Drone MALE : Berlin, Paris et Rome prêts à voler européen

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Les trois ministres de la Défense allemand, français et italien ont annoncé dans une déclaration d'intention commune leur volonté de conduire une étude de définition afin de préparer la phase de développement d'un drone MALE européen
Les trois ministres de la Défense allemand, français et italien ont annoncé dans une déclaration d'intention commune leur volonté de "conduire une étude de définition afin de préparer la phase de développement d'un drone MALE européen" (Crédits : Dassault Aviation)
L'Allemagne, la France et l'Italie ont décidé de lancer une étude de définition pour développer et fabriquer un drone MALE de troisième génération "Made in Europe".

C'est un pas de plus pour la réalisation d'un programme commun entre l'Allemagne, l'Italie et la France dans le domaine des drones MALE (Moyenne altitude, Longue endurance). Un pas de plus également pour le lancement d'un nouveau programme en coopération entre plusieurs pays européens. Ce qui est plutôt rare ces dernières années en Europe. C'est enfin un nouveau succès personnel pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui a beaucoup oeuvré pour le lancement d'un tel programme.

Les trois ministres de la Défense allemand, français et italien ont annoncé ce lundi dans une déclaration d'intention commune leur volonté de "conduire une étude de définition afin de préparer la phase de développement d'un drone MALE européen", selon le communiqué publié par le ministère de la Défense. Un système dont le premier pourrait être livré d'ici à 2025, remplira des missions de renseignement à longue distance, de surveillance et de reconnaissance avec différentes capacités de charge utile.

Une étude de définition sur deux ans

Airbus Group, Dassault Aviation et Finmeccanica, qui se sont félicités cette annonce dans un communiqué commun, vont mener au cours des deux prochaines années l'étude de définition d'un drone MALE. Elle permettra notamment de réduire au maximum les risques, tant financiers qu'en terme de développement, grâce à un processus d'échanges et de compromis avec les clients, avant le lancement du développement à échelle réelle. Cette étude pourrait être suivie par une phase de développement. Cette solution pourrait permettre une livraison des premières propositions au début des années 2020. Ce système tiendra compte des contraintes budgétaires par une mise en communs des financements de R&D

L'objectif de cette étude est "de déterminer un ensemble de prérequis opérationnels et d'élaborer un prototype répondant à une expression de besoin commun en termes de performance, de calendrier et de coût", a précisé la déclaration commune des ministres. Les principaux paramètres pris en compte dans le cadre de cette étude de définition seront les critères de navigabilité et de certification afin de permettre l'insertion du futur drone dans l'espace aérien européen ainsi que "la recherche de compétitivité du produit". Cette étude permettra enfin de traiter toutes les questions relatives à la souveraineté, aux capacités d'évolutions du système et la compatibilité avec les besoins communs en matière de certification.

L'OCCAR gérera l'étude de définition

Le contrat pour l'étude de définition sera attribué dans le courant de l'année. C'est l'OCCAR (Organisation conjointe de coopération en matière d'armement) qui exercera la conduite du programme tandis que l'Agence européenne de défense (AED) apportera son soutien dans les domaines de l'insertion dans le trafic aérien, de la navigabilité et de la certification. En outre, d'autres pays européens pourront intégrer ce programme de drone lors des phases de développement et d'approvisionnement, en s'appuyant sur le soutien de l'AED pour cette future phase d'élargissement du projet.

Depuis décembre 2013, la France, l'Allemagne et l'Italie ont confirmé leur plein soutien à la mise en œuvre des conclusions du Conseil européen en vue de développer un drone MALE européen à l'horizon 2025. "Nos engagements récents sur les théâtres d'opérations, ainsi que les crises politiques et humanitaires dans notre voisinage, ont démontré le caractère critique de cette capacité et le besoin d'autonomie en matière d'usage et de soutien", ont fait valoir les trois ministres. Une volonté politique bien appuyée par les trois industriels européens (Airbus Group, Dassault Aviation et Finmeccanica), qui avaient adressé en mai 2014 aux trois Etats européens une proposition non sollicitée.

Une solution souveraine

"Les nations européennes se doivent de développer une solution souveraine et de dernière génération de drone MALE, pour des missions à la fois militaires et de sécurité", a fait valoir le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier. "La nouvelle génération de drone MALE représente une remarquable étape d'évolution dans le cadre des projets de la défense et de la sécurité européenne. Cette initiative est une opportunité unique de poursuivre dans la voie de l'union du savoir-faire technologique regroupant les industriels de pointe réunis autour d'un objectif commun", a pour sa part déclaré le président exécutif de Finmeccanica, Mauro Moretti.

Cette initiative est également une petite victoire pour les trois industriels à la lumière de la dépendance croissante des états européens pour des équipements et des technologies de défense achetés à l'étranger, en particulier les drones. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils avaient lancé en juin 2013 un appel commun "afin de préserver les capacités spécifiques permettant d'assurer la souveraineté de notre continent dans l'élaboration de futurs aéronefs militaires", ont expliqué les trois industriels. Le futur drone MALE "permettra le développement de technologies avancées et contribuera à maintenir des compétences clefs et des emplois en Europe", ont-ils assuré.

L'Allemagne, la France et l'Italie "s'engagent dans une démarche de renforcement de la défense européenne et de soutien à une industrie de défense plus compétitive développant et maintenant en Europe des compétences industrielles clés", a rappelé le ministère de la Défense.

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Commentaires
a écrit le 25/05/2015 à 8:58 :
Ils y a deja presque 10 ans que l'on en parle, mais bon comme dans cette Europe rien ne fonctionne, plus rien ne peut me surprendre...... Rien n'est encore fait est surtous qui sera le responsable du programme Airbus ( comme pour A400M) responsable mais pas coupable...... S'est pas gagnier cette histoire....
a écrit le 20/05/2015 à 19:51 :
Le 11/06/2013 M. Cabirol titrait son article "Drones MALE : la France volera américain" en parlant de l'acquisition (un peu en charrette) de ces 12 drones d'observation Reaper aux USA. À peine deux ans après Paris se dit prêt à voler…. européen. La France ne livre pas les Mistral (déjà payés) à la Russie par une question de vouloir préserver son savoir-faire, cependant est-ce que le savoir-faire utilisé pour le drone MALE est-il européen ou américain ?
Réponse de le 21/05/2015 à 17:49 :
@ French Beef Tech: en tant que Britannique je dirais que c'est a 100% americain.
a écrit le 20/05/2015 à 1:30 :
Est-ce un programme pour vendre le Neuron de Dassault( aux italiens et allemands) ou un nouveau drone ?
Réponse de le 20/05/2015 à 9:19 :
Tu sais, mon vieux, le jour où l'on aura un drone FEMELLE l'amour toujours l'amour va flotter dans l'air et ce sera merveilleux, plus de guerres !! <3
Réponse de le 21/05/2015 à 20:04 :
Il faut prendre le MALE en patience… ;-)
a écrit le 19/05/2015 à 14:55 :
Ce drone "européen" est quasiment une copie conforme du drone américain Predator. Un peu plus svelte, certes, mais le même "shape", la même allure. Bonjour à l'innovation made in France. :-)
Réponse de le 19/05/2015 à 23:06 :
C'est que je trouve curieux c'est que dans une publication bimensuelle US y a un papier qui dit que les services secrets américains n'arrivent pas à comprendre les raisons pour lesquelles la Russie a publié des photos montrant les déplacements d'un satellite-espion US. Alors je suis allé chercher dans la presse alternative et j'en ai rien trouvé. Mais selon un journal allemand ( Deutsche Wirtschafts Nachrichten) il s'agit d'un message que Moscou envoie à Washington du genre: "Nous sommes toujours au courant de ce que vous projetez".
Alors avec les drones c'est pareil. Nos ennemis, les russes, possèdent des systèmes qui détectent aussi des drones et peuvent les neutraliser. Un troll Otan, un copain à moi, m'a expliqué l'autre jour les système anti-drone russe et il m'a dit que cette histoire de drone européen c'est plutôt pour les exporter. Mais si nous sommes à la veille d'une guerre avec la Russie, à quoi bon les exporter ???
Réponse de le 20/05/2015 à 10:29 :
moi je pense pas que les russes soient nos ennemis…. d'ailleurs votre discours me rappelle terriblement celui d'un certain xavier-marc et d'autres trolls anti-poutine qu'on voit par là…. vous avez déjà pensé à changer de cap? :-)
a écrit le 19/05/2015 à 13:11 :
Bonjour,
Dassault doit être l'industriel leader dans ce programme, au risque de se retrouver avec une usine à gaz industrielle et une conception douteuse, comme en témoignent les programmes industriels militaires européens de ces dernières années: Eurofighter, A400M, etc...
Dassault est déjà bien avancé en la matière avec le drone Neuron, où l'entreprise française s'est entourée de partenaires italiens, grecs, suisses et suédois.
a écrit le 19/05/2015 à 12:31 :
Airbus (EADS) donc échec assuré.

Dépassement des coûts, usine à gaz...
Avec les Allemands à la manœuvre pour construire un Panzer Volant ç ava être beau cette histoire

Enfin l'argent n'est jamais perdu pour tout le monde -
a écrit le 19/05/2015 à 10:16 :
Le fait qu'il n'y ait pas les anglais, champion des coups tordus, est une très bonne chose.
a écrit le 19/05/2015 à 9:47 :
Quand je vois tout ces commentaires négatif, je me dit que heuresement que certains politiques europeens ne partagent pas votre scepticisme!!! Oui l'A400M a eu des problèmes car tout les états voulaient des options spécifique, mais il ne faut pas oublier que il a été conçu lorsque AIRBUS était sous le controle exclusif des états... Aujourdhui ce n'est plus le cas et Airbus n'accepterai plus ces conditions.
C'est très bien que trois entreprises européenne lancent un produit militaire qui n'est que disponible à l'étranger. Cela arrive un peu tard mais c'est un début et il faut continuer a oeuvrer pour de telle projet en communs!!!!
A tous les euroseptiques, si l' UE n'existait pas, nous n'aurion jamais pu concurencer les USA sur l'aviation civile ou le spatial et plein d'autre domaine... Les états seul ne peuvent finançer de telle projet par rapport a la puissance de frappe financière et diplomatique Etats Unienne.
Réponse de le 19/05/2015 à 10:17 :
Il y a juste un petit problème sur ce que vous dites. Les états une fois le projet réalisé chercheront à le vendre aux "étrangers"... Cette exclusivité n'est que de la poudre aux yeux.
Réponse de le 19/05/2015 à 11:28 :
Je partage entièrement ce que dit "nico".
Quant à l'UE, elle a certes beaucoup de défauts, mais ce serait bien pire pour la France si nous étions en dehors.
Réponse de le 19/05/2015 à 13:57 :
@nico
Seulement, ce n'est aucunement grâce à l'UE. Déjà Airbus existait avait l'UE.
Ensuite, il s'agit d'une coopération internationale dans laquelle l'UE n'est aucunement intervenue concrétement.
Par ailleurs, il n'y a qu'une minorité de pays de l'UE qui y participe.
Enfin, une grande part des éléments des avions conçus, proviennent des pays hors UE. (principalement US, Japon et Corée)
L'exemple Airbus sert souvent à la propagande européiste alors que c'est le meilleur contre exemple pour les sceptiques... :)
Réponse de le 19/05/2015 à 14:19 :
Et pourquoi pas le vendre à des etats étrangers? et pourquoi pas le vendre sans trop de transfert de technologie a des pays tiers, cela rapportera de l'argent et des emplois en europe ? Je ne vois pas ou est le problème
Réponse de le 19/05/2015 à 14:30 :
Je ne suis pas daccord avec vous "anti UE", AIRBUS est la fusion entre trois sociétés francaise, espagnol et allemande... Donc c'est une belle intégration européenne... et méme si ce ne sont que une minorité des 28 qui participe, ce sont quand méme les plus grosse économie de l'union européenne.
Vous dites que plusieurs composants viennent de pays hors UE, normal aussi vu que l'europe n'a pas les meilleurs technologies de tout les composants d'un avion et c'est une société mondialisé. Mais allez voir à Toulouse, Séville, ou Munich.
Vous verrez que 80% des employés de AIRBUS sont en europe.
Et d'ailleurs Boeing a beaucoup de sous traitant Français et autre.
Vos arguments ne tiennent pas ....
a écrit le 19/05/2015 à 8:32 :
Encore un "produit européen" qui sera construit en France et qu'on va assimiler comme étant un produit français. Voilà pourquoi l'Europe n'aura jamais une défense commune et moins encore une industrie commune. Certains États ne veulent que l'argent européen, le savoir-faire européen partagé, mais à la condition que les retombées commerciales soient toujours pour eux !! cela ne peut pas marcher.
a écrit le 19/05/2015 à 7:26 :
La responsabilité de M. Kerviel n’est pas contestable d’ailleurs il le dit mais lui et seulement lui la oui il y a contestation . Le directeur financier de l’époque était M. Oudéa a-t-il joué un son rôle clé dans cette affaire?. Mais il faudra certainement aller plus loin et savoir si la main politique a été présente, ce qui parait vraisemblable dans un pays comme la France , colbertiste, où le copinage parfois coquin est la méthode de gestion des affaires douteuses. Allons nous vers des révélations et rebondissements comme dans l’affaire Tapie elle aussi, aussi limpide que la vase au fond d’une mare.
Réponse de le 19/05/2015 à 9:49 :
OU EST LE RAPPORT !!!! Apprenez a lire le titre des articles avant de faire des commentaires hors sujet......
Méme si ce que vous dites a du sens dans le domaine fiancier....
a écrit le 19/05/2015 à 7:22 :
Encore une usine à gaz en perspective, comme l'A400M ou chacun voudra tirer la couverture à lui pour avoir un petit bout du puzzle.
a écrit le 19/05/2015 à 7:22 :
Qu'elle avance une pré étude de 2 ans avant de lancer une étude Ca c'est de l avant-gardisme
Réponse de le 19/05/2015 à 11:23 :
Le temps qu'il faut à un bricoleur pour construire une maquette qui fonctionne

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