Airbus et Safran lancent enfin Airbus Safran Launchers

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L'objectif avec Ariane 6 est de réduire les coûts de 40% à 50% par rapport à Ariane 5, selon le président d'Airbus Safran launchers, Alain Charmeau
L'objectif avec Ariane 6 est de réduire les coûts "de 40% à 50%" par rapport à Ariane 5, selon le président d'Airbus Safran launchers, Alain Charmeau (Crédits : ESA)
Airbus Group et Safran ont signé un accord sur la seconde et dernière phase de constitution de leur société commune à 50/50, Airbus Safran Launchers (ASL).

Avec plusieurs mois de retard, Airbus Group et Safran ont enfin signé un accord sur la seconde et dernière phase de constitution de leur société commune à 50/50, Airbus Safran Launchers (ASL), selon un communiqué commun des deux groupes. Les deux entreprises apporteront leurs activités dans le domaine des lanceurs spatiaux civils, dont Ariane 6 le futur lanceur européen, et militaires (dissuasion nucléaire française). La finalisation de l'accord (closing) est prévue au deuxième trimestre 2016, à l'issue des formalités administratives et réglementaires.

"Les détails financiers de la transaction seront communiqués à ce moment-là", ont précisé les deux groupes. Pour autant, le montant de la soulte que devra verser Safran à Airbus Group pour compenser la valeur de leurs actifs dans leur coentreprise spatiale à parité Airbus Safran Launchers reste de l'ordre de 800 millions d'euros. En outre, "un accord a été trouvé entre Airbus Group et Safran sur les modalités fiscales de l'opération, dans le respect de la législation française". Airbus Group craignait que la facture fiscale de l'opération soit disproportionnée et un mécanisme a été trouvé pour débloquer la situation, a-t-on précisé.

ASL créée pour piloter Ariane 6

Au cours de la première phase de la société, Airbus Group et Safran ont créé en janvier 2015 une entité conjointe pour piloter le projet Ariane 6. Elle regroupait leurs contrats respectifs de programmes civils et principales participations de leurs activités lanceurs civils avec un effectif initial de 450 personnes. Dans cette seconde et dernière phase, les actifs industriels et les lanceurs militaires seront intégrés dans la joint-venture. Airbus Safran Launchers deviendra ainsi une société intégrée pleinement opérationnelle.

L'objectif avec Ariane 6 est de réduire les coûts "de 40% à 50%" par rapport à Ariane 5, selon le président d'ASL, Alain Charmeau,  . Arianespace souhaite commercialiser dès la fin de cette année les services de la future fusée Ariane 6, dont le premier tir est attendu en 2020.

Airbus Safran Launchers a signé en août dernier le contrat de développement d'Ariane 6 pour un montant de 2,4 milliards d'euros pour le compte de l'Agence spatiale européenne (ESA). Ce contrat, qui couvre l'industrialisation des deux versions d'Ariane 6, Ariane 6.2 et 6.4, court jusqu'à sa phase de pleine capacité opérationnelle en 2023.

Arianespace dans l'orbite d'ASL

Avec l'accord de l'État français, ASL, déjà détenteur de 39% d'Arianespace, doit également racheter la participation de 34,68% du CNES qu'il détient dans la société de lancement des lanceurs européens. Mais la commission européenne a lancé en février une enquête approfondie. Bruxelles, qui veut regarder l'impact de cette opération sur le marché des satellites, doit rendre sa décision d'ici à la mi-juillet. L'exécutif européen "craint que l'opération envisagée n'entraîne un recul de l'innovation et une hausse des prix sur les marchés des satellites et des services de lancement", est-il indiqué dans un communiqué.

Airbus Safran Launchers qui emploiera environ 8 000 personnes, "offrira des solutions
compétitives basées sur une famille de lanceurs polyvalents, ultra performants et économiques, en parfaite adéquation avec les besoins des clients à la fois institutionnels et commerciaux". Cet accord garantira ainsi "le succès de la filière européenne des lanceurs spatiaux face à une concurrence internationale en croissance".

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a écrit le 04/05/2016 à 13:09 :
Petites touches d'une grande manoeuvre générale. Airbus qui est essentiellement franco-allemand se sépare doucement de son activité lanceurs et spatial qui ne manqueront pas d'êtres reprises en totalité à moyen terme par les intérêts français. Safran place ainsi dans une entité ad hoc des actifs qui permettront de recevoir un financement indépendant tandis qu'il se prépare comme déjà indiqué aux opérations de reprise probable des parts de l'américain GE dans leur JV. Pour sa part Airbus se prépare à une fusion prochaine avec l'anglais BAE qui désormais ne peut prospérer seul et s'est préparé pour l'opération. Une partie de son périmètre sera certainement reprise ailleurs. Assurément cet ensemble de simplifications du paysage européen pour le secteur sera favorable à plus de compétitivité internationale.
a écrit le 03/05/2016 à 22:01 :
Avant de vous insurger, lisez correctement l'article:
"Avec l'accord de l'État français, ASL, déjà détenteur de 39% d'Arianespace, doit également racheter la participation de 34,68% du CNES qu'il détient dans la société de lancement des lanceurs européens. "
ASL ne bénéficie pas d'un don. Par ailleurs n'oubliez pas que le CNES est financé avec les impôts du contribuable dont ASL et ses employés font partie.
Par ailleurs, pour ce qui est des lanceurs militaires, en fait le M51, il fait l'objet d'un accord spécifique.
Enfin, merci de préciser en quoi cela crée une concurrence déloyale? Qui est le concurrent d'ASL en Europe de l'ouest? Il n'y a guère que Véga côté italien et ce lanceur ne joue pas dans la même cour que la future A6.
a écrit le 03/05/2016 à 21:04 :
Il me parait totalement anormal que la participation du CNES passe entre les mains d'ASL.
Comment peut-on accepter que des actifs publics financés avec l'argent du contribuable et ayant généré autant de succès puissent passer sans contrepartie dans les mains d'une multinationale.
Quid du CNES une fois que cela sera fait ? Quid de la concurrence déloyale que cela va générer sur le marché européen ?
Si Airbus ou Safran passaient un jour sous pavillon étranger qu'est ce qui garantirait la pérennité des lanceurs civils et surtout militaires français et européens ?
Tout cela me parait très hasardeux.
a écrit le 02/05/2016 à 19:54 :
bien mais étrange que Thales ne fasse pas parti de l'accord ?
Réponse de le 03/05/2016 à 0:26 :
Thales (Alenia Space) est justement un concurrent d'Airbus DS. C'est bien pour cela que la Commission enquête sur la prise de contrôle d'Arianespace par ces derniers.
Réponse de le 01/12/2016 à 7:46 :
Thales Alenia Space ne construit pas de lanceurs. Ilnn'a donc rien à voir avec ASL.
Il construit des Satellites tout comme Airbus DS Sat, qui n'est pas non plus dans ASL

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