L'UE se prépare à lutter contre la concurrence déloyale des compagnies aériennes du Golfe

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Alain Vidalies, secrétaire d'État français aux Transports, et son homologue allemand, Alexander Dobrindt, se sont plaints de la situation lors d'une réunion des ministres des transports à Bruxelles le 13 mars: Les compagnies aériennes européennes perdent du terrain face aux transporteurs du Golfe à cause de pratiques de concurrence déloyales [...]
Alain Vidalies, secrétaire d'État français aux Transports, et son homologue allemand, Alexander Dobrindt, se sont plaints de la situation lors d'une réunion des ministres des transports à Bruxelles le 13 mars: "Les compagnies aériennes européennes perdent du terrain face aux transporteurs du Golfe à cause de pratiques de concurrence déloyales [...]" (Crédits : reuters.com)
La commissaire aux transports a déclaré vouloir reprendre les négociations avec les pays du Golfe persique, après que Paris et Berlin ont tiré la sonnette d'alarme sur la concurrence déloyale des compagnies aériennes du Qatar, d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Les transporteurs du Golfe sont en compétition avec les compagnies européennes pour les vols internationaux. Certains observateurs estiment que les aides qu'ils touchent créent des distorsions du marché, au détriment de la compétitivité des compagnies européennes et américaines.

Les compagnies du Qatar, d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont reçu 39 milliards d'euros d'aides d'État de leurs gouvernements respectifs depuis 2004, selon une étude réalisée pour les trois grandes compagnies américaines, American Airlines, Delta Airlines et United Airlines.

Cette étude indique que les transporteurs du Golfe ont ainsi bénéficiés de prêts sans intérêts, de terrains gratuits et de droits aéroportuaires faibles, entre autres. Ces avantages leur ont permis de développer leurs flottes et leurs trajets, tout en « distordant le marché de l'aviation commerciale et en détournant le trafic mondial vers leurs centres d'affaires ».

Demande franco-allemande

Alain Vidalies, secrétaire d'État français aux Transports, et son homologue allemand, Alexander Dobrindt, se sont plaints de la situation lors d'une réunion des ministres des transports à Bruxelles le 13 mars.

« Les compagnies aériennes européennes perdent du terrain face aux transporteurs du Golfe à cause de pratiques de concurrence déloyales, et en particulier à cause des garanties et des aides publiques conséquentes dont ils jouissent », ont-ils déclaré dans un communiqué commun après la réunion.

Paris et Berlin ont donc demandé à la Commission européenne de mettre un terme à ces pratiques en adoptant une stratégie commune pour le contrôle de la conformité des activités des compagnies étrangères au droit européen.

Les Pays-Bas, la Belgique, la Suède et l'Autriche ont appuyé cette demande, assurent les ministres.

La Commission s'empare de l'affaire

Violeta Bulc a expliqué que les négociations entre les pays du Golfe et l'ancien commissaire aux transports, Siim Kallas, n'avaient pas abouti. La commissaire va à présent demander aux États membres de lui donner un nouveau mandat, afin de limiter les aides d'État perturbant le marché de l'aviation, non seulement de la part des États du Golfe, mais aussi de la Chine, du Brésil et de la Turquie.

Anrijs Matiss, ministre letton des Transports (la Lettonie occupe actuellement la présidence tournante de l'UE), a pour sa part déclaré:

« En Europe, nous avons un bon marché de l'aviation interne, mais nous perdons des parts de marché en ce qui concerne les vols internationaux. Nous devons nous assurer d'être compétitifs sur d'autres marchés, et le dumping social fait partie de cette question.»

Les pays européens ont également demandé la révision d'autres instruments, comme une nouvelle loi contre les aides d'États et les pratiques tarifaires déloyales faussant le marché du transport aérien, afin d'éviter toute concurrence déloyale à l'avenir.

Toute négociation future ou proposition législative sera inclue dans le cadre du paquet sur l'aviation que la Commission souhaite présenter dans la seconde moitié de l'année. Violeta Bulc a précisé que la compétitivité du secteur des transports et les initiatives à prendre seront abordées lors d'une conférence commune organisée par la Commission européenne et le Parlement européen en juin.

>> Lire aussi : Le chantier de la modernisation de l'espace aérien européen démarre

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Prochaines étapes:

  • 4 juin 2015 : Fin de la consultation de la Commission sur le paquet de l'aviation.
  • 11 juin 2015 : Réunion des ministres des transports européens.
  • Deuxième semestre 2015 : Présentation du paquet sur l'aviation.

Liens externes:

Étude sur la concurrence des compagnies aériennes d'État au Qatar et aux Émirats arabes unis (en anglais) : Restoring Open Skies Study: the need to address subsidized competition from state-owned airlines in Qatar and the UAE

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Par Ecaterina Casinge (traduit de l'anglais par Manon Flausch), EurActiv.com

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Commentaires
a écrit le 18/03/2015 à 8:00 :
Concurrences déloyales? D’après le dogme mondialiste surement mais pas entre pays souverains!
a écrit le 18/03/2015 à 7:25 :
Il faut négocier des conditions fiscales et sociales communes aux compagnies européennes, avant de vouloir imposer quoique ce soit à l'étranger ! Qu'y a t il de commun entre une compagnie irlandaise et une compagnie francaise ? Qu'est ce qui change pour AF si Transavia crée des bases au Portugal ou ailleurs, aux conditions locales, par rapport au fait de rester aux conditions francaises ? malheureusement, Tout change ! ... c'est ce qu'il faut régler par un statut de société européenne, à des conditions fiscales et sociales communes !!! Après seulement, on pourra exiger de toute compagnie extérieure de répondre à des conditions au moins équivalentes !!
a écrit le 18/03/2015 à 7:00 :
Adp ou aéroport de Roissy appartient a l état français et c est celui qui est le plus cher d Europe !!!!! Et peut être du monde
Certains prix billets sont constitues a 75% par les taxes
Ils n ont qu a les diminuer
a écrit le 17/03/2015 à 21:58 :
Enfin!!!
a écrit le 17/03/2015 à 21:26 :
Saine concurrence, non? Emirates, Qatar et les autres ne sont pas toujours les plus compétitifs mais il faut leur reconnaitre des atouts.
30 kilos de bagage en éco,
service 4 voire 5 étoiles en éco,
siège au choix,
et surtout des prix sur l'Asie en l'Australie que AF, Lufthansa et les autres ne proposent pas ou plus.
Pourquoi payer plus pour un service moindre sur AF ou LH ou BA? Quand la différence est justifiée je voyage sur les compagnies européennes mais depuis qu'il faut payer pour tout sur AF et les autres, je dis "ZUT!" et je vole sur Emirates vers le Japon et l'Australie. En EU, je n'ai pas le choix, ni sur les USA ( bien que Singapore dessert JFK depuis Frankfurt). Si AF veut vraiment monter en gamme, c'est sur l'économie qu'il faut veiller car en business ou première toutes se valent plus ou moins....par contre fidéliser une clientèle éco qui compte pour 80% des voyageurs....Pour ma part, je pars au Japon en Aout, j'hésite encore entre Emirates et Turkish, voire une autre compagnies mais sûrement pas AF-KLM.
Réponse de le 18/03/2015 à 19:48 :
t'as bien raison de ne penser qu'à ton porte-monnaie et de prendre des compagnies de pays qui sont tout sauf démocratiques; où pour certains les femmes sont cloitrées les immigres tués et les homosexuels pendus......
Réponse de le 21/03/2015 à 14:40 :
.."....Pourquoi payer plus pour un service moindre sur AF ou LH ou BA ?..."
Pour l'avenir de ton pays et de tes enfants !!!!
Je vole systématiquement sur AF, je ne suis pas à 100 euros près, et toi non plus quand on les moyens d'aller au Japon en vacances. Comportement minable !!!!!
a écrit le 17/03/2015 à 20:50 :
Parallèlement, il faudrait mettre en place un statut de société européenne, basé dans un premier temps sur la moyenne des conditions sociales et fiscales des compagnies européennes. Dans un 2e temps, une renégociation entre syndicats patronaux et salariaux européens, ou/et entre états européens, pour ajuster les règles... chaque état européen devra alors être libre de supprimer les droits d'atterrissage à toute compagnie qui ne répond pas au minimum aux conditions de ce nouveau statut ! Ça règlera alors la question de Ryanair, des bases Transavia Europe... et de l'utopie des rêves du SNPL !!!
Réponse de le 18/03/2015 à 8:47 :
à la niche. En dehors des frontières, c'est plus chez vous.
Réponse de le 18/03/2015 à 19:46 :
Et pourquoi ne pas tout simplement s’aligner sur les conditions fiscales de l'Irlande? Les compagnies pourraient donc se développer plus facilement, créer de l'emploi, se démocratiser, ...
a écrit le 17/03/2015 à 20:49 :
Ce n'est pas une bonne idée. Les compagnies du Golf sont des grands clients d'Airbus, dont le super jumbo A380. Peut-être qu'il y a de la concurrence déloyale, mais si on devient trop embêtant c'est l'américain Boeing qui risque d'être le principal gagnant de cette affaire. Vente d'Airbus = maintien des emplois des usines d'Airbus (dont les usines d'assemblages en France)
Réponse de le 21/03/2015 à 14:44 :
N'importe quoi !! les américains aussi vont sévire !! et Airbus s'en sortira avec ou sans les Emirats.

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