Décision surprenante de Boeing d’augmenter la production du B787

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Pour certains experts, l'augmentation de cadences du B787 répond plus à une logique financière qu'à une logique de marché.
Pour certains experts, l'augmentation de cadences du B787 répond plus à une logique financière qu'à une logique de marché. (Crédits : Reuters)
Boeing a décidé de passer d'une production de 12 à 14 B787 par mois à partir de 2019. Et ce alors que le marché des gros porteurs est atone depuis de longs mois.

Décision surprenante chez Boeing. Alors que le marché des gros porteurs est atone depuis de nombreux mois et qu'aucun signe n'est apparu pour inverser la tendance, Boeing a annoncé ce mercredi qu'il allait augmenter les cadences de production du B787. A partir de 2019, elles passeront de 12 à 14 unités par mois.

Dans la mesure où l'avionneur avait jusqu'ici dit examiner les besoins des compagnies aériennes pour les avions long-courriers avant de se déterminer sur une hausse ou pas de ses capacités de production, cette décision suggère que la demande pour cet appareil est suffisamment importante.

Logique financière ?

Néanmoins, l'argument peine à convaincre. Car à l'exception d'une commande de 8 B787 passée récemment par Malaysia Airlines, les compagnies ne se bousculent pas au portillon pour passer commande de gros-porteurs. Depuis le début de l'année, seuls 82 B787 ont commandés.

Aussi, pour certains experts, l'augmentation de cadences du B787 répond plus à une logique financière qu'à une logique de marché.

« Cette hausse de cadence pourra générer du cash et compenser le manque à gagner liée à la baisse de production annoncée du B777 pendant la transition entre la production du B777 et de son successeur, le B777X, prévu en 2020 », fait valoir Yan Derocles, analyste financier chez Oddo Securities.

Depuis le mois d'août dernier, la cadence de production du B777 est tombée à 5 par mois, en baisse de 40% par rapport à l'an dernier.

Marché atone

Les raisons de l'atonie du marché des long-courriers sont multiples. D'une part, les compagnies aériennes ont commandé massivement des gros-porteurs entre 2005 et 2015 et les besoins sont peut-être moins importants aujourd'hui. Par ailleurs, la situation surcapacitaire sur le long-courrier ne les pousse pas à acheter des avions pour croître, tandis que la faiblesse du prix du baril ne les incite pas non plus à passer des commandes de renouvellement de leur flotte. Avec un prix du baril avoisinant les 50 dollars, les avions anciens, déjà amortis, restent rentables malgré des performances énergétiques moindres que celles des avions neufs. A cela s'ajoute aussi l'attractivité du marché de l'occasion, avec les premiers retours de lease (quand les compagnies rendent les avions une fois le contrat de location terminé) d'une grande partie des avions commandés en masse par les compagnies à partir de 2005 commencent à arriver sur le marché.

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Commentaires
a écrit le 18/09/2017 à 0:56 :
je tené quand meme a précisé que je ne sert a rien!
a écrit le 15/09/2017 à 16:29 :
Pendant ce temps Singapore Airline a retourné le premier A380 après 10 ans à la société de Leasing qui va utiliser l'avion pour vendre des pièces détachés.
Boeing a vu juste avec le B-787...
a écrit le 15/09/2017 à 13:49 :
Merci pour cet article.

On est en effet totalement dans l'esprit peu éclairé financier du néolibéralisme à savoir ne favoriser que l'offre sans avoir à se soucier de la demande et pourquoi ? Parce que c'est une politique qui génère de grosses subventions étatiques aux multinationales et à leurs milliardaires.

Alors que si on plébiscite la demande on impose une énorme concurrence aux oligopoles réduisant drastiquement les marges bénéficiaires de leurs actionnaires. Et la diversité, la pluralité, la richesse culturelle ils n'aiment pas ça les riches c'est un enemi de leur dogme.

Les riches ne veulent plus que l'on s'occupe des pauvres non pas parce qu'ils n'aiment pas les pauvres mais parce qu'ils veulent que l'état ne s'occupe que d'eux et leur donne tout son pognon.
Réponse de le 15/09/2017 à 18:59 :
Boeing n'est pas Airbus ...
L'américain n'est pas l'européen ...
L'entreprise doit rapporter , pas montrer l'excellence que personne ne veut ..,

Boeing ne fait jamais dans la dentelle , si ils ont décidé d'augmenter les cadences c'est que certains de leurs services ont vu un certains rendements a le faire !
La ou Airbus dirige leur entreprise dans des choix " hypothétiques " , Boeing fait des choix business !
Boeing ne fait pas des avions exceptionnels qui ne se vendent pas , il fait des avions qui rapportent ..,
La est la différence entre l'européen qui fait mieux que tout le monde mais qui n'intéresse personne et l'américain qui fait des marges ...

Néolibéral ou pas , certains préfèrent les bénéfices en marges hautes et d'autres la gloriole sans marges spectaculaires !!!
L'Europe reste les vassaux de devinez qui ?
Réponse de le 17/09/2017 à 17:19 :
"L'avionneurs"

Je ne réponds qu'à votre message étant donné que les autres commentaires ne sont que trollages puérils du prêtre néolibéral maison.

Gagner toujours plus d'argent d'une part il faudrait que quelqu'un arrive enfin à nous expliquer en quoi cela pourrait apporter un quelconque épanouissement réel, si les multimilliardaires étaient heureux ils ne chercheraient à s'approprier le monde afin de le contrôler.

C'est hélas un dysfonctionnement grégaire dont nous parle Nietzsche dans son analyse de la volonté de la puissance "acquérir de la puissance cela se paie cher la puissance abêtit." "Plus on possède et plus on est possédé".

Ensuite ce qui est critiquable c'est que la financiarisation de notre économie, le néolibéralisme donc, est en train de paupériser la planète dans son ensemble puisque les possédants s'empressant d'aller planquer l'argent qu'ils ont escroqué aux peuples du monde dans des paradis fiscaux qui du coup ne profitent jamais à l'économie réelle.

"David Graeber : « Le néolibéralisme nous a fait entrer dans l’ère de la bureaucratie totale »" https://www.bastamag.net/Le-neoliberalisme-nous-a-fait-entrer-dans-l-ere-de-la-bureaucratie-totale

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