26 juin 1996 : Airbus A380, la naissance d'un géant en pays cathare

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L'A380 en vol lors du Salon du Bourget 2011 / Reuters
L'A380 en vol lors du Salon du Bourget 2011 / Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2012. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Pour cette série d'été, La Tribune raconte la première journée d'une aventure qui connait encore des rebondissements en 2013. Aujourd'hui, les 26 et 27 juin 1996. Pendant ces deux jours, Airbus réunissait, en secret dans un hôtel près de Carcassonne, les représentants de 13 compagnies aériennes majeures pour leur présenter son projet A3XX et sonder leurs attentes.

Ce sont les 26 et 27 juin 1996, au Domaine d'Auriac, un magnifique hôtel Relais & Châteaux à deux pas de Carcassonne, que le futur A380 a pris forme. Durant ces deux jours, Airbus a réuni en secret des représentants de treize compagnies aériennes majeures, les américaines Delta, Northwest et United, les européennes Air France, British Airways, KLM et Lufthansa et les asiatiques All Nippon Airways, Cathay Pacific, Japan Airlines, Japan Air System, Singapore Airlines et l'australienne Qantas, pour à la fois leur présenter le dossier de l'A3XX, nom de code de ce qui deviendra l'A380, et sonder leur intérêt et leurs desiderata concernant un avion long-courrier de plus de 500 places.

« Cette réunion, puis celles qui ont suivi sont capitales. C'est à ce moment que les gens en interne sont convaincus que le projet deviendra une réalité, explique-t-on chez Airbus. Nous avions la conviction que les clients allaient nous suivre et eux nous ont convaincus d'y aller. »

« Un avant-projet qui a été pris au sérieux »

Présent dans la cité cathare comme une quarantaine de personnes, Pierre Vellay, l'ancien directeur de la flotte d'Air France, se souvient en effet de réunions « très intéressantes avec un avant-projet qui a été pris au sérieux ». Airbus Industries leur dévoile un projet quadriréacteur à deux ponts d'une capacité de 550 places en configuration tri-classe, pouvant effectuer des trajets de près de 15.000 kilomètres.

Une version allongée au rayon d'action plus important est d'ores et déjà évoquée dans un second temps. Point fondamental, sa longueur et son envergure restent, de peu certes, dans les limites d'un carré de 80 mètres de côté, condition sine qua non pour éviter de chambouler les structures aéroportuaires (pistes et aérogares, taxiways, parkings avions), des grandes plates-formes, toutes dimensionnées aux formes du B747-400, le très gros-porteur américain (416 sièges).

Le plus important enfin, l'avionneur promet des baisses de coûts d'exploitation de plus de 15 % par rapport au Jumbo américain. Le tout, pour un lancement industriel en 1999 et des premières livraisons en 2003. « Le projet A3XX que l'on nous a présenté était bien esquissé », reconnaît Pierre Vellay.

En effet, depuis au moins six ans, l'avionneur et ses partenaires, Aerospatiale et Deutsche Airbus, multiplient les études en tout genre sur la faisabilité d'un appareil d'une telle capacité, un concept également étudié outre-Atlantique par Boeing avec son New Large Airplane (NLA) et McDonnell Douglas avec son MD12 (des études conjointes entre les industriels européens et Boeing auront même lieu de 1993 à 1995).

Les motivations européennes sont claires

Fin des années 1980-début des années 1990, dans la foulée de la mise en service du moyen-courrier A320 en 1987 et du lancement des premiers long-courriers A330 et A340, Airbus veut désormais casser le monopole du célèbre B747 dans le haut de gamme. Mis en service en 1970, celui-ci génère de très fortes marges « qui permettent de casser les prix des autres avions », estime-t-on chez Airbus. Surtout, ce dernier est convaincu de la pertinence de ce marché. Appelé à doubler en vingt ans, le trafic va se concentrer sur les grandes mégalopoles, qu'il faudra desservir avec des avions de plus grande capacité en raison, notamment, des risques de saturation aéroportuaire, assure Airbus qui estime le marché des avions de plus de 500 sièges à environ 1.400 appareils sur une période de vingt ans, soit un chiffre d'affaires d'environ 300 milliards de dollars à l'époque.

Une logistique à réinventer

Pour tous les représentants des compagnies présentes à Carcassonne, les grandes questions tournaient non pas sur les défis technologiques qui n'existaient que très peu sur l'A3XX, mais sur les conséquences de la taille de l'avion sur les aéroports et les aspects logistiques de l'exploitation.

Comment charger les « galleys » (coins cuisine) au pont supérieur, embarquer et débarquer les passagers, évacuer des passagers dans les 90 secondes réglementaires, « tous les transporteurs étaient focalisés sur ces points », précise Pierre Vellay. Carcassonne a été le point de départ d'une concertation sans faille entre Airbus et ses clients pour finaliser la définition de l'avion. Tous les six mois, Airbus les réunissait pour des points d'étapes.

Une liberté laissée à chaque compagnie qui coûtera cher

Côté clients, il n'y avait pas trop de divergences dans les groupes de travail mis en place par l'avionneur (cockpit, aménagement de la cabine, vidéo à bord...). Celles-ci sont apparues plus tard quand, en 2000, Singapore Airlines a exigé un appareil compatible avec les normes acoustiques en vigueur à Londres Heathrow et un rayon d'action plus grand. Des modifications qui faisaient augmenter la masse au décollage de l'appareil. Autre point de friction, la « customisation » de l'aménagement de la cabine, à la demande là encore de Singapore Airlines. Une liberté laissée à chaque compagnie qui coûtera cher puisqu'elle constituera l'une des causes majeures des déboires industriels du programme à partir de 2005.

Si en 1996, la direction d'Airbus est convaincue que le projet A3XX se transformera en réalité industrielle, le programme ne pouvait être lancé sans avoir réglé les questions épineuses du financement (11 milliards de dollars), de la répartition des charges de travail entre la France et l'Allemagne et de l'organisation logistique pour acheminer vers la ligne d'assemblage final les différents ensembles de cet avion gigantesque.

Autre obstacle, le lancement du programme ne pouvait pas devancer la création d'EADS en juillet 2000 (résultat de la fusion entre Aerospatiale-Matra, l'allemand Dasa et l'espagnol Casa) actionnaire à 80 % d'Airbus, lequel devra impérativement troquer son statut de GIE pour celui d'une société par actions simplifiée en janvier 2001.

Une ligne d'assemblage "made in France"

Quatre ans et demi après Carcassonne, le 19 décembre 2000 (le jour des trente d'Airbus), le programme A380 est lancé avec un engagement d'achat de 50 commandes et 42 options signé par six compagnies. La ligne d'assemblage final sera en France, à Toulouse qui l'a emporté sur Saint-Nazaire. Ceci grâce à une logistique hors norme d'acheminement des sous-ensembles de l'avion.

Aujourd'hui, après les déboires de son industrialisation, l'A380 est sur les rails. Si les qualités de l'avion sont reconnues par tous les clients, il reste à Airbus à gagner son pari commercial. Onze ans après son lancement, il ne totalise en effet que 262 commandes fermes et 20 intentions de commandes annoncées au Bourget

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>>> GRAPHIQUE Nombre d'Airbus A380 en livraison (vert), nombre total commandé (bleu) et nombre d'options (rose), classées par client
 

>>> VIDEO Le documentaire sur l'histoire de l'Airbus A380 (source Megastucture - Youtube) 

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Le jour où tout a commencé...

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Commentaires
a écrit le 22/09/2017 à 16:33 :
La propagande idéologique chasse la réflexion et l'expérimentation
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Émettre une critique sur un produit français (ici l'A380) est automatiquement reçu par de nombreux commentaires du genre « Fatiguant les commentaires à la "moi je" dénigrant notre industrie », sans que l'on demande à leurs auteurs (le plus souvent irresponsables auto-revendiqués puisque postant sous identité cachée) la moindre justification par des faits ou arguments.
Par contre les tombereaux de dithyrambes sur les mêmes produits français, aussi ridicules et infondés soient-ils, toujours postés par les mêmes irresponsables et avec la même absence totale de faits ou d'arguments, ne reçoivent quasiment jamais de commentaires défavorables.
De nos jours pour vendre des avions ou autre, plus besoin de travail, de technique et d'intelligence, mieux vaut investir à fond dans la "comm" (le mot actuel pour propagande, slogans, lavage de cerveaux, et autres formes de mensonge politique).
Peut-être le présent post, étant peu visible (commentaire sur une page accessoire et vieille de 4 ans), échappera-t-il à cette omerta...
Versailles, Fri 22 Sep 2017 16:33:30 +0200
a écrit le 26/07/2013 à 0:06 :
Effectivement Airbus traîne l'A380 comme un gros boulet.
D'ailleurs l'article montre bien dans quel genre de contexte ont été prise les décisions. Des vieux papys proche de la retraite qui voulaient terminer leur carrière en beauté. Aucune analyse sérieuse de marché, juste un bon repas. Airbus n'a pas fini d'en payer les pots cassés.
Réponse de le 26/07/2013 à 16:54 :
Vous êtes le meilleur, vous êtes le plus intelligent ! Fatiguant les commentaires à la "moi je" dénigrant notre industrie. Le programme 747 dure depuis presque 50 ans avec 1500 commandes, alors avant de juger sur une poignée d'années, renseignez-vous ! Cette avion, Airbus en avait besoin, c'est un petit bijou de notre industrie ( européenne) et des commandes sur plus de 30 ans.
Réponse de le 28/07/2013 à 17:36 :
Extrapolons simplement ...

50 ans 1522 commandes ... 10 ans 256 commandes ce qui nous en donne 1282 sur 50 ans on est encore loins de Boeing. Surtout qu'on n'arrivera pas à ce nombre vu que les compagnies réfléchissent de plus en plus à l'A380 à la vue des problèmes d'embarquement dans les aéroports.
Réponse de le 14/08/2013 à 10:47 :
Vos réponses sont à courte vue et dans le seul but de dénigrer. L'A380 est un très bel avion et une réussite technologique et n'a rien a voir avec le 747 qui ne lui est comparable que par la taille. L'Europe en général et AIRBUS en particulier avaient besoin de ce géant.
a écrit le 25/07/2013 à 15:11 :
Je n'y connais rien en avion commercial, mais j'ai lu à divers endroits que l'A380 ne serait pas la réussite commerciale attendue. Est-ce vrai ou est-ce de l'intox ?
Réponse de le 26/07/2013 à 16:56 :
Juger un programme aérien sur 10 ans n'est pas valable. Laissons parler les pisses vinaigres et revenons sur le sujet dans 20 ans.
Réponse de le 26/07/2013 à 23:06 :
Bof...... 10 ans ça commence à faire quand même.... revenons alors sur le sujet dans 100 ans.
a écrit le 25/07/2013 à 13:25 :
Parfaits ces bonshommes en pays cathare qui se battent contre le monopole de Boeing ! Toulouse , Toulouse but not to loose ! devise des "croisés" de l' Airbus !
a écrit le 25/07/2013 à 11:45 :
Il y a également un autre avantage très important : le A380 a cassé le monopole du 747 qui faisait le principal des marges de Boeing, ce qui a conduit à remonter les prix des monocouloirs

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