Boeing 777 : tous les avions motorisés avec le Pratt & Whitney 4000-112 cloués au sol

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Photo prise samedi 20 février du réacteur droit en feu du Boeing 777 qui devait assurer le vol 328 de United Airlines de Denver à Honolulu. L'appareil a dû faire demi-tour, des débris -certains très importants- sont tombés sur une zone résidentielle. Mais personne n'a été blessé au sol, et tous les passagers et l'équipage ont atterri sains et saufs.
Photo prise samedi 20 février du réacteur droit en feu du Boeing 777 qui devait assurer le vol 328 de United Airlines de Denver à Honolulu. L'appareil a dû faire demi-tour, des débris -certains très importants- sont tombés sur une zone résidentielle. Mais personne n'a été blessé au sol, et tous les passagers et l'équipage ont atterri sains et saufs. (Crédits : Reuters)
L'incident est survenu samedi sur le vol 328 de United Airlines au départ de Denver (Colorado), sur un Boeing 777 dont le moteur droit a pris feu. Après la crise du 737 MAX, c'est un nouveau coup dur pour Boeing. Personne ne sait encore ce qu'il a pu arriver au 4000-112 de Pratt &Whitney en cause: "Problème métallurgique, de maintenance, de fabrication ou opérationnel, [trouver l'origine du problème] va prendre quelque temps."

Tous les Boeing 777 équipés du modèle de moteur mis en cause dans le spectaculaire incendie de réacteur d'un avion survenu dimanche au-dessus du Colorado à l'ouest des Etats-Unis, soit 128 au total, ont été cloués au sol dans le monde.

Le constructeur aéronautique américain avait "recommandé" dimanche soir la suspension des vols pour ce type d'appareils et une porte-parole a confirmé lundi à l'AFP qu'ils étaient immobilisés.

JAL, ANA et Asiana immobilisent leurs 777 équipés du moteur incriminé

La compagnie américaine United Airlines, victime de l'incident, les deux grandes compagnies japonaises, JAL et ANA, ainsi que le transporteur aérien sud-coréen Asiana Airlines ont aussi annoncé, dimanche et lundi, l'arrêt des vols de leurs appareils.

L'autorité fédérale américaine de régulation de l'aviation (FAA) a ordonné des inspections supplémentaires sur certains Boeing 777.

L'Office national des transports et de la sécurité des États-Unis enquête aussi sur l'incident, au cours duquel personne n'a été blessé.

Le Royaume-Uni interdit son espace aérien aux 777 visés

Le Royaume-Uni a de son côté décidé lundi d'interdire son espace aérien aux Boeing 777 équipés des moteurs mis en cause.

"Pendant que l'enquête est en cours, nous avons recommandé de suspendre les opérations des 69 avions 777 en service et des 59 avions en stock équipés de moteurs Pratt & Whitney 4000-112", avait déclaré Boeing dimanche dans un communiqué.

Problème métallurgique, de maintenance, de fabrication... ?

"Il faut passer au crible les moteurs qui sont en service pour voir s'il n'y a pas des fissures, et comprendre ce qui s'est passé", a expliqué Michel Merluzeau, expert du cabinet AIR.

"Il faut déterminer si c'est un problème métallurgique, de maintenance, de fabrication ou opérationnel, cela va prendre quelque temps", a-t-il ajouté.

Moteur droit en feu sur le 777 du vol UA328, l'incident de samedi

Pour mémoire, un Boeing 777-220 de la compagnie United Airlines, qui venait de décoller samedi 20 février 2021 de Denver (Colorado) pour Honolulu (Hawaï) avec 231 passagers et 10 membres de l'équipage (vol UA 328), a dû faire demi-tour en urgence après l'incendie de son réacteur droit.

L'appareil a pu se poser sans encombre à l'aéroport de Denver et aucun de ses occupants n'a été blessé.

Pluie de débris dont certains énormes sur une zone résidentielle

Pendant que le Boeing regagnait l'aéroport, une pluie de débris, certains de grande taille, sont tombés sur une zone résidentielle de Broomfield, une banlieue de Denver. Personne n'a été blessé au sol, selon les autorités locales.

United a déclaré dimanche avoir volontairement retiré 24 Boeing 777 du service et s'attendait à ce que "seul un petit nombre de clients soit incommodé".

Japan Airlines (JAL) et All Nippon Airways (ANA) ont aussi immobilisé au sol respectivement 13 et 19 avions équipés de moteurs PW4000, tout en évitant des annulations de vol grâce à l'utilisation d'autres appareils.

Le ministère japonais des Transports a déclaré qu'il avait ordonné des inspections plus strictes du moteur après qu'un avion JAL 777 volant de l'aéroport de Tokyo Haneda à Naha, sur l'île d'Okinawa, ait eu des problèmes avec "un moteur de la même famille" en décembre.

Le ministère sud-coréen des Transports a indiqué lundi qu'il n'avait pour l'instant pas l'intention d'immobiliser des avions, mais qu'il surveillait la situation.

Coup dur pour Boeing

Mais Asiana Airlines, seconde compagnie sud-coréenne, a déjà pris la décision de ne pas utiliser les 7 Boeing 777 dont elle dispose.

Quant à Korean Air, premier transporteur du pays, qui avait dans un premier temps déclaré à l'AFP avoir immobilisé ses six 777 équipés de moteurs PW4000, elle a affirmé attendre les directives officielles des régulateurs sud-coréens.

Dans un communiqué publié sur Twitter, le responsable de l'autorité fédérale américaine de régulation de l'aviation (FAA), Steve Dickson, avait indiqué avoir demandé à son équipe d'experts en sécurité aérienne de publier une consigne de navigabilité d'urgence qui exigerait des inspections immédiates ou approfondies des avions Boeing 777 équipés de certains moteurs Pratt & Whitney PW4000".

Cet incident est un coup dur pour Boeing, qui se remet encore de la crise du 737 MAX, avion phare de l'avionneur qui avait été cloué au sol en mai 2019 après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

Après plus de 20 mois d'interdiction, une modification du logiciel de commandes de vols et la mise en place de nouveaux protocoles de formation des pilotes, le 737 MAX a été de nouveau autorisé à voler récemment.

Boeing est également, comme son rival Airbus, affecté par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences catastrophiques sur le transport aérien international. Cette crise sanitaire a entraîné l'annulation de commandes portant sur des centaines d'appareils.

Si le 777, en service depuis plus de 25 ans, "a une réputation très solide", "cet incident nous rappelle que ce sont des flottes vieillissantes", conclut Michel Merluzeau.

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Commentaires
a écrit le 23/02/2021 à 19:46 :
Les médias américains avancent la théorie douteuse de la fatigue du métal d'un moteur datant de 1995 dont des pales auraient rompu sous contrainte, néanmoins on peut se douter également qu'un défaut électrique en présence de caburant causant un incendie confiné est tout aussi capable de fragiliser le métal dont la certification de qualité aurait pu être falsifiée (cf. affaire Kobe Steel et l'alliance Renault-Nissan) sans être décelable à court terme.
a écrit le 23/02/2021 à 18:09 :
Meme un motoriste repute comme Pratt and Whitney n'est pas a l'abri d'une defaillance dans certaines de ses fabrications, tout comme son grand concurrent General Electric...
Les pieces en rotation s'usent plus vite que les autres, et la maintenance est toujours une obligation couteuse pour les compagnies comme pour les fabricants... Mais la securite n'a pas de prix, car le client est en droit de l'exiger, elle est incluse dans le prix de son billet...!
a écrit le 23/02/2021 à 8:42 :
Belle publicité .......pour Airbus !
Réponse de le 23/02/2021 à 12:26 :
Dans le milieu Aeronautique et Spatial, la règle tacite est qu' on ne réjouit jamais des problèmes de fonctionnement en opérationnel d'un concurrent. (on peut le faire pendant la phase d essais et de tests, mais pas officiellement). On connait trop les difficultés du métier et les risques sont souvent partagés (moteur, électronique, ..)
a écrit le 22/02/2021 à 20:31 :
Au passage, même si ça consomme davantage, 4 moteurs au lieu de 2 c'est autrement plus sûr... Même si l'avion peut ne voler que sur un seul moteur, du moment qu'il fonctionne. Question de probabilités...
a écrit le 22/02/2021 à 20:07 :
Ca tombe au bon moment vu le nombre d'avions au sol... Juste dommage pour les passagers que le seul avion a pouvoir décoller a un tel problème. Et dommage pour les habitants en dessous qui ont frôlé la mort...
a écrit le 22/02/2021 à 19:44 :
Ca c'est une raison pourquoi l'autorisation de seulement deux moteurs pour les gros porteurs n'est pas une bonne idee.
Réponse de le 22/02/2021 à 20:23 :
Au contraire , lamponéon :
un bimoteur est conçu et certifié pour poursuivre son vol en sécurité AVEC UN SEUL MOTEUR , ce qui fut démontré dans cet incident .
a écrit le 22/02/2021 à 17:11 :
Coup dur mais quand même bien amorti avec cette avalanche de précautions qui sont prises, malgré pourtant ce que l'on pourrait qualifier être un simple incident. Visiblement ils retiennent la leçon ne pouvant plus se permettre un scandale comme avec le b737 max.
Réponse de le 23/02/2021 à 13:04 :
Incident? Un moteur qui crache des piéces sur un quartier résidentiel?
Ca fait quand même peur. Imaginez qu'il y ait eu un gamin lá dessous.

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