Thales Alenia Space : la menace d'un plan de restructuration s'éloigne

La filiale spatiale de Thales et du groupe italien Finmeccanica a engrangé pour environ 1,2 milliard d'euros de commandes cet été. Des succès commerciaux qui renforce le plan de charge du constructeur de satellites et éloigne la menace d'un plan de restructuration.
Michel Cabirol
(Crédits : DR)

Thales Alenia Space (TAS) respire. Le PDG de la filiale de Thales et du groupe Finmeccanica, Jean-Loïc Galle, redoutait fin juin dans une interview accordée aux « Echos » un problème de charge début 2014. Cette menace s'éloigne grâce au très bel été commercial de TAS, qui a engrangé une série de commandes salutaires d'un montant de près de 1,2 milliard d'euros entre juin et début septembre . « Nous n'avons plus de problème de charge », a d'ailleurs confirmé à La Tribune Jean-Loïc Galle lors de l'installation mercredi dernier du nouveau Comité de concertation État-Industrie sur l'espace (Cospace).

Une nouvelle commande dans les télécoms ?

Chez les salariés, l'inquiétude est également retombée. « Les idées noires du printemps se sont envolées, on repart pour de nouvelles aventures », estime-t-on en interne. Avec un petit bémol, Thales Alenia Space aimerait bien engranger une commande supplémentaire d'un satellite de télécoms - une troisième après Arabsat et le Brésil - pour sa plateforme Spacebus afin de sécuriser complètement son plan de charge, notamment pour ses salariés dédiés aux télécoms. « C'est vrai, nous visons une nouvelle commande pour la plateforme Spacebus mais si nous ne l'avons pas, ce ne sera pas dramatique. On transfèrera certains salariés vers d'autres programmes. On sait faire », précise-t-on à La Tribune.

TAS a plusieurs satellites de télécoms dans son viseur. Le constructeur participe à plusieurs compétitions lancées par les opérateurs : Immarsat, SES, Gazprom et Eutelsat. Ils devraient se décider avant la fin de l'année. Chez les syndicats, on parle déjà d'embauches si d'autres commandes venaient à tomber…

Un bel été commercial

Deux contrats export très importants sont venus gonfler le carnet de commandes de la filiale de Thales et Finmeccanica. C'est d'abord les Emirats Arabes Unis (EAU) qui ont signé en juillet un contrat pour l'acquisition de deux satellites d'observation. Ils seront fabriqués par Astrium (groupe EADS) et TAS, qui se partagent à 50-50 ce contrat d'un peu plus de 700 millions d'euros gagné de haute lutte face aux américains. Puis le Brésil a choisi en août TAS pour la fourniture d'un satellite télécoms civil (bande ka) et militaire (bande x) estimé entre 250 et 300 millions d'euros - même si TAS doit encore finaliser le contrat, qui pourrait faire des petits. L'enjeu de ce contrat est "considérable", avait-il confié aux « Echos », car il ouvrira la porte à l'ensemble du programme spatial du Brésil qui prévoit "douze satellites de météorologie et d'observation sur les dix ans à venir, et deux ou trois satellites de télécoms supplémentaires".

TAS a également engrangé des commandes institutionnelles, notamment en remportant le nouveau satellite de cosmologie Euclid confié par l'Agence spatiale européenne (322,5 millions d'euros). En juin au salon du Bourget, le constructeur avait également signé en tant que maître d'œuvre le contrat relatif au développement d'ExoMars (643 millions d'euros). Le contrat signé correspond au versement de 2 tranches additionnelles : l'une, d'un montant de 146 millions, va permettre de compléter la mission de 2016 ; la seconde, d'un montant de 70 millions, couvrira une partie significative de la mission suivante, en 2018. Enfin, la direction générale de l'armement (DGA) a confié à TAS une étude sur les liaisons de données aéroportées à haut débit, sans préciser le montant de la commande.

Des commandes aussi pour Telespazio

Telespazio, l'autre filiale de Finmeccanica et Thales, n'est pas en reste. Elle a remporté en juillet un contrat de 216 millions d'euros auprès de l'opérateur European Satellite Service Provider (ESSP), dans le cadre du programme de navigation par satellites Egnos (European Geostationary Navigation Overlay Service).

La filiale, basée en Italie, a également gagné en juillet un contrat pour la mise en œuvre d'un des plus importants réseaux VSAT - une technique de communication par satellite bidirectionnelle qui utilise des antennes paraboliques dont le diamètre est inférieur à 3 mètres -. d'Europe pour le Groupement des Mousquetaires.

Michel Cabirol

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Commentaire 1
à écrit le 09/09/2013 à 15:07
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Ces succès commerciaux renforcent le plan de charge du constructeur de satellites et éloignent la menace d'un plan de restructuration

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