCG (China Aviation Supplies Import and Export Group) puis d'un accord entre l'avionneur et chaque compagnie pour transformer le protocole en commande ferme. Pour aboutir à un accord-cadre, il faut obtenir le feu vert du NDRC, le Bercy local. Dominique Bussereau doit s'entretenir avec eux ce mardi à Pékin. Outre l'explosion du trafic en Chine, l'autre raison de cette commande d'A320 serait, côté chinois, d'assurer la montée en cadence de la ligne d'assemblage de l'usine d'Airbus de Tianjin, qui doit produire quatre A320 par mois fin 2011.

Hypothèse basse

Pour autant, cette commande de 150 appareils n'est qu'une hypothèse basse, selon des proches du dossier. Certains n'hésitent pas à avancer le chiffre de plus de 200 avions. Cette commande ferme pourrait s'accompagner d'intentions d'achats concernant d'autres appareils dont les négociations ont démarré il y a peu de temps. C'est le cas de l'avion vedette d'Airbus, l'A380, vendu à seulement cinq exemplaires il y a cinq ans à China Southern. Des discussions viennent de démarrer avec Air China pour 5 à 10 exemplaires.

Cette coopération aéronautique entre la France et la Chine concerne également le projet d'avion moyen-courrier chinois C919, dont la mise en service est prévue en 2016. Alors que Safran a été sélectionné pour les moteurs (en collaboration avec l'américain General Electric), Paris tente de convaincre le constructeur chinois Comac de choisir également une filiale de Safran (Labinal) pour les câbles. Pékin exigerait pour cela la création d'un joint-venture entre Safran et un acteur chinois, basé en Chine. Au-delà de l'aéronautique, la France espère, lors de la visite du président chinois, la signature d'accords dans les transports urbains de la ville de Wuhan.

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