Vaste jeu de chaises musicales à la tête de Thales

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Le PDG de Thales, Luc Vigneron, avait promis un tsunami. Il a tenu parole. Le patron du groupe d'électronique a procédé mercredi à un vaste remaniement de son comité exécutif.

Luc Vigneron avait promis un "tsunami" en termes de réorganisation. Le PDG de Thales est bien un homme de parole. Il a annoncé ce mercredi un vaste remaniement de son comité exécutif avec plusieurs départs, comme l'avait révélé latribune.fr (latribune.fr des 5 et 13 juillet). "Dans le cadre du départ en retraite prochain d'Alex Dorrian, EVP Zone A et président de Thales UK, Luc Vigneron, président-directeur général de Thales, a procédé" à toute une série de nominations au sein du comité exécutif du groupe, qui seront effectives au 1er septembre 2012.

Dans ce vaste chamboulement du comité exécutif annoncé en plein c?ur de l'été, il y a deux grands perdants : le Britannique Alex Cresswell, en charge de la division défense terrestre, remplacé par le Français Serge Adrian, PDG de Thales Optronique, et Blaise Jaeger, le grand patron de l'export en charge de la zone B (Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Suisse, l'Europe du sud, Singapour, Inde, Arabie Saoudite, Asie du sud et du sud-est, Moyen-Orient, Amérique latine et Afrique). Les deux disparaissent du comité exécutif. L'éviction de Blaise Jaeger, pourtant un temps pressenti pour prendre la tête de Thales Alenia Space, est une surprise tant il apparaissait comme l'un des protégés de Luc Vigneron, après avoir longtemps été celui de Pascale Sourisse, en charge jusqu'ici de la division Systèmes C4I de défense et sécurité. Mais le deuxième actionnaire de Thales Alenia Space (33 %), Finmeccanica, a semble-t-il fait barrage. Du coup, c'est Jean-Loïc Galle, jusqu'ici en charge de la division Opérations aériennes, qui est promu Senior Vice President, Espace. Lui-même sera remplacé par Guy Delevacque, patron de la zone Asie du groupe d'électronique.

Pascale Sourisse et Reynald Seznec, les vrais-faux gagnants de la réorganisation

Dans ce jeu de chaise musicale, il y a un revenant, Marc Darmon, qui était confiné à l'audit après avoir été pourtant patron des activités navales de Thales. Il est promu Senior Vice President, Systèmes C4I de Défense et Sécurité, en remplacement de Pascale Sourisse, qui prend elle la suite d'Alex Dorrian qui dirigeait la zone A (Australie, Canada, Corée du Sud, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, USA, Europe du Nord et Europe centrale, Asie du Nord et Asie centrale, OTAN et Nations Unies). L'ancien patron de Thales Alenia Space, Reynald Seznec, sera quant à lui en charge de la zone B. Et puis il y a le grand gagnant de cette réorganisation : Patrick Fournié qui devient Senior Vice President, Ressources Humaines et Opérations. Le directeur des ressources humaines et de la communication, Loïc Mahé est quant à lui sur le départ.

Et puis il y a les vrais-faux gagnants de cette réorganisation : Pascale Sourisse et Reynald Seznec, qui ont tous les deux fait du bon boulot. Des nominations qui peuvent se comprendre en tenant compte de la volonté de Luc Vigneron d'éloigner des réseaux français (ministères et clients) les deux derniers hauts dirigeants de Thales un peu trop indépendants à ses yeux. "C'est aussi une façon de les mettre devant un défi quasi impossible pour mieux les écarter ensuite définitivement", suggère-t-on en interne.

Bénéfices stables au premier semestre

Par ailleurs, Thales a confirmé mercredi ses objectifs de croissance pour 2012, après un bénéfice net quasiment stable au premier semestre mais un bond de 16 % des prises de commandes. De janvier à juin, Thales a dégagé un bénéfice net de 175 millions d'euros, contre 173 millions, et a enregistré un chiffre d'affaires en hausse de 7 %, à 6,4 milliards d'euros, a-t-il annoncé dans un communiqué. Sur le semestre, les nouvelles commandes ont atteint 6,1 milliards d'euros. Et au 30 juin, le carnet de commandes consolidé atteint près de 30,7 milliards, équivalent à plus de deux ans de revenus. "Cette progression des prises de commandes sur le semestre se retrouve tant dans le secteur défense et sécurité, malgré un environnement budgétaire toujours contraint en Europe et en Amérique du Nord, que dans le secteur aérospatial et transport, avec la conclusion de plusieurs contrats de signalisation ferroviaire et un niveau de commandes toujours soutenu en aéronautique civile", a expliqué Thales .
 

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Commentaires
a écrit le 04/09/2012 à 8:39 :
Rentrée à haut risque : Vigneron met le social au placard et Thales à genoux
http://www.cfdt-thales.com/actualites/le-social-au-placard.html
a écrit le 26/07/2012 à 15:21 :
Comment un groupe qui se veut international peut il avoir une équipe dirigeante composée uniquement de français? Je pense qu'il y a surement ddes personnes de qualité au Royaume uni, en Australie, aux Etats Unis etc...
Il faut s'attendre en interne à une réaction très ferme des personnels anglais de Thales.
a écrit le 26/07/2012 à 10:36 :
La direction du Groupe redevient franco-française. Il fut un temps où Thales cherchait à se rapprocher de clients internationaux étatiques et paraétatiques en démontrant qu'ils traitaient avec une organisation internationale, qui se comportait comme Australien en Australie, Britannique en Grande-Bretagne, etc. Les salariés, quelles que soient leurs nationalités, estimaient que leurs carrières ne dépendaient que de leur compétence. Maintenant, clients et salariés découvrent une direction incapable d'être autre qu'uniculturelle. Les clients des marchés évolués en tiendront compte en plaçant leurs gros contrats ; les concurrents ne se feront pas prier pour le leur faire savoir. Pour leur part, les salariés comprendront en voyant la composition du nouveau Comex que la nationalité détermine la promotion. Ils se voient déjà encadrés par des expatriés français ; ils doivent accueillir et former les jeunes issus quasiment que des grandes écoles françaises. C'était l'adhésion des salariés étrangers à une vision internationale du Groupe qui permit l'acquisition de beaux contrats, qui ont fait tourner de multiples équipes d'ingénieurs en France tout autant qu'ailleurs. Il est temps que le Groupe se renomme : Dassault-CSF.
Réponse de le 26/07/2012 à 15:47 :
Est ce parce que Vigneron roule pour Dassault qu'il a des projets aussi peu pertinents que vouloir démanteler la filiale Thales MIS (imagerie médicale) leader mondial, extrèmement rentable, exportatrice ... Vigneron est pourtant supposé représenter les intérêts de l'état français, premier actionnaire de Thalès, au sein de son CA .
a écrit le 26/07/2012 à 7:43 :
Reynald Seznec ou Pascale Sourisse feraient dix foix mieux que Vigneron à la tête de THALES. Je vous fiche mon billet qu'à la prochaine réorganisation les Vigneron et Fournier laisseront leurs places sur injonction de la tutelle étatique à des dirigeants issus de l'entreprise et compétents.
Réponse de le 26/07/2012 à 18:07 :
Hors de question que R Seznec soit a la tete de thales, c'est peut etre la seule bonne nouvelle de la reorg qu'il soit éjecté de TAS... Personne ne l'apprecie et je sais de quoi je parle, il n'a pas fait du bon boulot au sein du groupe.
Réponse de le 26/07/2012 à 20:21 :
Qu'appelez-vous bon boulot ? Seznec n'a-t-il pas répondu aux attentes de vigneron et de ses actionnaires en faisant générer par sa société de confortables bénéfices ?
Réponse de le 26/07/2012 à 20:21 :
Qu'appelez-vous bon boulot ? Seznec n'a-t-il pas répondu aux attentes de Vigneron et de ses actionnaires en faisant générer par sa société de confortables bénéfices ?
Réponse de le 27/07/2012 à 7:53 :
Je n'entrerai pas dans les détails sur une plate-forme public, mais je travaille chez TAS et je vois bien comment ses choix ont fait du tort a la société. C'est bien de rapporter du chiffre mais il a mené une politique a court terme en coupant les vivres a l'innovation (pour satisfaire les actionnaires, car la R&D coûte chère), et ce n'est pas comme cela qu'on deviendra compétitif à l'avenir.
Réponse de le 27/07/2012 à 10:01 :
Pourrait-on savoir de combien le budget R&D a-t-il ete reduit chez TAS? Parce que votre commentaire sent a plein nez les tracts CGT-CFDT-FO et autres qu'on voit fleurir tout a coup...
Réponse de le 27/07/2012 à 23:52 :
C'est un secret de polichinelle que plusieurs appels d'offres de satellites de télécommunication ont été perdus par la société du fait que sa plate-forme satellite n'est plus assez compétitive techniquement vis à vis de la concurrence. La cause principale de cette faiblesse (et ce n'est pas la seule malheureusement) est que la rupture technologique qui arrive à maturité dans le monde des satellites et que constitue la propulsion électrique, a été sévèrement négligée par THALES. Dans ce marché où traditionellemnt les clients sont très conservateurs et veulent en général des technologies éprouvées, THALES aura réussi le tour de force d'apparaitre ringard à leurs yeux.
Pour un PDG qui se vantait bien imprudemment d'éduquer ses clients, le réveil ne peut qu'être amer à recevoir ainsi la leçon tant de ceux-ci que de ses concurrents.

La situation n'est pas désespérée et la société est en train de réagir. C'est là sans doute un chantier que le nouveau PDG aura à surveiller de très très près.
Réponse de le 28/07/2012 à 11:52 :
La propulsion electrique, Boeing est le seul a l'avoir vendu pour des applications civiles... Et le technologie a ete developee et testee grace a des commandes militaires... Enfin moi je dis ca je dis rien! Et en Europe, il ne me semble pas qu'Astrium ait sorti une telle technologie.
Réponse de le 28/07/2012 à 20:07 :
Je suis très surprise par votre dernière phrase mon cher Tonton. Ainsi donc vous ignorez qu'Astrium en est à son 7 ieme satellite en orbite utilsant la propulsion plasmisque (autre nom de la propulsion électrique). Les noms de ces satellites ? les voici : Intelsat 10-02, Inmarsat-4 F1, F2 and F3, KaSat , Yahsat-1A et Yahsat-1B avec une expérience en vol cumulée de plus de 500000 heures (et ce genre de chiffre, les clients adorent). .

Non, le retard de THALES est patent, évident, scandaleux, impardonnable, et votre écran de fumée ressemble au discours lénifiant tenu par la direction sortante de THALES. On rendra service à cette société en disant la vérité qui seule est révolutionnaire.
Réponse de le 28/07/2012 à 21:14 :
In LORAL we have operated Plasmic Propulsion on commercial satellite at least since 2004 (MBSAT). This discussion is very interesting because I remenber AEROSPATIALE SATELLITE (now THALES) pioneering the accomodation of this new propulsion concept onboard its satellites (ASTRA 1K, STENTOR). May be the new management of the company is less interested in technology and in customer satisfaction than the old one. In space industry a management which has a poor technical competence is a disaster. THALES seems willing to gives a demonstration of this rule...

By the way this is also a good new for the competitors to know that THALES will be out of the market for a while. Sorry.
Réponse de le 29/07/2012 à 0:53 :
Astrium a de l'avance sur TAS, mais ils n'en sont pas au même niveau que Boeing. La plateforme 702SP de boeing est "tout electrique" c'est a dire également la mise a poste qui prend 6 mois. Et si je ne me trompe, pour le moment la propulsion fourni par snecma avec les PPS 1350 sert pour le maintient a poste et les manoeuvres.
Réponse de le 29/07/2012 à 7:40 :
Allô Tonton, pourquoi tu tousses ?
a écrit le 26/07/2012 à 3:44 :
Faut éviter que ca soit toujours les memes au sommet.
a écrit le 25/07/2012 à 22:42 :
Ce vaste jeu de chaises musicales devrait être aussi l'occasion pour Thales ( l'article omet de le signaler) de mettre en oeuvre la décision du nouveau gouvernement Français de limiter les salaires de ses dirigeants au fameux rapport maximal (salaire max/salaire min) de 20.
Réponse de le 28/07/2012 à 0:12 :
L'Etat étant d'une part actionnaire de Thales et d'autre part un des principaux clients de son autre actionnaire Dassault, il peut et il doit imposer la politique salariale voulue par le nouveau Président de la République.
Réponse de le 28/07/2012 à 11:54 :
Non il ne peut pas car contrairement a ce que dit hollande mais comme le disait Jospin (sans approuver la politique ni de l'un ni de l'autre) l'Etat ne peut pas tout. Et en l'occurence il ne peut imposer une politique salariale dans une entreprise dans laquelle il ne possede pas 50% du capital. S'il convainct le reste du CA pas de probleme. Mais dans ce cas, l'Etat est un actionnaire comme un autre!
Réponse de le 28/07/2012 à 19:39 :
Non l'Etat n'est pas un actionnaire comme un autre car il est aussi le principal CLIENT ! Tonton il faut pas exagérer dans la fausse naiveté.
a écrit le 25/07/2012 à 22:14 :
Fin de partie, espérons provisoire, pour le talentueux et diplomate Blaise Jaeger. Le retour en grace inespérée de Marc Darmon est là pour lui rappeler, si son moral venait à flancher, que rien n'est définitivement perdu dans le monde de l'entreprise. A moins que, suivant une rumeur insistante, Blaise Jaeger ne se décide à quitter la société pour rejoindre la SNCF au poste de second de son PDG Guillaume Peppy.

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