Douze nouveaux Rafale à l'Egypte : Bercy ne bloque plus les négociations

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Douze Rafale supplémentaires bientôt dans le ciel égyptien ?
Douze Rafale supplémentaires bientôt dans le ciel égyptien ? (Crédits : Pascal Rossignol)
Selon nos informations, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est allé porter la nouvelle proposition française au président égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

Selon des sources concordantes, Bercy ne bloque plus la poursuite des négociations portant sur un nouveau contrat de douze Rafale à l'Égypte. Le Caire demandait à Paris des facilités de paiement à l'image des précédents contrats signés entre Le Caire et les industriels de l'armement français. "Il n'était pas imaginable pour l'Égypte que la France change les conditions de paiement", explique-t-on à la Tribune.

Lors de la visite du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de trois jours à Paris en octobre, Emmanuel Macron a expliqué à son hôte qu'il tenait à poursuivre la relation de confiance entre l'Égypte et la France inscrit notamment dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux pays relancé en 2015. C'est ce qu'était d'ailleurs venu chercher le président égyptien à Paris. Depuis deux ans, l'Égypte a lancé la modernisation de ses forces armées avec le soutien de la France. Paris s'est engagé à fournir de nouveaux équipements, en particulier à la force aérienne (24 Rafale, un satellite de télécoms militaire) et à la marine (quatre corvettes Gowind, une FREMM, deux BPC). Ce qui a représenté près de sept milliards d'euros (6,83 milliards) de contrats pour l'industrie d'armement française entre 2014 et 2016.

Un contrat en bonne voie

Résultat, l'Élysée a demandé à Bercy de ne plus bloquer les négociations portant la vente de l'avion de combat de Dassault Aviation. Selon nos informations, c'est le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui est allé porter la nouvelle proposition française à Sissi à Charm el-Cheikh, où se tenait un forum de la jeunesse. Les deux hommes entretiennent de très bonnes relations empreintes de confiance.

Le déblocage des facilités de paiement par le ministère des Finances n'est pas pour autant synonyme d'un contrat signé demain. Les négociations peuvent donc reprendre dans un climat apaisé. Des sources interrogées par La Tribune estimaient qu'il y avait toutefois de grandes chances de succès pour la signature d'un contrat dans quelques semaines.

L'Égypte producteur de gaz

Le Rafale ne faisait pas figure d'exception. Bercy bloquait tous les contrats sur l'Égypte qu'ils soient militaires ou civils. Pourquoi? C'est un problème d'encours sur ce pays. Avec les contrats importants signés récemment entre les deux pays, l'enveloppe allouée par Bercy à Bpifrance (ex-COFACE) sur ce pays est totalement utilisée, avait-on précisé à La Tribune. Et Bercy ne voulait pas rajouter d'enveloppe estimant que le risque pays pouvait se dégrader. Pour autant, selon une source interrogée par La Tribune, il n'y a pas eu de défaut de paiement de l'Égypte.

Si Emmanuel Macron a dénoué le point de friction entre les deux pays, c'est qu'il avait des garanties. L'Égypte devrait compter sur une croissance de 6% par an dès cette année. Le Caire a de l'argent pour régler les factures. L'Égypte pourra notamment compter à partir de la fin de cette année sur la production de gaz en Méditerranée. En 2015, l'énergéticien italien ENI a découvert pour le compte de l'Égypte un énorme gisement offshore de gaz naturel dans ses eaux territoriales au large de Port Saïd (gisement Zohr). De quoi satisfaire la demande intérieure pendant plusieurs décennies, de renouer avec l'exportation et donc de bénéficier de nouvelles rentrées de devises.

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Commentaires
a écrit le 18/11/2017 à 9:29 :
Je pense que Macron veut faire de l’Égypte un fournisseur de gaz pour l'UE et ainsi réduire la dépendance au gaz russe.
Pareil pour le futur gaz offshore du Liban et celui d’Israël.
a écrit le 17/11/2017 à 21:41 :
Ce n,est pas tous de vendre des matériels, mais il faut encore se faire payer....
a écrit le 17/11/2017 à 16:25 :
Si ce n'est pas notre Rafale, ce sera d'autres chasseurs qui equiperont l'Egypte !
et du travail en - pour notre industrie.
a écrit le 17/11/2017 à 11:13 :
Mon fils de 8 ans adore faire des tours de manège: avion, sous-marin ....Il adore se déguiser en militaire aussi.
a écrit le 17/11/2017 à 8:47 :
Il ferme les yeux et bouche son nes pour signer ce deal avec un tyran.
Réponse de le 17/11/2017 à 16:17 :
Si on ne devait vendre que aux démocraties, notre industrie ne vendrait plus beaucoup de choses...
a écrit le 16/11/2017 à 21:25 :
Autant dire que la France fait cadeau des avions à l'Egypte....ainsi vont les choses....
Réponse de le 18/11/2017 à 0:53 :
L'Egypte a toujours honoré ses créances. Il n'y a aucun impayé sur ses commandes militaires.
Réponse de le 19/11/2017 à 20:06 :
allez plutôt dire ca du contrat à la Belgique, pour un achat de 3,4 milliards on promet 20 billiards de retour industriel... plutôt que de taper sur un pays qui rapporte !
a écrit le 16/11/2017 à 16:42 :
Et 12 de plus pour l'Egypte : c'est une bonne nouvelle pour Dassault Aviation et la vente à l'étranger de notre fleuron national, le Rafale. Qu'en on pense que l'Etat prévoit un PEP pour les futurs financements des armées ( Rafale, Helicoptère Tigre, Char Leclerc, missile balistique ? missile air-sol ?) . Oui à la vente de Rafale en Inde, au Qatar ou en Egypte ? Quid de la Belgique et de la Suisse, toujours en mode F16 ? Bravo au ministre le Drian et bravo aux equipes de Dassault Aviation!!!
a écrit le 16/11/2017 à 14:23 :
C'est bien expliqué, le pays n'a pas de dette puisque qu'elle paye ses échéances, mais des encours. Cela a du en plus se négocier avec des contre partie sous entendu l'exploitation du vaste champs offshore possible par Total.
Enfin n'oubliez pas les milliards versés par l'Arabie et les USA à ce pays. Des dollars qui reviennent en France.
a écrit le 16/11/2017 à 13:54 :
Il paraît que nous avons une Ministre sans Défense. Mais c'est bien l'excellent Jean-Yves Le Drian qui contribue à l'avancement des dossiers !
a écrit le 16/11/2017 à 12:50 :
Il est vrai que faire crédit à un pays qui vit déjà sur le sable est un peu risqué. Ajouter un éventuel montage financier de type Pyramide et la plus personne ne FanPharaonne !
a écrit le 16/11/2017 à 8:33 :
Combien cela va-t-il nous coûter? On n'aurait rien de mieux à leur vendre que des engins de mort?
Réponse de le 16/11/2017 à 10:11 :
Vendez-leur vos idées, vous allez faire fortune !
Réponse de le 16/11/2017 à 19:29 :
Si votre inquiétude est financière elle est peut-être justifiée, mais elle le sera quoi qu'on leur vende, non ?
Réponse de le 18/11/2017 à 18:34 :
Oui bien sur, l’idéologie d’extrême gauche mais il se trouve qu’ils n’en veulent pas...

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