L'armée de l'air doit très rapidement se décider pour remplacer ses Puma à bout de souffle

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Airbus Helicopters a pu répondre en 2018 à une demande ukrainienne en puisant dans ce stock de machines immobilisés en Mer du Nord. Kiev a acheté 21 H225 d'occasion.
Airbus Helicopters a pu répondre en 2018 à une demande ukrainienne en puisant dans ce stock de machines immobilisés en Mer du Nord. Kiev a acheté 21 H225 d'occasion. (Crédits : Airbus Helicopters)
Il y a une double urgence pour l'armée de l'air : remplacer les vieux Puma hors d'âge et se décider rapidement à acheter d'occasion des H225 encore performants sur le marché.

L'armée de l'air a une urgence opérationnelle : remplacer ses vieux Puma, qui lui coûtent très chers, trop chers. "Cette opération est pour moi prioritaire et urgente afin de remplir les contrats opérationnels, qui me sont fixés", a expliqué le 10 octobre à l'Assemblée nationale le chef d'état-major de l'armée de l'air (CEMAA), le général Philippe Lavigne. "Notre flotte d'hélicoptères Puma est hors d'âge, et affiche une disponibilité insuffisante pour couvrir le fort besoin opérationnel outre-mer", avait déjà alerté le général en mai dernier. En octobre, il a en outre signalé que "le volume d'appareils récents (de Puma, ndlr) est encore insuffisant, en particulier pour des missions de sauvetage ou de combat".

Après quarante ans de service, le maintien en condition opérationnelle du Puma est devenu "plus difficile et plus coûteux", a-t-il précisé. En 2017, l'armée de l'air avait dû débourser 42,8 millions d'euros pour l'entretien de la flotte. Pour un résultat peu probant, le taux de disponibilité technique des Puma de l'armée de l'air s'élève à moins de 30% (28%), selon des chiffres de l'armée de l'air communiqués en 2018. C'est peu, trop peu. Or, avait rappelé le général Lavigne, "il est prévu de remplacer les Puma à l'horizon 2028". D'une façon plus générale, la flotte des hélicoptères de manœuvre de l'armée de l'air est, "pour deux tiers, très âgée". Elle dispose d'un parc de 76 hélicoptères, dont 40 Fennec, 10 Caracal, deux EC225, des Puma et des Super Puma.

Quelles solutions ?

En dépit de l'achat d'appareils neufs lointains, un projet de remplacement des Puma par vingt hélicoptères Super Puma d'occasion a été poussé par l'armée de l'air. "Nous travaillons à des options pour les remplacer de façon anticipée et maîtrisée en termes de coûts", avait-il souligné en mai dernier. Comment ? En réallouant les crédits économisés sur le MCO des Puma vers une flotte plus moderne et donc plus disponible. Ce projet est actuellement à l'étude à l'EMA (Etat-major des armées), à la DGA (direction générale de l'armement) et à la DMAé (direction de la maintenance aéronautique). "L'armée de l'air a proposé d'étudier la location-acquisition d'une vingtaine d'appareils, correspondant au nombre fixé dans la LPM (loi de programmation militaire, ndlr) à partir de 2020, pour réaliser des opérations de recherche et de sauvetage, à terre ou en mer", a confirmé le patron de l'armée de l'air. C'est la première proposition.

"Cette location permettrait d'attendre le renouvellement des hélicoptères de manœuvre, actuellement prévu après 2035", a estimé le CEMAA.

Deuxième proposition, acquérir que 12 appareils, le reliquat étant comblé à l'horizon 2025-2026 par le transfert de huit Caracal de l'Aviation légère de l'armée de Terre (ALAT) vers l'armée de l'air. Les 21 Puma de l'ALAT seront progressivement remplacés par des NH90, dont huit seront mis à disposition des forces spéciales terrestres très demandeuses. Résultat, les huit Caracal des forces spéciales pourraient donc être transférés à l'armée de l'air à l'horizon 2025. Enfin, l'armée de l'air va récupérer un onzième Caracal en 2022.

Par ailleurs, l'armée de l'air prévoit une rénovation des Caracal pour 2026, portant notamment sur des moyens de liaison de données tactiques, de communication satellitaire et de l'armement. "Ce sujet est prioritaire pour l'armée de l'air, le Caracal est la pièce maîtresse dans la recherche de nos pilotes de combat éjectés en territoire ennemi", a fait valoir le général Philippe Lavigne. Grâce à sa capacité de ravitaillement en vol, cet appareil représente également pour les forces spéciales une capacité majeure pour intervenir en profondeur.

Airbus Helicopters a l'affût

Airbus Helicopters a fait des propositions à l'armée de l'air pour le remplacement de ses Puma. Depuis la crise de la Mer du Nord de la flotte des H225 suspendus de vol, le constructeur de Marignane a aidé les opérateurs à vendre leurs appareils. D'environ 110 H225 concernés par cette décision, il en reste encore entre 50 et 55 sur le marché, dont entre 20 et 30 rapidement utilisables. Le reliquat concerne des appareils relativement âgés qui ont été mis en service en 2003 et 2004. Il faut donc que le ministère des Armées se décide vite sous peine de voir filer les derniers H225 d'occasion encore performants dans d'autres mains.

"Nous appelons donc de nos vœux le renouvellement accéléré de la flotte d'hélicoptères Puma et proposons d'ériger les hélicoptères au rang de priorité dans l'actualisation de la LPM", a expliqué le député Républicain Jean-Jacques Ferrara, co-rapporteur du rapport d'information relatif à l'action aérospatiale de l'État

Ainsi, Airbus Helicopters a pu répondre en 2018 à une demande ukrainienne en puisant dans ce stock de machines immobilisés. Kiev a acheté 21 H225 d'occasion, qui ont été modernisés par l'usine d'Airbus Helicopters en Roumanie, ainsi que d'autres hélicoptères neufs. Le constructeur européen a su également régler la colère des Ukrainiens mécontents des prestations de l'hélicoptériste en redéployant du personnel en Ukraine. "Les opérations de maintenance des appareils mis en service ont irrité les Ukrainiens mais aujourd'hui la crise est passée", confirme-t-on à La Tribune.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2019 à 6:31 :
Ils me semblent importànt dè dire que le budget de La Défense est en auguemantation, donc que l'argent sur soit utilisée ou îls y a dès besoins ...
Donc s'ils faut acheter des hélicoptères, îls devrons faire des economie sur d'autre ligne d'achats...
D'ailleurs la réduction d'effectif des officier à t elle etaient effectuer ?
Voila des questions interessante...
a écrit le 03/11/2019 à 9:41 :
J'ai une étrange sensation, que ce qui semble voté pour l'armée produisent des manques malgré le supposé budget en augmentation?!!

La fuite des pilotes n'en serait t'il pas aussi une corrélation?
La Tribune permet d'avoir plus qu'un sentiment, mais des éléments clefs dans un puzzle autour de l'armée qui fait sens aussi de questions plus profondes et sociétale a travers ce qui se décide actuellement.

C'est un signaux particulier, car j'ai l'impression que nous avons trop de facteurs pour que cela ne veuille pas dire quelque chose? !

Attendons ........
a écrit le 01/11/2019 à 15:57 :
Le contrat ira automatiquement à Airbus Helicopters sans appel d’offres et divulgation des conditions d’achats.
a écrit le 01/11/2019 à 0:24 :
Je comprends toujours pas pourquoi l'armée ne prend pas ses hélicos en leasing....

Ce serait pourtant super l'armée s'engage sur 300 unites sur 20 ans et tous les 10 ans on change pour du neuf, le reste avec gros potentiel part pour l'occasion, ça ferait tourner les chaînes et réduit la Mco etc...

Garder 40 ans ligne des unités n'a aucun sens
Réponse de le 01/11/2019 à 10:15 :
ben c'est surtout qu'à l'origine, ces Pumas n'ont jamais été prévu pour durer 40 ans... il est inimaginable pour n'importe quel militaire censé, de penser développer un système pour le faire durer 40 ans, même s'il était génialissime d'innovation, les militaires prennent en compte l'obsolescence inhérente. Les politiques sont capables de ne pas prendre l'obsolescence en compte, et simultanément de prendre les militaires pour des cons.

Mais notre armée n'a pas fini de décliner puisque de toutes manières c'est la volonté ferme de nos dirigeants:

70% de nos hélicos plaqués au sol pourquoi? Combien ça coûte une telle mauvaise gestion, et surtout pourquoi cette mauvaise gestion est-elle si pérenne (car cela fait plus de 10 ans que le parc machines volantes militaires, avions compris, est dans cet état inadmissible).
Quant aux pauvres quelques machines qui volent, tous les pilotes vous diront qu'ils décollent sous dérogation car leur machine ont certaines fonctions en panne (fonction de vol, pas système d'arme pour lesquels c'est encore pire)...

armée de l'air, armée française en général, pitoyable. Et ce n'est pas la faute de son personnel intelligent et dévoué, qui d'après la presse du moment, se barrent dès qu'ils le peuvent dans le civil, mais bien la faute des dirigeants qui viennent de s'apercevoir que les pilotes et mécaniciens se cassent en masse. Le plus ridicule, c'est lorsque ces chefs se mettront à dire: "Ah ben alors finalement, elle nous sert plus à rien cette armée française exsangue, autant en faire une européenne en récupérant ces quelques petits restes!"
a écrit le 31/10/2019 à 18:43 :
Pour le reste ok avec jeff, mais très Étonné de lire que l’état fait le banquier dans des contrats commerciaux ou achète des lentilles ou des dattes pour les revendre sur le marché de gros mondial.... il doit y avoir qq confusions dans l’explication..
a écrit le 31/10/2019 à 11:05 :
Il va falloir se résoudre à acheter des Chinook américains de Boeing. Robustes et suffisamment grands et puissants pour transporter toute une troupe et un armement lourd.
Réponse de le 31/10/2019 à 23:13 :
Mouais. L'idéal serait que l'Europe se mette enfin d'accord pour financer et acheter son propre gros porteur militaire de 15-18 t MTOW... Nous avons toute la technologie pour cela (avionneur, motoriste, systémiers), pourquoi balancer nos euros chez l'Oncle Sam alors que l'on pourrait faire vivre des dizaines de milliers d'européens ?
Réponse de le 01/11/2019 à 0:20 :
La France a raté le coche en ne profitant pas des Chinooks fabriqués sous licence en Italie dans les années 80.
Aujourd'hui, les Chinook en sont à leurs dernières évolutions presque 60 après ses débuts.
a écrit le 31/10/2019 à 10:45 :
Super la gestion en france. Il y a a peine plus d'un an on a vendu d'occase 21 h225 a l'ukraine (acheteur defaillant et pret garantie par la france), vente a l'ukraine financée par un pret du tresor français et encore une garantie d'etat aux banques preteuses a l'ukraine, et maintenant, on cherche a acheter des h225 d'occase.

Gachis sur gachis sur gachis.
Réponse de le 31/10/2019 à 17:27 :
Absolument faux. Pourquoi un gâchis ? Airbus Hélicopter a des helicos récents sur les bras qui prennent la poussière à Marignane, il trouve à les vendre à l'Ukraine, l'armée de l'air se dit que ce serait aussi peut être une bonne occasion car elle va probablement pouvoir négocier un rabais et de plus le H225 est une très bonne machine assez semblable aux Puma qu'elle veut remplacer et aux Caracal qu'elle possède déjà donc économies importantes sur la formation des équipages et des mécanos: bref ça arrange tout le monde, pouvez-nous nous expliquer en quoi ce serait un gâchis ? D'autre part vous ne semblez pas connaître le fonctionnement des gros contrats internationaux: il est courant que l'Etat se porte garant d'un paiement et joue le rôle de société d'affacturage. J'ai même déjà conçu du matériel de très très haute technologie vendu à un pays du proche-orient qui a été partiellement payé en nature: lentilles et dattes (si si, ça devait représenter des milliers de tonnes). C'est une agence de l'Etat qui a revendu les lentilles et les dattes sur le marché de gros mondial et qui nous a payé, en prenant bien sûr une commission (qui a permit d'alimenter les caisses publiques)... C'est ça ou ne pas exporter ! Eh oui, figurez-vous que vendre des helicos, c'est autre chose que de fournir des yaourts à Carrefour...
a écrit le 31/10/2019 à 10:40 :
Bah vu que c'est l'Allemagne qui va prendre le commandement de l'armée française on peut leur laisser nos vieux machins hein avec tout ce qu'ils nous ont fait...

D'ailleurs ne serait ce pas le moment de faire des économies ?

Le déclin européen c'est long surtout vers la fin.
Réponse de le 01/11/2019 à 11:13 :
@ multipseudos:

L'Europe c'est l'Allemagne, si tu le vois toujours pas, surtout en ce moment dans lequel ils placent tous leurs pions à sa tête, noies toi tout seul dans ton obscurantisme stp.

Signalé
Réponse de le 03/11/2019 à 10:05 :
Le paradis c'est quand un anglais s'occupe de l'accueil, un français de la cuisine, un italien de l'animation et un allemand de l'organisation.
L'enfer c'est quand un français s'occupe de l'accueil, un anglais de la cuisine, un allemand de l'animation et un italien de l'organisation.
Réponse de le 04/11/2019 à 9:45 :
"et un allemand de l'organisation."

Ben oui c'est bien vrai ça, la seconde guerre mondiale, l'UE, que des sucés vachement bien organisés ! Pour eux-mêmes...

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