Comment Thales surfe sur une belle croissance

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Pour le nouveau PDG de Thales Patrice Caine, tous les clignotants du groupe sont au vert
Pour le nouveau PDG de Thales Patrice Caine, tous les clignotants du groupe sont au vert (Crédits : Reuters)
Après plus de six ans de stagnation, Thales retrouve enfin une belle croissance. Tous les indicateurs économiques et financiers du groupe sont en hausse.

Thales est enfin sur le chemin de la croissance... Une croissance théorisée lors de l'arrivée il y a un peu plus de trois ans de Jean-Bernard Lévy et Patrice Caine à la tête de Thales. Tous les clignotants sont au vert dans les comptes du premier semestre 2015. Un vert très flashy : 11% de croissance du chiffre d'affaires (6,2 milliards d'euros, contre 5,6 milliards au premier semestre 2014), 18% pour le résultat opérationnel EBIT (473 millions, contre 402 millions), 29% pour le résultat net ajusté (313 millions, contre 243 millions) et, enfin, 19% pour les prises de commandes (6,2 milliards, contre 5,2 milliards. Et cerise sur le gâteau, DCNS contribue même de 10 millions d'euros à l'EBIT de Thales. Une très bonne surprise...

Le nouveau PDG du groupe Patrice Caine peut être un patron heureux. Il peut l'être d'autant plus que le Rafale, à l'exception des commandes, n'y est pour rien à ce jour dans la croissance du groupe d'électronique. Le succès à l'export de l'avion de combat de Dassault Aviation ne masque pas non plus une stagnation des commandes de Thales. Hors Rafale Égypte (environ 700 millions d'euros), seul contrat à être entré en vigueur, elles ont également cru lors du premier semestre 2015. Le groupe a donc signé cinq contrats d'un montant supérieur à 100 millions d'euros : équipements pour les 24 Rafale Égypte, métro de Doha et de Hong Kong, programme Scout SV au Royaume-Uni, système satellitaire de renseignement militaire (programme Ceres) en France.

Thales sur une belle dynamique

"Nous avons globalement de super résultats", a d'ailleurs indiqué à La Tribune Patrice Caine. Et de souligner que "la croissance du chiffre d'affaires est enfin là après six, sept ans de stagnation". Cette bonne dynamique du groupe valide aujourd'hui la stratégie du groupe lancée par Jean-Bernard Lévy et poursuivie par Patrice Caine. "Cela nous donne énormément de sérénité pour la suite", assure-t-il.

Seule petite déception qui devrait être très certainement passagère, le book-to-bill (ratio commandes sur chiffre d'affaire) est inférieur à 1. Mais Thales devrait bénéficier, outre la mise en vigueur du contrat Rafale au Qatar, de nouvelles et très belles commandes lors du second semestre. Ce qui pourrait être au final une année historique pour Thales et les équipes commerciales. A suivre... Au 30 juin 2015, le carnet de commandes consolidé s'élève à 27, 6 milliards d'euros (contre 27,2 milliards fin 2014). Soit plus de deux années de chiffre d'affaires.

Le transport, une épine dans le pied soignée

Ce n'est pas une surprise, l'activité transport souffre avec un EBIT négatif (39 millions d'euros). Le mal a été identifié à l'occasion de de revues de programmes, dont certains ont connu des problèmes d'exécution, et une nouvelle équipe de direction avec une feuille de route est arrivée pour remettre tout au carré. "Nous sommes à un point bas en 2015, a reconnu Patrice Caine. Mais l'activité Transport sera break-even (à l'équilibre, ndlr) en 2016. La pente se redresse progressivement le temps d'écouler le chiffre d'affaires généré par les contrats en difficulté. Nos efforts de redressement se verront dans les comptes dans trois, quatre ans".

En revanche, le groupe, qui était plutôt dans une position défensive ces derniers mois dans le domaine de la défense, bénéficie finalement d'une très bonne dynamique, notamment au Moyen-Orient et en Asie. "La défense reste attractive", a assuré Patrice Caine. Par ailleurs, il compte également capitaliser sur le redressement de DCNS. "Ils ont beaucoup de travail encore, ils ont une feuille de route sur trois ans, qui va leur permettre de revenir à leur niveau d'avant", estime le PDG de Thales. Il rappelle qu'il est sur le même bateau que DCNS sur certaines campagnes commerciales à l'export, notamment en Australie (12 sous-marins).

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