Rafale : Dassault prêt à installer une chaîne d'assemblage en Malaisie

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Le Rafale pourrait être assemblé en Malaisie s'il emportait la compétition pour équiper l'armée de l'air malaisienne, a annoncé ce mardi le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier.

Le Rafale pourrait être assemblé en Malaisie s'il emportait la compétition pour équiper l'armée de l'air malaisienne, a annoncé ce mardi à l'AFP le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, depuis Langkawi, île du nord de la Malaisie où se tient tous les deux ans un salon aéronautique et de défense. Pour autant, l'appel d'offre (RFP), le programme "MRCA" (Multi-Role Combat Aircraft), n'a pas encore été lancé par Kuala Lumpur même si l'armée de l'air malaisienne procède actuellement à des évaluations techniques des avions de combat. L'appel d'offre devrait être lancé après les élections législatives dans le courant du second semestre 2013. A ce jour, seule une demande d'information (RFI) a été lancée en 2011.

La Malaisie souhaite acquérir 18 avions de combat pour remplacer des Mig-29, qui ont déçu les Malaisiens par le manque de fiabilité de la maintenance. Sur ce marché, évalué à 3 milliards d'euros par les industriels, le Rafale est en compétition contre le Typhoon Eurofighter, construit par le consortium Eurofighter (formé du britannique BAE Systems, du groupe européen EADS et de l'italien Finmeccanica), le Boeing F/A-18E/F "Super Hornet" Block 2, le Saab JAS 39E/F "Gripen NG" du suédois Saab et enfin le Sukhoï Su-30MKM. La Malaisie a déjà reçu 18 Su-30MKM entre le 18 juin 2007 et le 17 août 2009. Le programme MRCA correspond au remplacement éventuel des MiG-29N/NUB de l'armée de l'air malaisienne.

Une chaîne d'assemblage du Rafale en Malaisie

"On envisage une chaîne d'assemblage en Malaisie, c'est une option", a déclaré le PDG Eric Trappier dans un entretien téléphonique avec l'AFP. La Malaisie, qui privilégie les partenariats industriels, attend d'un tel contrat des retombées pour ses plus grandes sociétés, mais veut aussi développer son tissu industriel de sous-traitants et de PME, a-t-il expliqué. "Le gros de notre action depuis une bonne année, c'est de mettre en place ces partenariats" qui entreraient en vigueur si le Rafale était retenu, a précisé le patron de Dassault Aviation. L'avionneur a signé des accords avec CTRM, spécialiste des matériaux composites, la société Zetro Aerospace, et Sapura, partenaire de longue date de l'électronicien de défense Thales, qui équipe le Rafale, a indiqué le PDG. Il a également passé des accords avec des organismes gouvernementaux, notamment celui qui suit les compensations qui font partie intégrante des commandes de matériel militaire étranger.

Kuala Lumpur scrute l'appel d'offre indien (M-MRCA), New Delhi et Dassault Aviation étant en négociations exclusives depuis plus d'un an. L'Inde, qui a sélectionné le Rafale l'année dernière pour une commande de 126 appareils, veut en monter 108 sur place. Seuls les 18 premiers seraient assemblés en France si le contrat est finalement signé cette année comme l'espère Dassault Aviation. C'est la troisième visite d'Eric Trappier en Malaisie depuis décembre 2011 mais ses concurrents ne sont pas en reste. "Ca va bagarrer dur, c'est un marché qui va être disputé", a reconnu le PDG.

Deux Rafale en démonstration à Langkawi

Deux Rafale doivent faire des démonstrations de vols tous les jours du salon de Langkawi, qui se tient de mardi à samedi. La Direction générale de l'armement (DGA), et l'armée de l'air sont représentées par une forte délégation française. La Malaisie a déjà acheté des sous-marins et des corvettes aux chantiers navals français DCNS. "Nous bénéficions d'un soutien politique fort", a souligné Eric Trappier.

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a écrit le 28/03/2013 à 0:06 :
Tous les pays sensés protègent leurs marchés, exigent des partenariats avec des entreprises locales pour s'implanter et pomper les idées.

Bruxelles, elle, ouvre grandes ses frontières.

Nos fonctionnaires Européens, ne sont pourtant pas idiots: alors pourquoi font ils cela ?

=> Sont ils sensibles aux beaux poèmes que leurs récitent les lobbyistes de ces pays ? Ce n'est surement que cela qui les persuade et rien d'autre bien entendu !
Réponse de le 28/03/2013 à 11:10 :
Oui, on peux se demander pourquoi les etats européeens n'exigent pas plus de leurs fournisseurs (américains pour le militaire) en matière d'offsets. cela devrait etre systématique pour les grands contrats industriels. hélas, je crains que le libéralisme béat soit trop ancré dans les mentalités.
a écrit le 27/03/2013 à 15:12 :
je lui conseille de le faire car nous avons un gouvernement d une nullité crasse et qui ne sait pas ou il va alors cela fait des semaines que je prend la plume pour dire aux gens qui le peuvent de mettre les bouts pour ne pas etre obligés de rendre des comptes a l Etat; et je dis AMEN a DASSAULT.
a écrit le 27/03/2013 à 14:13 :
Juste pour rappeler aux personnes inquiètes que l'assemblage consiste à... "assembler" des sous-ensembles fabriqués ailleurs, en France dans ce cas. Les moteurs, le radar, l?électronique, les composants hydrauliques, les ailes, les moreaux de fuselage... ça n'est pas du tout la même chose que "fabriquer" l'avion.

Saviez vous par exemple que les turcs ont une chaine d'assemblage de leurs chasseurs F16 américains ? ça ne leur a jamais permis de développer une industrie aéronautique.

Proposer une chaine d'assemblage se fait couramment pour gagner ce type de contrat : ça rassure le client, c'est prestigieux mais heureusement la techno et la valeur ajoutée reste chez les vrais fabricants et surtout c'est le client qui se paye sa chaine d'assemblage!
a écrit le 27/03/2013 à 11:04 :
Protectionnisme à outrance pour les pays asiatiques et pour l'Union européenne une passoire pour les importations.
Réponse de le 27/03/2013 à 23:56 :
Les bureaucrates sont ils nuls ? En fait non, mais certains états d'Asie par exemple parviennent à leur faire ouvrir ainsi les frontières.... Comment font ils pour être aussi persuasifs envers ces fonctionnaires Européens si incorruptibles ?
a écrit le 27/03/2013 à 11:00 :
Transfert de technologies et la France se retrouvera encore sans chemise et sans pantalon. Certains hauts dirigeants français s'indignent à ce sujet ? en retour la Malaisie fait le transfert de sa pauvreté... E t pas besoin d'investir des sommes faramineuses dans la recherche si c'est pour en faire cadeau par la suite aux pays émergents qui font du chantage pour signer le contrat.... Les entreprises françaises se prostituent pour obtenir les marchés....
Réponse de le 27/03/2013 à 13:05 :
c'est tout à fait cela !!! LAMENTABLE! ! ! + 1000
a écrit le 27/03/2013 à 8:50 :
L'assemblage représente environ 7 pour cent du prix d'un appareil
a écrit le 27/03/2013 à 5:12 :
Du calme les "Frenchies perdant"! Le Rafale n'est pas une TV ou en peu de temps et avec transfert techno on arrive à fabriquer un.
Meme avec le tranfert à 100% techno, secrets, il leur manque ( peu importe clients du Rafale actuels) la compétence et l'expérience en matière.
Savez vous combien de temps la France a mis pour avoir le Rafale que l'Inde va acheter? 30 ans.
Le Rafale n'est pas simplement Dassault, c'est aussi: Thales, Sagem Défense, Snecma et plus de 500 PME etc.
Assembler n'est pas du TOUT Fabriquer, supposant que l'Inde dispose tout les secrets, technos, et compétences requises, il leur faut investir 3x le prix du Rafale pour pouvoir en fabriquer.
Croyez vous que ces Entreprises sont folles pour transferer 100% leur techno? Meme pas en Reve.
L'Inde a beaucoup de mal à mise au point leur propre Avion Tajas National ( equivalent du Mirage F1 au mieux modernisé qui date des années 70).
Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on peut passer de la fabrication d'une Dacia à une Rolce.
Réponse de le 27/03/2013 à 9:14 :
ROLLS !
a écrit le 26/03/2013 à 21:31 :
Déjà, avec l' "expérience" de l'assemblage d'Airbus en Chine, on a bien rigolé. Car même les chinois refusaient de simples pièces issues de chez eux car ils en connaissaient la "fiabilité". Là, ne serait-ce l'assemblage d'un avion de guerre, vaut mieux même plus essayer de guerroyer...
a écrit le 26/03/2013 à 21:28 :
Tant mieux cela évitera de développer l'emploi en France! Et puis les impôts seront payes la bas! Que du benef
Réponse de le 26/03/2013 à 22:12 :
c'est ça ou rien. le contrat se fait sur des compensations industrielles locales, renseignez vous un peu avant de brailler, ne serait ce qu'avec l'exemple de DCNS en Malaisie, il y a un lien sur cette page. Qui plus est ces offsets representent une partie seulement de la valeur du contrat, le reste est en France .
Réponse de le 27/03/2013 à 0:21 :
bonjour,

oui, ce genre de compensations fait parti des deals actuels, mais il ne faut pas perdre de vue que l'assemblage final, ça n'est pas tout. Selon les requêtes malaisiennes de transfert de technologie éventuel et de compensations industrielles, il restera toujours une certaine part du travail pour Dassault et ses sous-traitants.

L'enjeu des exportations pour les industriels français de l'armement, c'est d'amortir le coût de développement des équipements et de fournir du travail en attendant le développement de nouveaux matériels. Comme tout contrat, celui en vaut la chandelle, assemblage local ou pas.
Réponse de le 27/03/2013 à 7:24 :
Il y a eu déjà des précédents avec le Mirage 2000 (assemblés dans un pays client) et dans le civil les A-320 chinois.
a écrit le 26/03/2013 à 19:14 :
"Nous bénéficions d'un soutien politique fort", a souligné Eric Trappier...Ouais enfin pas trop fort hein, on a vu ce que ça a donné au Brésil, au Maroc, à Singapour, au Japon. Chacun son métier...
Réponse de le 26/03/2013 à 22:08 :
Contrairement à vous, je pense que le rafale a un bel avenir à l'exportation. Maintenant que l'avion est au point avec ses pleines capacités opérationnelle, il n'a pas vraiment de concurrent sérieux dans son domaine d'avion multi-role (l'eurofighter est à la traine). Encore faut'il que les armées clientes soient interessées par un veritable chasseur pouvant aller au feu (les suisses en ont'il besoin?). C'est le cas de la Malaisie et de l'Inde qui vont tres certainement l'acheter. Le contrat marocain a été completement foiré par Sarkozy, qui a failli nous brouiller pour de bon avec les emirats et les saoudiens, le Brésil est remis a plus tard. Au japon, le Rafale n'a jamais été un candidat en mesure de gagner, c'est une chasse gardée américaine.
Réponse de le 27/03/2013 à 7:34 :
Juste une précision sur le contrat marocain, le "foirage" est du à Jacques Chirac.
Un mois avant la fin de son mandat, le dossier était bouclé, les marocains, qui avaient donné leur parole à Chirac de l'acheter étaient prêts à le faire. Chirac n'avait plus qu'a donner son accord pour la garantie de la COFACE. Il ne l'a pas fait, préférant laisser cette décision a son successeur.
et Sarkozy a peine élu, les marocains se sont senti délié de leur parole et ont pris prétexte du retard de la nouvelle administration a donner son feu vert de la garantie Coface pour sauter sur une offre opportuniste de F16 d'occasions (beaucoup moins chers) des américains.
Sarkozy n'y est donc pour rien.
C'est suite à cet échec qu'il s'est d'ailleurs beaucoup investi pour la promotion du Rafale a l?étranger. Par le soutien politique qu'il a apporté, on lui doit probablement le contrat Indien.
Réponse de le 27/03/2013 à 7:47 :
Quand Green écrit, tout est dit, AMEN
Réponse de le 27/03/2013 à 8:15 :
Je n'ai jamais écrit que le Rafale n'avait pas un bel avenir à l'exportation. Relisez-moi avant de jouer à faire l'expert, que vous n'êtes certainement pas. C'est vrai que lire les revues d'aviation chez le marchand de journaux suffit largement pour vous permettre de raconter n'importe quoi.
Réponse de le 27/03/2013 à 14:58 :
Au maroc, les américains ont offert un package d'offsets délirant. De plus le F16 est bien moins cher (monomoteur, peu de capacités d'emports...) que le Rafale qui a l'époque venait à peine de rentrer en service dans les forces armées françaises!

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