Thales engrange des contrats de plus de 100 millions comme des petits pains

Sur le plan commercial, le groupe d'électronique s'est remis en ordre de marche. Thales engrange à nouveau des contrats de plus de 100 millions d'euros. Un premier objectif atteint pour le PDG, Jean-Bernard Lévy.
Michel Cabirol

5 mn

Le PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, peut avoir le sourire, son groupe engrange à nouveau des commandes supérieures à 100 millions d'euros
Le PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, peut avoir le sourire, son groupe engrange à nouveau des commandes supérieures à 100 millions d'euros

Ça plane à nouveau pour Thales sur le plan commercial. Depuis le début de l'année, le groupe d'électronique a engrangé de nombreux contrats de plus de 100 millions d'euros. Beaucoup plus qu'en 2012. Si bien évidemment, il faut rester mesuré sur les mérites de la nouvelle direction - ces contrats étant négociés depuis plusieurs mois, voire plusieurs années - il n'en demeure pas moins que la tendance est à nouveau positive.

"Les équipes commerciales font ce qu'elle savent faire de mieux : signer des contrats, explique-t-on en interne. Et si elles le font à nouveau, c'est parce que tout est fait pour les mettre dans les meilleures dispositions pour le faire. Ce qui n'était pas le cas avant où Thales courait avec des boulets".

Neuf grands contrats notifiés depuis le début de l'année

Neuf grandes commandes d'un montant supérieur à 100 millions d'euros, dont cinq dans les pays émergents, ont été notifiées au 30 septembre 2013. En 2012, Thales en avait décroché huit seulement, dont deux dans les fameux pays émergents chers au PDG de Thales Jean-Bernard Lévy. Pour autant, les commandes de montant unitaire inférieur à 10 millions d'euros représentent toujours plus de la moitié des prises de commandes en valeur.

Dans le secteur aérospatial, Thales a remporté deux importants contrats : l'un relatif aux services de simulation et d'entraînement des équipages britanniques de l'A400M et l'autre auprès de l'Agence Spatiale Européenne (ESA) pour la maîtrise d'œuvre des missions 2016 et 2018 du programme scientifique Exomars (210 millions d'euros). Dans les transports, deux commandes significatives de signalisation ferroviaire grandes lignes ont été signées, en Afrique du Sud (136 millions) et en Egypte (109 millions).

Enfin, dans le secteur de la défense et sécurité, le groupe a remporté un contrat de soutien en service des systèmes de capteurs de la marine britannique (600 millions de livres), un contrat pour un réseau de communication militaire en France ainsi que trois contrats en Arabie Saoudite : dans le naval (LEX portant sur la modernisation des frégates et pétroliers ravitailleurs pour moins de 200 millions d'euros), dans la défense aérienne (Oasis 8 pour 130 millions d'euros) et dans la sécurité d'infrastructures critiques.

Vers une véritable razzia

Pour autant, les résultats du troisième trimestre reflète qu'imparfaitement cette razzia. Car plusieurs contrats ont été signés depuis la fin septembre et surtout, certains contrats signés n'ont pas été encore notifiés, notamment les deux obtenus aux Emirats Arabes Unis. Thales a remporté deux commandes portant sur la fourniture de deux satellites d'observation hyper sophistiqués (plus de 700 millions d'euros) avec Astrium (50-50) et de 17 radars Ground Master 200 pour un montant estimé à environ 250 millions.

En outre, Thales a engrangé depuis la fin septembre en France dans le domaine de la défense deux nouveaux contrats significatifs : la modernisation des avions de patrouille maritime Atlantique 2 (130 millions) et surtout la deuxième tranche de Contact (600 millions d'euros). Le groupe a également annoncé en octobre la notification du marché SILOUET 3 attribué par la Structure Intégrée du Maintien en condition opérationnelle des Matériels Aéronautiques du ministère de la Défense (SIMMAD). Dans le cadre de ce marché, d'une durée de cinq ans et d'un montant maximum de 112 millions d'euros, Thales assurera le soutien technique et logistique ainsi que le maintien en condition opérationnelle de ses équipements avioniques à bord de 750 aéronefs, avions et hélicoptères, des forces armées françaises.

Par ailleurs, Thales Alenia Space (TAS) a engrangé un nouveau contrat d'un montant de plus de 120 millions d'euros avec Telespazio, l'autre filiale de Thales dans l'espace. Le contrat global couvre les opérations de maintenance et de support aux services d'EGNOS, le système européen de navigation par satellite qui a pour vocation d'améliorer les messages de positionnement fournis par le système GPS, pour une durée de huit ans. Par ailleurs, TAS a enregistré en juin auprès de l'Agence Spatiale Européenne une commande, qui n'est pas comptabilisée dans les résultats de Thales à fin septembre, pour construire le nouveau satellite de cosmologie EUCLID. La valeur du contrat est de 322,5 millions d'euros.

Des contrats proches de la signature

Enfin, Thales est sur la piste d'autres contrats importants dont certains pourraient être proches d'une signature. C'est le cas au Brésil où la société Visiona a choisi en août TAS pour la fourniture d'un satellite télécoms civil (bande ka) et militaire (bande x) estimé entre 250 et 300 millions d'euros. TAS doit encore finaliser le contrat. Ce qui est imminent bien que cela le soit semaine après semaine.

Enfin, le groupe d'électronique a terminé les négociations avec le ministère de la Défense saoudien (Moda) pour le renouvellement du système de défense aérienne Crotale (Air defence) du royaume. Au total, le contrat s'élèverait à 4 milliards d'euros, dont 2,5 milliards pour la première tranche. La négociation est terminée depuis début septembre entre d'un côté Thales et la société ODAS, qui représente dans le royaume les intérêts des grand industriels de l'armement français, et le Moda, selon des sources concordantes. Le cabinet du roi a également donné son autorisation à la signature de ce contrat, selon nos informations. Fin août, La Tribune révélait que les discussions s'étaient accélérées. Mais il "ne" manque plus que la signature en bas du contrat du ministre de la Défense saoudien, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, qui est également depuis juin 2012, le prince héritier de la dynastie saoudienne.

Michel Cabirol

5 mn

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Commentaires 11
à écrit le 25/10/2013 à 14:46
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Je rappelle à tous: THALES ne prend pas d'accent !! mais seulement des contrats ! Bravo à Thales et à ses salariés ;o))

à écrit le 25/10/2013 à 13:07
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C'est toujours bon à prendre, ces contrats sont mieux chez Thalès en France que chez les concurrents à l'étranger !

à écrit le 25/10/2013 à 12:11
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@pol: Les assureurs crédit, ça vous dit quelque chose ? Cordialement.

à écrit le 25/10/2013 à 10:22
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Tant mieux Thales va pouvoir embaucher dans les mois à venir.

à écrit le 25/10/2013 à 9:24
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Comme le souligne la tribune, la signature de ces gros contrats n'a rien à voir avec la nouvelle direction. Ce n'est pas en quelques mois qu'on a une réelle influence. Il faudra plutôt voir d'ici 2-3 ans!

à écrit le 25/10/2013 à 9:08
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"Pays émergents" comment sont financés ces contrats ?

le 25/10/2013 à 9:25
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??? commentaire incompréhensible. Ce n'est pas parce qu'ils sont émergents qu'ils ne peuvent pas passer de gros contrats!

le 25/10/2013 à 10:29
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La difficulté à l'export est d'avoir des clients sovables et il ne me parait idiot de demander comment seront financés ces contrats à l'exemples des 30 vedettes vendues au Mozambique l'un des pays les plus pauvre du monde . Il faut savoir que nous av...

le 25/10/2013 à 15:06
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Ah bon ? Justement il ya quelques jours, Airbus a signé qq chose comme un précontrat de 9 mds de dollars avec transporteur low cost Vietnamien dont je doute fort de la solvabilité. Pouvez vous développer plus s'il vous plait Pol.

le 25/10/2013 à 15:06
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Votre réflexion est légitime Pol . Néanmoins pas d'inquiétude pour DCN ou AIRBUS, ils ont été payé ca c'est sur car les avionneurs ne font JAMAIS crédit ! Alors il se pourrait que ce soit l'organisme qui a accordé le crédit qui ait été lésé et après ...

à écrit le 25/10/2013 à 7:45
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C'est normal. Thales est une très bonne entreprise.

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