Thales : le calendrier de la succession de Luc Vigneron s'accélère

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Le PDG de Thales, Luc Vigneron, sur le départ Copyright Reuters
Les ministères de l'Économie et de la Défense ont planché ce week-end sur la succession de Luc Vigneron à la tête de Thales pour établir une liste commune qui comporterait notamment Jean-Bernard Lévy, l'ancien patron de Vivendi. Ils doivent la transmettre en début de semaine prochaine à l'Élysée.

Le calendrier pour le remplacement du PDG de Thales, Luc Vigneron, s'accélère... En tout cas, le gouvernement a décidé de se lancer sur la piste d'un successeur au patron du groupe d'électronique de défense, sur la sellette depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir. Les deux ministères de tutelle de Thales, Bercy et la Défense, auraient planché entre vendredi et lundi sur une liste commune de candidats, selon nos informations. Un rendez-vous aurait été également fixé début novembre entre le ministère de la Défense et Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation, dont le groupe détient 25,96 % du capital de Thales (l'Etat a 27,08 %), pour évoquer la succession de Luc Vigneron. Enfin, Bercy et l'Hôtel de Brienne doivent faire remonter au début de la semaine prochaine une liste de noms à l'Elysée.

Voilà pour le calendrier... Mais qui pour le poste ? Quatre noms sont évoqués pour succéder à Luc Vigneron : l'ex-patron de Vivendi, Jean-Bernard Lévy ; le PDG de MBDA (la filiale missilière d'EADS, de BAE Systems et de Finmeccanica), Antoine Bouvier ; le président et directeur général de CS Systèmes d'Information, Laurent Giovachini ; et, enfin, en interne, Pascale Sourisse, qui est en charge d'une partie du commerce international. En revanche, l'ancienne patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, un temps pressentie pour prendre la tête de la direction générale de la nouvelle Banque publique d'investissement (BPI), a refusé alors que le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, lui avait proposé le poste. Par ailleurs, le patron des systèmes de missions de défense chez Thales, Pierre-Eric Pommelet, semblerait hors course et le PDG de CGG Veritas, Jean-Georges Malcor, ne semble pas pour sa part intéressé.

Aucun des candidats ne feraient l'unanimité

Jean-Bernard Lévy, également candidat à la succession du PDG d'EDF, Henri Proglio, - "Il prendra le premier poste qui se présente", explique-t-on à "latribune.fr -, a le costume de favori. Mais, il a plusieurs handicaps. Cet ancien directeur de cabinet de Gérard Longuet, qui a redressé Vivendi, a la réputation d'être intransigeant... D'où son départ de Vivendi. Ce qui n'est pas un véritable atout quand on a deux actionnaires de référence aussi intrusifs que l'Etat et Dassault Aviation. En outre, il est parti avec une grosse valise de stock options de chez Vivendi. Il a ainsi perçu plus de 2 millions de stock options depuis 2005 et il détient encore beaucoup d'actions. Selon le rapport annuel du groupe, il détenait à la fin décembre 2011 326.329 actions, valorisées au minimum 5,2 millions d'euros au cours actuel. S'il n'y a rien d'anormal ni d'illégal, il n'est pourtant pas à l'abri d'une polémique quand il exercera les stock options et vendra ses actions... surtout si les temps sont durs pour les Français. Le gouvernement souhaiterait s'épargner un nouveau couac.

S'agissant de Pascale Sourisse, qui a toutes les qualités pour succéder à Luc Vigneron, Charles Edelstenne n'en voudrait pas. Trop indépendante à son goût. "Il ne veut pas d'une Anne Lauvergeon dans la défense", précise-t-on à 'latribune.fr". Quant à Antoine Bouvier, qui s'est souvent chamaillé avec Thales dans le domaine des missiles, notamment à l'export, et Laurent Giovachini, les détracteurs feront le même reproche qu'ils ont fait à l'arrivée de Luc Vigneron : le gap en termes de chiffre d'affaires et de complexité entre leur entreprise et Thales. Bref, ce n'est pas gagné pour les quatre. Ce qui laisse la voie à un candidat secret ou surprise.

Le calendrier peut déraper

Tout d'abord, le salaire du prochain PDG peut poser des problèmes pour trouver le PDG idéal pour Thales, qui a besoin d'être relancé. Le gouvernement veut un grand industriel... mais ne lui offre qu'un salaire de 450.000 euros par an environ. A titre d'exemple, Jean-Bernard Lévy a touché près de 3 millions d'euros par an en 2011. Pas facile à ce tarif de trouver une pointure industrielle. En outre, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, considère qu'il a son mot à dire pour la succession du PDG de Thales, très demandeur de l'aide du Quai d'Orsay sur ses dossiers internationaux.

Surtout, que veut et va faire Charles Edelstenne ? Il peut peser de tout son poids dans les discussions grâce aux négociations en cours du contrat des 126 Rafale en Inde, évalué à 15 milliards d'euros, dont cinq milliards pour Thales. C'est le "deal du siècle". Le ministère de la Défense est contraint de composer avec le PDG de Dassault Aviation, qui pourrait faire endosser un éventuel échec des négociations au gouvernement en raison d'une déstabilisation de Thales. "L'hôtel de Brienne est terrorisé par ce chantage et n'ose plus passer en force", explique-t-on à "latribune.fr". Le PDG de Dassault Aviation, qui a tout son temps, arrivera-t-il à imposer son choix ? La discussion s'annonce très serrée début novembre entre l'intéressé et le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian.

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a écrit le 09/11/2012 à 7:38 :
Arrêtons de parachuter dans nos entreprises des personnes qui ne connaissent pas le métier, une entreprise n'est pas qu'un compte de résultat, mais une histoire, une culture, une politique produit vers les clients. Il y a de bons candidat internes ils feront les évolutions nécessaires sans révolution déstabilisatrice. Tata en à cité plusieurs qui ont la carrure PS, PF en particulier, et BJ qui est une vrai commerçant dont Thales à besoin.
a écrit le 08/11/2012 à 7:35 :
Selon les dernières informations, la solution au remplacement du PDG actuel de THALES passerait par l' appel à une personne du sérail de l'entreprise et l'homme en pointe dans ce cas serait Raynald Seznec qui en plus de sa parfaite connaissance de l'entreprise (il était un proche de l'ancien Pdg Ranque), ne suscite l'opposition d'aucun des plus gros actionnaires de l'entreprise, c'est-à-dire l'État et Dassault. Homme à poigne et de communication maitrisée dans la conduite des affaires, Seznec a toujours su gagner la confiance de ses actionnaires dans les filiales du groupe qu'il a eu à diriger. Ce sont des points qui pourraient amener le consensus sur son nom.
a écrit le 29/10/2012 à 10:45 :
La première question à résoudre avant de choisir un successeur, c'est celle de la vocation de Thales. S'il s'agit de redécouvrir sa mission d'antan d'être un grand groupe international puisant ses forces de plusieurs secteurs industriels, le profil du PDG doit inclure une vraie expérience internationale et multidisciplinaire. Dans ce contexte, nombreux seront ceux attristés par le commentaire dans ce reportage, par ailleurs bigrement bien informé, que Jean-Georges Malcor ne soit pas disponible. Mais voilà un modèle sur lequel calquer le CV des candidats.
S'il ne s'agit que de gérer une filiale de plus en plus aux ordres de Dassault, n'importe quel porteur de hache ensanglantée fera l'affaire.
Réponse de le 02/11/2012 à 15:17 :
C'est vrai que le profil du PDG doit inclure une vraie expérience internationale et multidisciplinaire, pourquoi ne considère que les candidats français?
Réponse de le 02/11/2012 à 18:52 :
Vous avez raison. Mais peut-on vraiment espérer que l'État plus Dassault aient l'ouverture d'esprit nécessaire pour prendre une initiative tellement « out of the box » ? Néanmoins il existe de bons candidats hexagonaux qui ont acquis ces qualités. Des personnes qui comprennent que c'est ridicule pour un tel Groupe d'avoir un ComEx 100% franco-français.
a écrit le 29/10/2012 à 9:07 :
L'heureux élu sera celle ou celui qui est proche du président de la république !!!!
a écrit le 29/10/2012 à 7:35 :
Et moi? "Il fallait un financier; ce fut un baladin qui l'obtint"

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