Aux États-Unis, les fabricants d'armes profitent des fusillades

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Fort de ce succès commercial, le cours de l'action Smiths & Wesson a grimpé de 25,5% depuis le début de l'année.
Fort de ce succès commercial, le cours de l'action Smiths & Wesson a grimpé de 25,5% depuis le début de l'année. (Crédits : REUTERS/Regis Duvignau.)
L'américain Smith & Wesson a plus que doublé son profit net lors du dernier trimestre, tandis que les récentes fusillades ont fait grimper le cours de l'action des fabricants d'armes.

Face aux tueries et attaques, nombre d'Américains choisissent de s'offrir une arme à feu afin d'assurer leur propre protection. Un comportement qui s'est révélé particulièrement lucratif pour les fabricants d'armes à feu et de munitions aux États-Unis. Smith & Wesson, le deuxième fabricants d'armes du pays, a ainsi enregistré lors du premier trimestre de son exercice décalé 2017 (mai-juillet) un bond de 226% de son profit net, à 32,6 millions de dollars contre 14,4 millions de dollars un an auparavant. Son chiffre d'affaires s'est quant à lui inscrit en hausse de 40,1%, à 207 millions de dollars.

Fort de ce succès commercial, le cours de l'action Smiths & Wesson a grimpé de 25,5% depuis le début de l'année. Par rapport à début 2015, la hausse est même de 179%, et les différentes fusillades n'ont aucunement ralenti cette croissance. Un graphique publié par le Guardian montre ainsi que le cours de l'action s'est inscrit en hausse après les récentes fusillades de San Bernadino (2 décembre 2015), Orlando (12 juin 2016) et Dallas (7 juillet). SW ne fait pas figure d'exception : les actions des autres fabricants d'armes, comme Sturm, Ruger & Company, Vista Outdoor ou encore TASER International, ont fait de même.

     | Lire Armes à feu : pourquoi la fusillade d'Orlando ne va rien changer

De son côté, Glock -leader mondial des pistolets mais non coté en Bourse- a vu en 2015 son chiffre d'affaires grimper de 55% en 2015, à 501 millions d'euros. Connaissant du succès avec le lancement de deux nouveaux modèles de petite taille aux États-Unis, son premier marché, le fabricant d'armes a enregistré quelque 96,7 millions de dollars de bénéfice net, (+208%) selon le registre des sociétés consulté début août par le quotidien économique allemand Wirtschaftsblatt.

De plus en plus d'armes à feu aux États-Unis

Depuis janvier, le nombre de tués par arme à feu aux États-Unis se rapproche rapidement des 10.000 personnes (9.632 au moment de l'écriture de cet article, selon le site Gun Violence Archive) et 2016 compte pour l'heure plus de fusillades de masse (258) que de jours dans l'année.

Face à ces cas de violence, le nombre de personnes possédant une arme à feu a quasiment doublé sur les huit dernières années, soulignait en janvier CNBC. Pour la seule année 2015, 23,1 millions de personnes (7,2% de la population totale) ont demandé une vérification des antécédents, nécessaire pour acheter une arme à feu Entre 1986 et 2013, le nombre d'armes à feu fabriquées aux États-Unis est passé de 3,04 millions à 10,84 millions, selon les dernières données du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF), rattaché au ministère de la Justice. Largement adopté par les Américains pour leur protection personnelle, les pistolets fabriqués sont quant à eux passés de 662.000 en 1986 à 4,44 millions en 2013, soit plus de 600% d'augmentation.

Selon le rapport annuel 2015 de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), les dépenses militaires en Amérique du Nord ont représenté en 2014 35,5% des dépenses totales mondiales dans le monde, à 627 milliards de dollars. Et cela ne semble pas prêt de changer.

>> Lire aussi La bataille pour réduire l'usage des armes à feu aux Etats-Unis est perdue d'avance

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Commentaires
a écrit le 15/02/2018 à 11:13 :
Vive la vente libre d'armes à feu automatique, et vive la liberté de s'en servir où on veut et quand on veut, notamment dans les écoles durant les jours ouvrables. Non aux socialo-communistes gauchistes qui veulent nous en empêcher !
a écrit le 04/09/2016 à 18:40 :
En France aussi les "fusillades" profiteraient aux fabricants d'armes si on avait le droit d'en acheter... Mais aujourd'hui, cela ne profite qu'aux trafics de Kalachnikov dans les Cités, pas aux commerces légaux et payant leurs impôts. C'est aussi l'un des prix de ce fameux "vivre ensemble" que la classe dirigeante veut à tout prix nous imposer sans s'y soumettre elle-même.
Réponse de le 04/09/2016 à 19:39 :
@Britannicus: 1. Merci de ne pas plaindre inutilement. En France vous avez droit d'acheter les armes à feu à condition d'avoir une licence de club de tir (cela ne pose aucun problème) ou un permis de chasse. Certes, pour les armes de poing et la plupart des carabines semi-automatiques il faut obtenir aussi une autorisation de préfecture, mais le reste est soumis seulement à une déclaration/enregistrement. Les armes historiques et les repliques à poudre noire sont en vente libre, même la licence n'est pas nécessaire.
2. Le nombre des licenciés de la Fédération Française de Tir continue son hausse, ce qui est bien et logique. Si vous voulez une arme, rejoignez-les.
3. J'ignore où est le rapport avec un "vivre-ensemble" dans vos paroles.
a écrit le 03/09/2016 à 11:49 :
Effectivement pour les ventes d'armes aux USA, celà doit allee très bien, car les Americains de façon constitutionnel (deuxième amende de la Constitution des USA en 1776) ont le droit de possèder des armes à feu chez eux pour se defendre face à un agresseur armé ou non, c'est un vrai lobby industriel très puissant et c'est entré dans les moeurs américains. Face aux menaces extérieures et aux hommes armés, les Américains participent à des foires nombreuses dans différents états pour acheter des armes de poing, des armes de guerre (M-16, AK-47 ?) pour se defendre. Oui ce lobby est tellement puissant aux USA qu'il peut largement influer sur les politiques et les programmes futurs des politiques (surtout les Républicains comme Donald Trump !). Alors que Smiths et Wesson face des gains et des marges importantes sur les vente d'armes n'est pas du tout négligeable. L'Amerique et ses lubies : une socièté ultra-capitaliste qui est armé partout;, alors attention aux mercenaires, aux contractors !
a écrit le 03/09/2016 à 0:19 :
1. Au même temps le taux d'homicide ne cesse de baisser aux Etats-Unis. Donc, plus d'armes = moins d'homicides ? :)
2. Obama et les démocrates avec leur rhétorique permanente anti-armes ont fait beaucoup pour augmenter les ventes d'armes (les gens ont peur d'une nouvelle loi imbécile comme Assault Weapons Ban de 1994)
3. La statistique de Gun Violence (et d'autres organisations du même profile) est partisane. Il suffit de dire que la plupart des tués et des tueries viennent en réalité des conflits entre les bandes dans les mauvais quartiers. Donc, le problème n'a rien à voir avec la vente légale des armes à feu.
4. L'article est intéressant dans certains aspects, mais je me demande pourquoi je n'ai jamais lu en France (et pas uniquement) un article concernant les armes à feu qui parle de la baisse du taux d'homicide aux E.-U., de forte hausse du nombre d'Etats avec un permis de porte d'arme assez libérale, de la baisse de criminalité dans certains endroits liée à la libéralisation de porte-d'arme (exemple récent - Detroit).
Réponse de le 03/09/2016 à 16:13 :
Le taux d'homicide est en baisse aux Etats-Unis comme dans pratiquement tous les pays développés, y compris chez nous. Donc les armes en libre circulation ne sont pas la cause de cette heureuse évolution.

En revanche, le taux d'homicide par balle aux États-Unis est bien supérieur à ce qu'on peut trouver par exemple en Europe. La libre circulation des armes en est probablement la cause.

Globalement, il n'est pas difficile à comprendre que les armes sont dangereuses et que leur diffusion dans un large public augmente la mortalité (que ce soit via les accidents de manipulation ou via les homicides qu'elles facilitent).

Un particulier n'aura jamais l'entraînement et l'expérience d'un policier pour manier une arme sciemment dans un contexte stressant. Croire qu'un individu alcoolisé lambda pourrait empêcher un attentat dans une boîte ou une salle de concert sombre et surpeuplée si on lui donne un pistolet relève du délire le plus complet. Il ne ferait qu'envenimer la situation, blesserait probablement encore plus d'innocents et rendrait encore plus difficile le travail des forces de l'ordre.

Je suis d'ailleurs persuadé qu'une partie de la violence partout raciste qu'on constate chez les forces de l'ordre aux Etats-Unis tient au sentiment de vulnérabilité qu'ont les policiers américains au sein d'une population aussi bien armée qu'eux, et dans laquelle la menace peut venir de partout.
Réponse de le 03/09/2016 à 17:52 :
@Tom: 1. Oui, certainement le taux d’homicide baisse également dans d’autres pays. Je veux juste souligner une absence totale de la corrélation entre le nombre d’armes et l’évolution du taux d’homicide.
2. Oui, certainement le taux d’homicide aux Etats –Unis est plus élevé, mais l’écart diminue malgré une hausse du nombre des armes et une libéralisation de la législation là-bas.
3. Pas tout à fait vrai. Les armes à feu sont dangereuses (comme les voitures, les couteaux etc.), c’est vrai, mais si on regarde, par exemple, la Suisse, où il y a plein d’armes, personne ne puisse dire que la mortalité et la situation criminelle sont mauvaises que dans les pays avec une législation stricte. Les accidents sont généralement le problème des propriétaires et son entourage. La facilitation des homicides n’est pas prouvée, car la statistique dit l’inverse.
4. Pas tout à fait vrai. Un moyen licencié de FFT avec une licence arme de poing tire beaucoup plus qu’un moyen policier (regarder les normes de tir dans la police et la gendarmerie). Une situation stressante ? Certes, les policiers doivent être mieux préparés, mais il y a des tireurs civiles qui sont bien préparés (anciens d’armée, des forces d’ordre, ceux qui pratiquent l’entrainement tactique etc.). Mais pourquoi voulez-vous insulter un éventuel porteur d’arme légale en disant qu’il soit alcoolisé ?
5. Si vous parlez du Bataclan, je serais plutôt d’accord, ce n’était pas un endroit propice pour y aller avec une arme. Mais je vous rappelle que l’intensité du massacre a été considérablement diminuée par une seule personne armée, à propos, non seulement un policier, mais aussi un tireur sportif. Egalement pour parler dans ce cas des blessés innocents additionnels, vu le nombre des victimes tuées, grièvement blessées et aussi torturées et tuées par armes blanches (et oui, on en parle pas beaucoup. A voir le rapport de la commission parlementaire), il faut avoir un mauvais esprit. Même s’il y avait quelques porteurs d’armes complètement ivres, cela n’aurait fait que baisser le nombre des victimes. Egalement je vous conseille de voir le timing des évènements, y compris l’intervention de la police. Non, les éventuels porteurs d’armes n’auraient pas pu empêcher la police.
6. Par contre dans le cas des massacres sur les terrasses la présence des tireurs armés auraient pu limiter le nombre des victimes.
7. Une devinette : trois personnes civiles ont essayés de stopper le camion à Nice. Ils n’ont pas réussi, mais étaient pas loin de le faire. La question : combien aurait roulé ce camion, si une entre eux avait un pistolet ?
8. Il y a quelques années j’ai vu une statistique américaine (mais j’ignore sa fiabilité et ne souviens que les chiffres approximatives) : dans les tueries stoppées par des civiles armés le nombre moyens des tués était 2, dans celles stoppées par la police – une dizaine.
9. Concernant la police américaine et ses bavures : A. Ce n’est pas vraiment une question de racisme, comme on nous fait croire les média, c’est à 90% le problème des bavures. Il y a plusieurs cas des blancs/latinos innocents tués par les policiers blancs, des blancs/latinos tués par des policiers noirs. Pourquoi est-ce on médiatise uniquement les cas des bavures contre les noirs ? J’ignore. B. Le vrai problème est un changement de la mentalité d’une part des policiers et de la police, l’absence de la responsabilité pour les bavures et une puissance énorme des syndicats policiers, le principe de la priorité de la sécurité pour les policiers etc. C’est une question assez complexe. La dangerosité du métier ? Oui, en certaine partie, mais avant c’était plus dangereux, mais les bavures-meurtres étaient plus rares.
a écrit le 02/09/2016 à 23:26 :
Une étude montrait qu'il y avait 300 millions d'armes en circulation USA, soit presque autant en habitant.
Quand l'armée US devra débarquer dans les quartiers, un jour, pour rétablir l'ordre, elle sera accueillie pour une population armée jusqu'au dent (fusils d'assaut en masse, etc).
Ce business très lucratif pourrait être la cause d'une guerre civile sans précédant, dont Washington, tant détestée, pourrait perdre tout contrôle.
a écrit le 02/09/2016 à 21:30 :
J'ai fait un rêve...mais ce n'était qu'un rêve...

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