L'alternance réveille les ambitions inavouées des industriels de la défense

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Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian Copyright Reuters
Le nouveau ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian Copyright Reuters (Crédits : DR)
Y aura-t-il une recomposition de l'industrie de défense comme cela semble promis avec l'arrivée de la gauche au pouvoir ? En tout cas, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, devra trier entre tous les projets souvent rivaux des uns et des autres. "latribune.fr" a scanné les plus importants.

L'arrivée de François Hollande à l'Elysée va probablement rebattre les cartes d'une partie de l'industrie de défense française, voire européenne. C'est ce qu'espèrent toutes les directions des stratégies des groupes qui bouillonnent d'idées et, parfois, travaillent déjà sur des projets. Pour rester, ou  revenir, au centre de la recomposition du secteur. Soit pour échapper à un prédateur promis et donc à une tutelle encombrante. De prédateur à cible ou de cible à prédateur, tous les groupes, à l'exception bien sûr d'EADS, peuvent changer de statut. « latribune.fr » répertorie la plupart des scénarios possibles, qui trottent dans la tête des capitaines des grands et des petits groupes de l'industrie de la défense, prêts à se lancer dans la partie.  "Nous ne dirons jamais à quel groupe nous nous intéressons, car le dire nous met déjà en position de demandeur, donc de faiblesse par rapport à celui qui se vend ou vend une activité. Cela fait augmenter le prix de l'acquisition et, en bonus, compliquent les négociations", explique l'un d'eux.

EADS reviendra-t-il au centre du jeu ?

A tout seigneur, tout honneur, EADS, le géant endormi mis sur la touche lors du dernier quinquennat. A quoi rêve-t-il aujourd'hui, lui qui a été interdit de façon brutale par Nicolas Sarkozy de surenchérir sur l'offre de Dassault Aviation sur Thales en 2008? S'il ne se fait pas trop d'illusions sur la possibilité d'un rachat du groupe d'électronique, il est à nouveau attentif à ce qui s'y passe. Le curseur est passé à alerte orange. Il est évident que si le gouvernement Ayrault lui proposait le dossier, il sauterait sur l'occasion les yeux fermés. Le futur président exécutif d'EADS, Tom Enders, qui se veut très pragmatique, et le directeur général en charge de la stratégie et de l'international, Marwan Lahoud, deux des hommes forts du futur EADS, ne rateraient pas l'opportunité de faire croître ses activités de défense regroupées dans Cassidian, dont ils jugent qu'il n'a pas la taille critique. L'avenir de la filiale défense est en suspens avec l'arrivée de Tom Enders à la tête du groupe et une probable redistribution des principales activités dans les différentes filiales d'EADS. Mais pas question de vendre Cassidian.

Certains chez EADS préconiseraient même de s'intéresser à l'avenir de DCNS. Le groupe naval pourrait effectivement profiter de l'arrivée de la gauche au pouvoir pour s'émanciper de la tutelle conjointe de Thales et Dassault Aviation que sa direction juge déjà trop pesante. A suivre. En revanche, EADS ne passerait pas à côté d'une prise de contrôle à 100 % du leader européen des missiles MBDA, dont il détient déjà 37,5 %. L'italien Finmeccanica, englué dans une crise sans précédent et qui cherche du cash désespérement via la vente d'actifs, pourrait vendre ses 25 %. EADS détient une option prioritaire si l'italien vend, tout comme d'ailleurs le britannique BAE Systems (37,5 % de MBDA). Mais le groupe européen veut les 100 %... car détenir 62,5 % ne lui donnera pas le contrôle du missilier. Un dossier très, très difficile, d'autant que Londres, après longtemps délaissé le secteur des missiles, est en train de réinvestir dans ce domaine.

Enfin, sur le plan industriel EADS ne désespère pas de prendre sa revanche dans les drones, qui ont été confiés à Dassault Aviation et Thales. Ce qu'il avait très mal vécu.

MBDA sera-t-il le grand gagnant des nombreuses rectifications de frontières?

Présidé par Antoine Bouvier, le missilier, qui ne voit pas d'un bon ?il le renforcement de l'un de ses trois actionnaires - ce qui signifierait beaucoup moins d'indépendance qu'actuellement -, rêve lui aussi de grossir en s'offrant les activités missiles de Thales, très présent dans l'Air Defence (les missiles sol-air notamment). Avec une telle acquisition, il accéderait enfin au statut à part entière de systémier, qu'il n'a pas aujourd'hui, à l'exception du missile surface-air SAMP/T. MBDA doit en outre finaliser le dossier de la bombe guidée AASM, développée par Sagem (filiale Safran). En 2008, Sagem a signé un accord avec le missilier pour que celui-ci commercialise l'AASM à l'export. Depuis plus rien, alors que l'objectif de MBDA était de racheter ce programme à Safran.

Par ailleurs, MBDA aimerait achever la consolidation à l'échelle européenne en mettant la main sur l'allemand BGT, détenu à 80 % par le groupe Diehl. Mais le rêve absolu d'Antoine Bouvier, c'est de faire de MBDA un acteur de taille critique au Etats-Unis. Et puis le missilier aimerait bien rectifier les frontières avec Astrium pour lui croquer certaines activités pour se renforcer dans la défense anti-missile balistique, un secteur porteur d'avenir.

Safran sera-t-il le nouveau pivot de la consolidation industrielle ?

C'est indéniablement Safran qui a le plus gros appétit. En premier lieu, il vise Thales, un dossier pas loin de l'obséder. Présidé par Jean-Paul Herteman, le groupe, issu de la fusion Snecma-Sagem et longtemps dans le viseur de Thales, avait déjà, avant l'été 2011, tenté de racheter la participation de Dassault Aviation comme l'avait révélé « La Tribune ». Discrètement, Safran continue de travailler sur ce projet stratégique pour le groupe et plaide pour une fusion avec l'électronicien. Il a d'ailleurs mis tous ses atouts de son côté en faisant un intense lobbying depuis le début 2012 auprès des responsables socialistes, aujourd'hui au pouvoir, pour les convaincre de la pertinence de cette opération. Un travail qui a fait son chemin dans les esprits puisque cela fait partie des pistes encore très exploratoires, qui pourraient être mises en ?uvre si la volonté de marginaliser Dassault Aviation au sein de Thales se concrétisait.

L'équipementier n'a pas perdu non plus de vue Zodiac, qui aurait pu s'offrir à Safran si ce dernier avait été un peu plus brutal dans sa volonté de s'en emparer, explique-t-on aujourd'hui à « latribune.fr ». Safran reviendra-t-il à l'attaque ? Pas impossible. Enfin, le motoriste Avio (2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011), un vieux rêve des années 2000 de Snecma, reste dans le viseur de Safran, très intéressé. Cette opération n'est pas dans le haut de la pile des dossiers prioritaires mais il est surveillé comme le lait sur le feu si Thales échappait encore à Safran. Pour cela, il faudra convaincre le fonds d'investissement Cinven, qui détient 81 % d'Avio.

Enfin, dernier dossier mais de moindre ampleur pour Safran, qui a finalisé après douze ans d'efforts en mai 2012 la consolidation de la propulsion solide avec la création d'Herakles : Roxel. L'équipementier souhaiterait prendre 100 % du spécialiste de la propulsion de missiles tactiques (130 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011) dont il détient déjà 50 % (MBDA a les 50 % restants). A Roxel, on est plutôt contre puisque MBDA assure 70 % de son chiffre d'affaire. Ce que le missilier ne serait peut être plus tenu de faire une fois Roxel sorti de son giron. D'autant que MBDA détient 100 % de Bayer Chemie, concurrent de Roxel.

Dassaut Aviation restera-t-il le BAE Systems à la française ?

Hier gagnant de la recomposition de l'industrie de défense, le BAE Systems (Dassault Aviation-Thales) à la française est inquiet des projets de la gauche qui souhaite limiter leur influence. Le célèbre avionneur de Saint-Cloud, qui aurait peut être aimé se renforcer dans le capital de Thales sous la présidence de Nicolas Sarkozy, vise aujourd'hui ni plus, ni moins que le statu quo. A savoir garder le contrôle de Thales (26 % du capital), dont le PDG, Luc Vigneron, aimerait lui un peu s'émanciper - un rêve absolu qu'il n'avouera jamais -, et via le groupe d'électronique, de DCNS (35 % du groupe naval) et de Nexter (armements terrestres), dont l'opération était dans les cartons de l'ancienne équipe ministérielle.

Sinon Thales aimerait bien s'incruster chez MBDA, voire plus si affinités. Ce qui est peu probable tant les deux groupes se livrent une guerre impitoyable, notamment dans l'Air Defence. Le groupe d'électronique suit également avec beaucoup d'attention les déboires de son rival et parfois partenaire Finmeccanica. Les activités de Selex (électronique de défense) ne le laisseraient pas insensible si elles étaient mises en vente par Finmeccanica. Mais le dossier jugé prioritaire par les équipes de Thales reste l'acquisition des activités d'optronique (optique et électronique combinées) de Safran. L'électronicien est resté sur sa faim avec le pacs (une JV commerciale) qu'il a conclu avec Safran. Loin du vaste échange d'actifs imaginé au départ. Thales n'a pas non abdiqué le rachat de toute la partie défense de Safran.

DCNS et Nexter parviendront-il à redevenir indépendants ?

De son côté DCNS, qui rêve de retrouver son indépendance, viserait les activités sonar de Thales. Tout comme il ne serait pas contre de racheter la filiale de Finmeccanica spécialisée dans les torpilles Wass, qui enregistre une centaine de millions d'euros de chiffre d'affaires. S'agissant de Nexter, qui aimerait bien rester indépendant, se verrait bien comme le pivot de la consolidation des petits acteurs industriels français de l'armement terrestre (Panhard, Renault truck Défense). Ce qui n'est pas au goût de ces derniers. Panhard, qui a proposé à l'Etat de racheter Nexter, est en train de se rapprocher tout doucement de RTD.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2012 à 19:04 :
Grosso modo les problèmes évoqués par cet article se posaient dans des termes identiques en mai 2007.On évoquait alors un " mécano industriel et financier" confié à un " trio stratégique" hors du commun sorti des meilleurs écoles. Les trois amis devaient réfléchir à l'avenir du nucléaire,s'emparer du dossier de Dexia,suivre les dossiers de Safran,d'EADS, de Thales..Qu'a donné finalement toute cette agitation intellectuelle?
a écrit le 29/05/2012 à 10:50 :
Chronique d?un démantèlement annoncé

Le statoréacteur est étroitement associé en France à la seconde composante nucléaire, car il apporte au système d?arme qui en est équipé un avantage tactique considérable : vitesse, pénétration, portée en particulier. Sa maîtrise au niveau nationale est non seulement un avantage concurrentiel pour l?industrie de l?armement, mais surtout un gage de souveraineté pour les payas sur le plan de la Défense stratégique.
Le statoréacteur est une technologie de propulsion, dont la maîtrise technique et les enjeux des développements présents et futurs reposent en majeure partie sur la protection thermique de la chambre de combustion. La qualité et les performances de cette protection thermique permettent en effet :
? D?augmenter la durée de fonctionnement du moteur, donc la portée du missile.
? D?adapter sur une large plage les caractéristiques de la combustion, donc d?accroitre les capacités de man?uvre du missile et par conséquent ses capacités de pénétration.

Roxel a développé et fait évoluer depuis plus de quinze ans cette technologie de protection thermique. Cette technologie est d?ailleurs employée sous une forme un peu différente sur d?autres produits pour leur conférer des performances hors du commun. Ainsi par exemple le moteur missile EXOCET MM0 est capable de fonctionner près de trois minutes sans détruire les matériaux structuraux qui le composent. Ce savoir-faire amélioré d?année en année fait partie du patrimoine technique et industriel de la France1. Aujourd?hui, ce savoir-faire est sur le point d?être transféré à MBDA. Quels sont donc les enjeux et les risques associés à ce transfert ?

Enjeux pour MBDA
Comme expliqué en début de document le statoréacteur représente un enjeu stratégique pour la Défense Nationale, et il représente naturellement pour MBDA, premier missilier Européen, un atout majeur vis-à-vis de la DGA, mais aussi face à ses concurrents internationaux et en particuliers américains. Le transfert de technologie évoqué ci-dessus apporte à MBDA une autonomie complète sur les statoréacteurs, car au-delà de la technologie de la protection thermique, MBDA récupère également les moyens d?essais statoréacteurs de Roxel, moyen qui sont uniques en France. Cette autonomie a plusieurs conséquences potentielles :
? Tout d?abord la technologie du statoréacteur se retrouve en totalité aux mains d?une entreprise certes Européenne, mais dont l?actionnariat Français est loin d?être majoritaire2
? Ensuite, MBDA devenant propriétaire de la technologie transférée, elle pourra logiquement, à travers la synergie inter programmes, en faire bénéficier d?autres projets et en particulier le missile METEOR, qui est un autre enjeu majeur pour MBDA3.
? Mais surtout, Roxel qui est aujourd?hui considéré comme un fournisseur critique pour MBDA, le sera-t-il encore demain ? Rien n?est moins sûr car la concurrence sur son activité, déjà très présente en Europe4, l?est aussi hors de l?Europe, en Turquie, en Israël et même en Afrique du Sud, sans même parler des Etats Unis. MBDA qui a déjà travaillé avec ces différents acteurs, aura-t-il encore de bonnes raisons de garder Roxel comme fournisseur majeur sur les moteurs une fois les statoréacteurs en sa possession ? Bayern Chemie par exemple, aujourd?hui entièrement détenu par MBDA, serait un bon candidat pour devenir ce fournisseur majeur. En tout cas selon les accords de création de CELERG puis de Roxel, Bayern Chemie aurait dû être apporté à Roxel lors de sa fusion avec Protac en 2008, or cela n?a pas été le cas. L?actionnaire MBDA demande même aujourd?hui à Roxel d?assurer une activité minimale à Bayern Chemie.





Risque pour Roxel
MBDA représente pour Roxel environ 80% de ses ventes annuelles. On mesure donc aisément les conséquences pour Roxel du choix par MBDA de fournisseurs alternatifs à Roxel pour les moteurs de ses missiles. Mais analysons déjà les conséquences du transfert vers MBDA de l?activité statoréacteur.
? L?activité statoréacteur représentait pour Roxel en 2011 et en France environ 20% des ventes de l?année. La perte de cette activité devrait donc représenter proportionnellement le départ d?environ 80 personnes5, tandis que le transfert d?effectifs vers MBDA devrait se limiter à une vingtaine de personnes.
? Le maintien de la rentabilité de l?entreprise nécessitera dons un nouveau plan social, qui touchera l?ensemble de l?entreprise, Site de Saint 2Mdard en Jalles compris. Rappelons que suite à la fusion avec Protac, l?entreprise a déjà mené en 2010 et 2011 un plan social sur l?établissement de La Ferté St Aubin conduisant à réduire d?environ 25% son effectif. A ce chiffre déjà significatif s?est aussi ajouté un effet collatéral non moins significatif de départs non souhaités6.
? On peut donc logiquement estimer à une trentaine de personnes spécifiques l?ampleur du nouveau plan social, auxquels il faudra ajouter une vingtaine de personnes non spécifiques et un nombre similaire de départs non souhaités. C?est donc 60 à 70 personnes qui risquent à moyen terme de quitter l?entreprise.
? L?abandon potentiel de Roxel par MBDA conduira à un accroissement significatif du nombre d?emplois supprimés mettant en péril l?ensemble de la société ainsi que le projet ayant conduit à sa création. MBDA pouvant s?appuyer sur Bayern Chemie pour construire un autre motoriste européen.
? Le fait que cette dernière logique conduise purement et simplement à ce que nous avons connu avec EADS Sogerma, à savoir transfert de compétences et d?outils de production7 vers une autre société. A l?heure de la défense de l?industrie, démanteler Roxel au profit d?une société allemande serait des plus inquiétants.

Même si ce transfert est un arrangement entre actionnaires de Roxel, consécutif à la création d?Héraclès, comment peut-on expliquer l?absence de réactions quant aux conséquences dramatiques pour l?entreprise ? La réponse est sans doute dans les résultats du programme ASMPA. Ce programme en effet, notifié en 1999 pour la partie statoréacteur, a enregistré des pertes d?environ trente millions d?euros en dix ans, soit une moyenne annuelle suffisante pour rendre l?entreprise déficitaire de manière récurrente.
En fait, la moitié de cette perte (soit une quinzaine de millions d?euros) n?a été portée à la connaissance des actionnaires qu?en 2009, ce qui a immédiatement déclenché un audit de la part de ceux-ci. Cela aurait dû conduire à des modifications en profondeur de Roxel et de ses relations avec les actionnaires. Il n?en à rien été, mais en échange de quoi ?

De là à penser que l?entreprise n?était pas dimensionnée pour piloter un tel programme il n?y avait qu?un pas (bien que cela ne soit pas glorieux pour le numéro 1 Européen de la propulsion tactique et pour ses actionnaires) pour justifier ainsi ce transfert préjudiciable à cette société, son projet industriel, son appartenance nationale et ses salariés.

Les conséquences pour cette société, similaires à l?affaire Sogerma, verront leur apogée, si rien n?est décidé, dans les mois à venir avec la mise en ?uvre d?un plan social sans précédent, pouvant conduire à la disparition de l?entité Roxel dans son ensemble.
Il eu été plus judicieux dans le cadre d?un vrai projet industriel de transférer l?intégralité de Roxel à MBDA ou au pire d?en faire une filiale à 100% de MBDA à l?image de Bayern Chemie.







1 Roxel, bien qu?étant une entreprise binationale (Franco-britannique), possède un actionnariat en majorité Français, car l?un des 2 actionnaires à 50% est SNPE Matériaux Energétiques (SME), société étatique Française. Le rapprochement en cours de SNPE Matériaux Energétiques et de Snecma Propulsion Solide (SPS) à travers la société Héraklès, pouvait faire croire à une volonté de l?Etat Français de garder en France le contrôle de la propulsion tactique, stratégique et spatiale.

2 Les deux actionnaires majoritaires de MBDA sont BAe Systems (37.5%), entreprise Britannique, et EADS (37.5%), entreprise trepise Franco allemande. La part d?actionnariat français dans MBDA représente donc une douzaine de pourcents.

3 Lors de la signature par MBDA du contrat METEOR, avec le Ministère de la Défense Britannique en 2002, il se disait que ce programme était vital pour l?avenir de MBDA, amis aussi que ce programme pouvait conduire l?entreprise à sa perte en cas d?échec.

4 Les principaux acteurs de la propulsion tactique autour de Roxel en Europe, sont Bayern Chemie en Allemagne (appartenant entièrement à MBDA), Nammo en Norvège, et Avio en Italie.

5 L?effectif de Roxel en France est d?environ 420 personnes, dont près de 40% de non spécifiques. Cet effectif est réparti sur 4 sites géographiques (St Médard en Jalles, Bourges, La Ferté St Aubin, Le Plessis Robinson).

6 Ces départs non souhaités ont représenté environ 10% de l?effectif de l?établissement

7 Hors activité statoréacteur l?activité de l?établissement de Bourges se limite à de l?intégration de moteurs et à des essais, activité également présente à Saint Médard en Jalles. L?activité de l?établissement de La Ferté St Aubin représente essentiellement de la mécanique et de la fabrication de protections thermies, activité facilement transférable et que MBDA pourrait bien lui disputer.
a écrit le 28/05/2012 à 10:12 :
Le problème avec tous ces scenarios, c'est qu'aucun ne semble repondre à une vraie stratégie industrielle. Ici ou la certains projets semblent avoir du sens, mais il faudrait avoir une vraie stratégie et un but clair et précis, autre que "avoir des champions nationaux et européens". L'etat qui est l'actionnaire majoritaire dans la plupart de ces entreprises a donc un role clé... on verra donc si l'Etat stratège donc Hollande a parlé durant toute la campagne va prendre forme. Cela semble mal embarqué dans la mesure ou l'objectif premier semble de vouloir faire payer la famille Dassault pour sa proximité affichée et revendiquée avec la droite. Ce qui est bien dommage car au delà de la sensibilité politique des Dassault on parle là d'un vrai industriel avec des compétences uniques....
a écrit le 28/05/2012 à 9:41 :
Vous n'évoquez pas CS Communication & Systèmes, le groupe de Yazid Sabeg, au bord du démantèlement, dont l'activité défense pèse 80 Millions d'Euros par An, dont Diginext le leader français de la Liaison-16 et des lieisons de données militaires. Or CS peut être un sujet de bagarre entre THALES, EADS, et même des groupes européens ...
Il est à noté que le DG de CS, Laurent Giovachini, ex numéro de la DGA est un Hollandiste historique ...Alors ?
Réponse de le 28/05/2012 à 10:24 :
Bien vu. Un oubli...
a écrit le 27/05/2012 à 20:19 :
Je n'ai jamais compris l'intérêt de toutes ces gesticulations ( et la France ne fait pas cela que dans la défense), on passe notre temps à fusionner des trucs pour ensuite les dépecer et les refusionner d'une autre façon.
Au final, toujours moins d'acteurs et une plus grand homogénéité( ce qui est fâcheux pour les programmes car ce sont les mêmes produits qui sortent donc moins d'innovation), et donc toujours plus de monopole et de prix chers.
On va se retrouver au final avec 3 ou 4 groupes pour toute l'Europe centrés autour de nationalités( France, RU, Allemagne et peut-être Italie) et les états seront obligés de passer commande pour éviter que ceux-ci ne licencient.
Il faut se demander sérieusement si cette méthode arrive à stimuler la compétition des produits, des prix et l'entrée de nouveaux groupes sur le marché.
a écrit le 27/05/2012 à 14:07 :
Le plus étrange dans cette affaire est qu'on nous affirme depuis des décennies que l'Europe nous protège, l'Europe nous unis. Donc, a priori, nous devrions avoir une logique de défense unifiée convergente, et de fait, une industrie de défense unique, un peu à la mode Airbus pour l'aspect civil. On a bien prouvé que pour l'espace et l'aviation civile on savait faire, mais dès qu'on parle de flingues, cela ne marche plus ? A qui profite cet état de zizanie ? Cherchez, et vous aurez les réponses a apporter :-)
a écrit le 26/05/2012 à 11:18 :
bonjour, il faut voir que EADS n'est pas capable de respecté les prix et encore moins les dates de livaison ( le bonne exemple A400) .il y a encore beaucoups d'effort a faire. Pour NEXTER il ne vende rien, a par du matériel 4 fois trops chere a l'état, il non pas de vue a long terme , même pas des prototype a présenté lors des salon de l'armement. Pour la DCN, il ont profité des commandes de la marine, mais il ne son pas vraiment novateur au niveau de la recherche, leure dernier ouvrage est les plan du porte avion anglais qui semblerai ne pas pouvoir être modifier pour resevoir des catapultes.... La recherche et linovation sont les seul moyen de se démarque sur ce marcher. Alors avant de vouloir des champions, il faut changer les mentalitées car tout le monde achete nationnal ( 4 programmes de vehicule de transport d'infanterie en europe) . Il faut d'abord faire des DILLES, tu m'achette des bateaux, je t'achette des VCI. Cela aurrai surrement couté moins chere au contribuable.
Réponse de le 26/05/2012 à 11:53 :
Je ne suis pas sur que J2MLD soit un expert en armement pais ce n'est certainement pas un expert en orthographe. Moi non plus, mais alors là, c'est trop.
Réponse de le 26/05/2012 à 12:26 :
En effet c'est dommage, car ce correspondant me semble plutôt bien informé. S'agirait-il d?un salarié étranger, déçu par une vision trop nationaliste de son employeur ?
Réponse de le 28/05/2012 à 10:22 :
Vu les performances de DCNS (et non DCN) à l'etranger je doute qu'il y connaisse quelque chose. Sur l'A400M résumer ca a une erreur d'EADS est bien réducteur, mais vient surtout des demandes des differents Etats sur les capacités de l'avion qui font que c'est un bijou mais d'une complexité sans nom. J'ajouterai que dans ces secteurs un projet de cette envergure, en respectant les delais et les prix, est une rareté! De plus, le porte avion anglais n'est pas un design de DCNS et il ne suffit pas de "l'espace" pour la catapulte pour resoudre le problème. Bref de tout et bcp de n'importe quoi!
a écrit le 26/05/2012 à 10:36 :
Les investisseurs avertis éviteront ces sociétés où pèse l?ingérence d?une main politicienne. N?oublions pas ce qui s?est passé chez Thales. Une équipe dirigeante qui en fit un grand groupe fut éliminée, pour cause de leur vision internationale plutôt qu?hexagonale.
a écrit le 26/05/2012 à 10:30 :
Il ya une certitude : on ne donnera rien à EADS tant que les allemands n'avancent pas de manière réciproque en lui vendant l'une de ses grosses entreprises. Pour le reste MBDA devra bouger faute de devenir la cible de tous les acteurs de poids, certainement du côté des italiens. Thalès vise DCNS comme il est logique mais reste dans l'attente des discussions franco-allemandes encore une fois. Concernant Dassault, on attend aussi le changement d'autorité, dévolue aux héritiers avant tout manoeuvre qui devrait voir la famille écartée d'un point de vue capitalistique. Ailleurs des petites opérations se feront probablement mais les acteurs sont peu nombreux. l'idée est surtout de viser les groupes étrangers, suédois, autrichiens, italiens, espagnols voire anglais en attendant puis de composer quelques tranferts en fonction de ce qui a été rapporté. Les allemands joueront-ils longtemps l'épreuve de force ? On sait qu'ils sont capables de craquer subitement en abandonnant des pans de secteurs. La France sait pour sa part qu'elle est en position légitime pour devenir le numéro un européen de la défense toutes catégories confondues, le secteur est dans cette stratégie, il attend.
a écrit le 26/05/2012 à 9:25 :
Amusant de constater à quel point l'industrie "militaire" continue d'aiguiser l'appétit des gouvernants, ... les mêmes qui viennent de dire aux français qu' il n'y aura plus de soldats en Afghanistan encouragent l'industrie "des machines à tuer" sans complexe ...je sais très bien que si nos chères, très chères entreprises ne fabriquent plus d'armement sophistiqué, d'autres s'en chargeront et seront trop contents de récupérer des contrats. Mais tout de même il y a une telle hypocrisie dans ce système politico- industriel que ça laisse un goût de fiel et d'amertume ...
a écrit le 25/05/2012 à 20:58 :
On recommence les mêmes erreurs qu'en 81 avec les mêmes dégâts pour l'industrie électronique de l'époque (thomson-csf et alcatel).
Les politiques ne doivent pas s'occuper d'organisation industrielle.
Réponse de le 27/05/2012 à 12:37 :
Le risque est possible. Vu la concurrence mondiale, de graves erreurs peuvent faire très mal.
a écrit le 25/05/2012 à 16:55 :
Dassault Aviation est trop petit et peu influent en Europe, il faut l'adosser à EADS. Il faut partager THALES entre CASSIDIAN et SAFRAN. Toutes les opportunités d'acquisition dans les moteurs doivent être saisies par SAFRAN (AVIO voire MTU). Le missilier MBDA est également un acteur incontournable qu'il faut développer. Les autres acteurs plus petits ne pourront dés lors rester seuls.
Réponse de le 28/05/2012 à 10:15 :
EADS possede deja 46% de Dassault aviation... Par ailleurs avoir un electronicien specialiste fait sens donc au lieu de partager thales, il faudrait plutot regrouper certaines activités de Safran et EADS au sein de Thales

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