L'Iran s'est offert 80 Boeing... à moitié prix

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En considérant la nature de notre commande et les possibilités de choix, le contrat pour l'acquisition de 80 avions Boeing vaut environ 50% de ce montant, a révélé le vice-ministre iranien des Transports, Asghar Fakhrieh-Kashan.
"En considérant la nature de notre commande et les possibilités de choix, le contrat pour l'acquisition de 80 avions Boeing vaut environ 50% de ce montant", a révélé le vice-ministre iranien des Transports, Asghar Fakhrieh-Kashan. (Crédits : © Morteza Nikoubazl / Reuters)
Pour un contrat évalué par Boeing à 16,6 milliards de dollars (15,9 milliards d'euros), Iran Air n’aurait payé que la moitié environ. Une pratique très courante dans le milieu de l'aéronautique.

C'est très peu courant qu'une compagnie aérienne "vende la mèche" sur le rabais consenti par un constructeur aéronautique. Mais le contrat dont il est question ici est particulier : c'est l'Iran qui a acheté 80 appareils à l'américain Boeing. Du coup, Téhéran s'est vanté d'avoir payé à moitié prix environ les 80 avions commerciaux vendus par Boeing. Le constructeur avait quant à lui évalué le contrat à 16,6 milliards de dollars au prix catalogue (15,9 milliards d'euros).

"Boeing a annoncé que son contrat avec Iran Air valait 16,6 milliards de dollars", a déclaré le vice-ministre iranien des Transports, Asghar Fakhrieh-Kashan, cité par l'agence de presse officielle Irna. "Toutefois, en considérant la nature de notre commande et les possibilités de choix, le contrat pour l'acquisition de 80 avions Boeing vaut environ 50% de ce montant", a-t-il précisé.

La compagnie Iran Air avait annoncé le 11 décembre l'achat à Boeing de 80 appareils - cinquante 737 et trente 777 -, un contrat sans précédent entre les États-Unis et l'Iran depuis la révolution de 1979. Deux pays longtemps ennemis et dont les relations sont toujours extrêmement compliquées...

Airbus logé à la même enseigne

Le grand rival de Boeing, Airbus, a signé jeudi la vente de 100 avions à Iran Air, toujours dans le cadre de la réouverture des relations commerciales entre l'Iran et les pays occidentaux près d'un an après la levée des sanctions liées à son programme nucléaire.

Au prix catalogue, la valeur de ce dernier contrat serait de 18 à 20 milliards de dollars mais selon le PDG d'Iran Air, elle ne devrait pas dépasser 10 milliards de dollars.

Le rabais, une pratique courante pour les achats d'avions

Si les remises varient en fonction du type d'avions commandés, d'un constructeur à l'autre, d'une compagnie à l'autre également (si elle est considérée comme stratégique ou pas, si elle est une compagnie de lancement d'un nouvel appareil...), elles tournent plutôt autour de 40% environ, mais peuvent aller jusqu'à 55% pour les très grosses commandes, selon un banquier au fait des pratiques du secteur interrogé par La Tribune. De fait, un A380 valant plus de 400 millions de dollars au prix catalogue peut tomber à moins de 200 millions.

Selon l'AFP, Easyjet aurait négocié en 2013 un prix de 6 milliards de dollars pour les 100 Airbus A320 NEO et les 35 CEO commandés, quasiment deux fois moins que les 12 milliards si on se réfère au tarif catalogue. Selon Challenges, les meilleurs négociateurs obtiendraient 60% de rabais. Voire même plus. Pour relancer son programme C-Series, le constructeur canadien Bombardier a accordé en avril dernier à la compagnie américaine Delta un rabais tout simplement incroyable. Il se serait élevé, selon Reuters, à 75% par rapport au prix catalogue pour une commande ferme portant sur 75 C-Series (+50 options).

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Commentaires
a écrit le 31/12/2016 à 15:13 :
Pas rancunier les iraniens. Après des années d'embargo contre eux, ils auraient dû prendre du temps et acheter ailleurs, façon de punir ceux qui les ont lâché.
a écrit le 31/12/2016 à 11:17 :
Et combien de rabais sur les 100 Airbus..? 40, 50, 60 %, avec ou sans les tapis....!
a écrit le 29/12/2016 à 18:46 :
Avec Airbus, les iraniens ont certainement obtenu la même chose, autrement ils auraient acheté Boeing.
a écrit le 29/12/2016 à 16:18 :
C'est des cuisinistes quoi : ils gonflent les prix pour proposer des rabais faramineux... Et ça marche...
Réponse de le 30/12/2016 à 0:01 :
Juste et bien vrai parallèle.

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