A400M : Airbus a fait un "bide" auprès des pays clients

Les sept pays européens clients de l'A400M ont décidé de maintenir les pénalités infligées à Airbus pour ses retards de production. Airbus demandait pourtant de l'aide auprès de ses clients.

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Avec les dernières provisions annoncées en février par Airbus, le montant total du programme dépasse 30 milliards d'euros, contre un peu plus de 20 prévus a l'origine.
Avec les dernières provisions annoncées en février par Airbus, le montant total du programme dépasse 30 milliards d'euros, contre un peu plus de 20 prévus a l'origine. (Crédits : © Fabrizio Bensch / Reuters)

C'est "nein" pour Airbus. Pas question pour les pays européens clients de l'A400M, l'avion de transport militaire d'Airbus, d'aider le constructeur européen. Ils ont décidé de maintenir les pénalités infligées à Airbus pour ses retards de production, a déclaré jeudi une source au fait du dossier à Reuters. Les ministères de la Défense pourraient toutefois accorder à Airbus de la souplesse sur les sanctions les plus urgentes, a-t-elle précisé. Airbus s'est refusé à tout commentaire. La prochaine réunion entre les pays clients et Airbus est prévue en juin à la base britannique de Brize Norton.

Les pays concernés "sont près de signer un accord intérimaire faisant preuve de compréhension pour les problèmes que traverse Airbus", a-t-on expliqué à Reuters. "Cela pourrait conduire à une petite dose de souplesse dans les sanctions, sans toutefois les remettre en cause".

Airbus a donc fait un joli "bide". La rencontre s'est tenue au niveau des secrétaires d'Etat, la France étant représentée par le délégué général pour l'armement Laurent Collet-Billon. Le PDG de la branche militaire de l'industriel, Airbus Defence and Space, Dirk Hoke, défendait l'avionneur. Son président Tom Enders avait demandé en février la tenue de discussions avec les gouvernements européens pour limiter les "lourdes pénalités" qu'il encourt en raison des déboires de l'A400M. Airbus a dû provisionner en 2016 une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros dans ses comptes du quatrième trimestre. Les coûts du programme n'ont cessé de grimper en raison de problèmes de moteur, obligeant Airbus à avertir sur de nouveaux risques.

Un programme dont le coût s'élève à 30 milliards

Dans un communiqué commun publié par le ministère espagnol de la Défense, les sept gouvernements disent avoir eu des "discussions constructives" avec l'avionneur. "Chacun a exprimé sa totale confiance dans l'avion A400M (...). Nous nous sommes accordés sur une ligne d'action commune afin d'avancer d'une manière qui respecte les intérêts du programme, des forces armées et des contribuables", déclarent-ils.

L'A400M, le plus important programme en cours dans le domaine de la défense en Europe, a été commandé en 2003 par sept Etats membres de l'Otan - l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France, le Luxembourg, le Royaume-Uni et la Turquie - afin de doter le continent d'une capacité indépendante de transport militaire. Le premier A400M a été livré en 2013, quatre ans après la date prévue. Et avec les dernières provisions annoncées en février par le groupe aéronautique, le montant total du programme dépasse 30 milliards d'euros, contre un peu plus de 20 prévus a l'origine.

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Commentaires 12
à écrit le 08/04/2017 à 10:34
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on aurait du refaire une nouvelle série ce C160 Transall, rustique mais costaud, on les a sur utilisé bien au-delà de leur durée de vie, avec une modernisation, on l'a fait déjà deux fois, et en plus ils nous manque cette catégorie, on est maintenant...

à écrit le 31/03/2017 à 15:47
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Les russes font d'excellents avions de ce genre.....d'ailleurs l'armée française y a recours actuellement en Syrie...mais bon....

le 31/03/2017 à 18:35
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Justement la France essaye de trouver des solutions pour ne plus dépendre des transporteurs russe pour le transport militaire, à juste titre à mon avis.

le 02/04/2017 à 10:03
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L'armée francais a un besoin depuis 20 ans de gros porteur, mais elle n'a pas les moyen de les fabriquer, donc elle a recours à des moyen de locations depuis près de 10 ans, maintenant Je ne suis pas sûr que cela soit judicieux en terme de coups de ...

le 01/12/2017 à 20:11
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Antonov c´est l ´Ukraine, pas la Russie......

à écrit le 31/03/2017 à 10:26
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Annoncé hier: l'Indonésie envisage l'achat d'un nombre indéterminé d'appareils. Tout ne va pas aussi mal pour Airbus et l'A400M... mais les états clients ont bien fait de ne rien lâcher.

à écrit le 31/03/2017 à 9:26
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"Airbus a dû provisionné" ....

à écrit le 31/03/2017 à 8:47
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Les déboires de ce programme sont de la fautes de Airbus, de la négligence dans la conduites , et un certain amateurisme sur le devellopement de la motorisation.... Bien , maintenant le nouvelle direction dois imperativement prendre des mesures corre...

le 31/03/2017 à 22:34
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Très fine analyse Roger, tout le monde vous attend pour expliquer à Airbus comment faire, dépêchez vous il ne manque que vous....

le 02/04/2017 à 9:52
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Vous voulez écrire quoi, que l'ex PDG et le chef du programme, et les responsable devellopement motorisation été nulle, des incompétents , est qu'ils n'y avez pas si longtemps ons les auraient envoyer dans un camps de travail réfléchir a l'utilisatio...

à écrit le 31/03/2017 à 1:30
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Il faut sans doute féliciter les représentants des états pour cette contribution à l'affaiblissement de l'industrie européenne.

à écrit le 30/03/2017 à 23:12
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Même le lambda n'y connaissant RIEN en armement se rendrait compte que ce transporteur est une usine à gaz. A vouloir être trop polyvalent, l'on est bon en ... rien. Deux modèles distincts auraient été plus judicieux et, surtout, moins CHERS !

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