Pourquoi la modernisation des Mirage 2000 indiens peut aider le Rafale en Inde

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Les deux premiers Mirage 2000 indiens modernisés ont été livrés à New Delhi.
Les deux premiers Mirage 2000 indiens modernisés ont été livrés à New Delhi. (Crédits : Reuters)
Grâce au programme de modernisation des Mirage 2000 indiens, Dassault Aviation et ses partenaires démontrent à New Delhi qu'ils transfèrent la technologie à l'industrie aéronautique indienne.

Pour Dassault Aviation et ses partenaires Thales et Safran, la livraison mercredi à Istres - en présence de l'ambassadeur indien en France, Arun K. Singh -, de deux Mirage 2000 modernisés au standard I/TI (ex-Mirage 2000 A/C 1 et 2) à l'Inde dans les délais, ne peut qu'être bénéfique pour la conclusion du contrat Rafale avec New Delhi. En tout cas, si cette opération n'est pas décisive pour faire gagner le Rafale en Inde, elle ne pourra pas non plus nuire à cette vente tant la bonne coopération entre les industriels français et le groupe indien de référence dans le domaine de l'aéronautique Hindustan Aeronautics Limited (HAL) sur la modernisation des 51 Mirage 2000H, a permis à ce programme de se dérouler dans les délais prévus.

Un programme de modernisation mené à bien

Évidemment, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, avait tout cela en tête lors de la cérémonie de remise des deux appareils à l'armée de l'air indienne. "Le Rafale est le pas suivant logique", a-t-il expliqué dans son discours. Et de préciser que moins de quatre ans après la signature du contrat en juillet 2011 après plus de dix ans de discussions (1,4 milliard d'euros hors armement, dont 1 milliard pour Thales), l'armée de l'air indienne (IAF) a accepté les deux Mirage 2000 modernisés, qui étaient arrivés à Istres en décembre 2011.

Le Mirage 2000 biplace modernisé a volé comme prévu le 5 octobre 2013 et le monoplace fin 2013 au terme d'une période de deux ans consacrée au développement du kit équipements de Thales, comprenant le radar, des systèmes de guerre électronique et le calculateur de mission. Technologiquement ambitieuse car basée sur l'intégration d'équipements et systèmes de dernière génération, la première phase du programme a été conduite avec succès en France, conformément au calendrier initialement défini.

Bref, Dassault Aviation et ses partenaires ont mené jusqu'ici à bien ce "programme ambitieux" et ont démontré qu'ils avaient rempli l'ensemble de leurs engagements, y compris en termes de calendrier, et sans dérapage de coûts. Pour Eric Trappier, "répondre aux demandes des clients en termes de calendrier et de performance est un grand succès".

Le Mirage 2000, Un bon exemple du "Make in India"

Ce programme de modernisation permet également de répondre à la volonté de New Delhi d'obtenir des  transferts de technologies au profit de son industrie aéronautique indienne. Le Premier ministre indien Narendra Modi promeut depuis plusieurs mois sur tous les tons la stratégie du "Make in India" (fabriqué en Inde, ndlr), son leitmotiv sur le plan économique avec ses partenaires étrangers. Même s'il ne joue pas toujours le jeu. Le contrat prévoit que la modernisation des appareils suivants les deux premiers sera effectuée à Bangalore, en Inde, sous la responsabilité de HAL, le partenaire indien de Dassault Aviation dans le cadre du contrat Rafale également. Une opération qui est sous la responsabilité de HAL.

"Partenaires privilégiés des forces armées indiennes, nous avons développé une solide supply chain qui a largement contribué à assurer la réussite du programme de modernisation du Mirage 2000. Et nous sommes bien sûr prêts à poursuivre et renforcer ce travail d'équipe", a expliqué pour sa part le directeur général adjoint systèmes de mission de défense de Thales, Pierre-Eric Pommellet, qui a estimé que le Team Rafale (Dassault Aviation, Thales et Safran) a "déjà une infrastructure sur place". Ce qui a permis à Dassault Aviation et à ses partenaires de renforcer des partenariats et de découvrir de nouvelles sociétés privées en Inde, qui "montent en puissance", selon Eric Trappier. Notamment Axis, Avio, Centum, Rangsons, Samtel...

Un programme qui servira au Rafale

Bien que largement moins complexe que le contrat Rafale, le programme de modernisation des Mirage 2000H indien permet de démontrer aux autorités indiennes que le système mis en place par Dassault Aviation et ses partenaires fonctionne bien et répond à leurs attentes. Le contrat Rafale prévoit la fabrication de 18 appareils en France puis de 108 avions sous licence sur place, et implique des transferts de technologie en Inde. Pour les industriels, cela signifiait l'identification de partenaires indiens pour établir la chaine d'approvisionnement, ce qui a été précisément fait avec le contrat Mirage 2000.

"Nous savons transférer des savoir-faire en Inde, a fait valoir Eric Trappier lors d'une conférence de presse. Et le programme de modernisation est une belle preuve d'un transfert de technologies réussi". Concrètement, a précisé Pierre-Eric Pommellet, "un grand nombre de sous-ensemble sont fabriqué en Inde". Et d'ajouter que Dassault Aviation, Thales et Safran avait "permis à la supply chain française de se projeter en Inde afin de découvrir des partenaires indiens et de créer des entreprises communes". Ce qui est le cas pour un certain nombre d'entre elles.

Des équipes de Dassault Aviation et de Thales sont en Inde depuis mai 2014 pour aider HAL à moderniser les troisième et quatrième Mirage 2000 à Bangalore, qui devraient être livrés à l'IAF dans le courant du second semestre 2015, selon Dassault Aviation. HAL devra toutefois être "à terme autonome", a rappelé le PDG de l'avionneur. "Capable de recevoir ces technologies", selon lui, Le groupe public indien connait déjà bien le Mirage 2000, il effectue le support des appareils de l'IAF et a déjà réalisé une grande visite du Mirage 2000, a rappelé Eric Trappier. "L'Inde progresse", a-t-il fait observer.

Dans ce contexte, le contrat de modernisation du Mirage 2000 "pave le chemin pour un défi bien plus grand, le programme Rafale en Inde". La vente du Rafale sera l'occasion d'élargir encore un peu plus le réseau de partenaires indiens pour mener à bien le programme. Toute la supply chain a d'ailleurs en poche des protocoles d'accord pour la création d'entreprises communes en vue de transférer les licences et les technologies du Rafale si New Delhi signe enfin le contrat.

Et le Rafale?

Eric Trappier s'est réjouit que le Rafale réponde aux demandes de l'aviation militaire indienne et que les difficultés autour de la responsabilité industrielle des appareils fabriqués en Inde étaient réglés. "Vous pouvez imaginer ma satisfaction d'entendre de la part du chef d'état-major de l'armée de l'air indienne qu'il veut un avion éprouvé au combat, le Rafale", a-t-il expliqué. "Et de la part du patron de HAL que nous avions un accord sur le partage des responsabilités". Il a rappelé que Dassault Aviation avait accepté qu'un seul contrat couvre l'ensemble des aspects afin d'apporter les garanties nécessaires aux yeux du ministère indien de la Défense.

Le contrat est à présent "finalisé à 95%", a-t-il précisé, en indiquant que le travail actuel avec le ministère indien consiste à passer en revue l'ensemble des milliers de pages du contrat. "Je voudrais que l'on puisse aller vite (mais) c'est un énorme contrat. Comme je l'ai déjà dit, je préfère que nous prenions du temps maintenant (...) plutôt que d'avoir des problèmes plus tard", a-t-il expliqué. Dassault Aviation est en négociation exclusive avec New Delhi depuis janvier 2012 avec l'Inde pour la vente des 126 Rafale.

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Commentaires
a écrit le 28/03/2015 à 13:42 :
Il y a une certitude Mr Dassault honneurs les contracts conclut, il fait les transféres de technologie comme il s'y est engager, pas plus pas moins, nos ami anglo-saxon on des leçon a prendre.... Ensuite cette entreprise fait particulièrement attention à ne pas perdre ses seçret technologique, il y a il est sur des leçon pour aire bus..... Dieu merci il y a encore des entreprises qui fonctionne correctement dans notre pays....
Réponse de le 02/04/2015 à 11:11 :
Si Dassault avait les mains un peu moins liées par l'Etat français,il y a belle lurette
que le groupe aurait "damé le pion" aux Américains et autres concurrents d'arme
ments dans le monde...En sera-t-il ainsi pour l'équipement de centrales nucléaires
en Inde...ou du développement des filières de production d'énergie électrique autres
que nucléaires?
Réponse de le 02/04/2015 à 15:38 :
C'est du français langue étrangère que vous pratiquez ? Au moins nos amis anglo saxons n'ont pas de leçons d'orthographe et de langue à prendre de vous.
Réponse de le 10/04/2015 à 11:29 :
Pardon mais je ne vois pas en quoi Stoppeur ne parle pas français....
a écrit le 28/03/2015 à 10:02 :
Au moins chez Dassault, on a l'impression qu'ils surveillent un peu mieux le contenu des contrats et des responsabilités respectives que chez Areva au temps de Atomic Anne
a écrit le 27/03/2015 à 14:25 :
Et les 2000 Taiwanais.
Pourraient ils bénéficier aussi d'une mise à jour via les Indiens ?
Réponse de le 27/03/2015 à 19:46 :
C'est possible.si l'Inde cherche à s'affronter avec la Grande Chine !
a écrit le 27/03/2015 à 13:43 :
Contrat finalisé à 95%? Ne vendons pas la peau de l'ours
Réponse de le 27/03/2015 à 16:17 :
Il s'acharne sur son "Rafale indien" ce bon M. Cabirol, il oublie cependant que New Delhi a les yeux rivés sur les chasseurs russes de 5e génération PAK-FA (T-50) qui seront produits en série déjà en 2016. Faut pas rêver…
Réponse de le 27/03/2015 à 17:28 :
@jet privé : rien à voir entre le projet d'acquisition du Rafale et le développement du chasseur russo-indien en partenariat. C'est vrai faut pas rêver... Vous êtes anglais, américain ou russe ? Ou Français adepte du french bashing?
Réponse de le 29/03/2015 à 7:56 :
Le T50, tout comme le F35, ne sera certainement pas capable de remplir toutes les missions du Rafale. Ce dernier est capable de remplir toutes les missions, notamment celles de défense anti-aérienne, avec une seule varainte. F35 comme T50 embarquent des missiles dans des soutes afin de gagner en furtivité. Mais missiles en soute et réactivité ne font pas bon ménage, missiles air-air en soute, bof. Le nombre de missiles anti-aériens avec des accroches extérieures sera limité. Déconseillé à un F35 de sortir sans gardes du corps. Pour l'instant le programme du T50 est encore trop flou pour estimer quelles seront vraiment ses caractéristiques et capacités finales. Attendons donc de voir s'il tient toutes ses promesses........................................
Réponse de le 02/04/2015 à 11:55 :
L'Inde n'a-t-elle pas envisagé de construire 2 porte-avions sous "licence" françai
se?Si les Mirages 2000 n'y seront jamais embarqués,les Rafale Marine,oui...Et à
raison de 50 appareils/navire,ça promet une belle collaboration avec la France,en
attendant qu'Airbus Industries(filière drônes-missiles)suive...pour développer l'A
400M,par exemple + les ravitailleurs en vol...Dans la foulée,il pourrait être créé un
pôle de création de sécurité,de protection des données numériques,notamment pour tout l'armement embarqué...Pour le moment,on n'y est pas encore...Mais je
ne vois pas pourquoi les contrats d'armement avec l'Inde ne feraient pas tache
d'huile,soucieuse qu'est l'Inde de pouvoir équilibrer ses forces avec une Chine
résolument ambitieuse dans sa conquête économique de la planète et les incer
titudes qu'elle induit.....
a écrit le 27/03/2015 à 12:25 :
D'après certains sites aéronautiques US, les Mirage 2000 de l'IAF ont un taux de disponibilité très faible compte-tenu de l'absence de crédits pour l'acquisition de pièces détachées et de la cannibalisation qui en découle...
Réponse de le 27/03/2015 à 17:30 :
D'après les communiqués du minstère de la défense indien, les avions russes se crashent beaucoup plus que les Mirage 2000.
Réponse de le 27/03/2015 à 18:03 :
Un avion qui vole moins crash moins. Et puis le niveau des pilotes y est un peut pour quelque chose...
Réponse de le 28/03/2015 à 13:52 :
Ces 5 dernières années, les indiens ont perdu 3 Mirage 2000 sur 52 et 20 Mig 21 sur 280. Soit un taux d'attrition de 1.2% et 1.4% par an.
a écrit le 27/03/2015 à 9:09 :
Le transfert de technologie chagrine, mais je pense que c'est indispensable et une occasion non galvaudée pour le faire.
L'Inde sera le pays le plus peuplé au monde avant longtemps, renouveler une association étroite ne peut être que positif pour tous nos exportateurs. C'est une économie qui monte et qui forme un nombre d'ingénieurs incroyables, nous aurons aussi de bons retours à travailler avec eux tôt ou tard.
Vu les relations avec leurs voisins (Chine, Pakistan) et qu ils ont une politique de non aligné depuis longtemps, c'est un marché énorme ne serait ce que pour l industrie de la défense (peut être demain des navires, on a l'air bon aussi...).
Même si elle reste compliquée, c'est aussi la plus grande démocratie du monde, ça nous change de nos clients habituels...Enfin symboliquement, le contrat est énormissime!
Alors je préfère faire confiance aux négociateurs pour négocier malgré tout serré, mais si des transferts sont nécessaires, il faut les faire et pas cracher dans la soupe.
Réponse de le 27/03/2015 à 9:54 :
Le transfert de technologie ne pose aucun problème.

Ce qui compte c'est de garder une avance sur le flux de l'innovation et donc d'avoir des perspectives technologiques.

Ce qui compte ce n'est pas la technologie actuelle ou passée mais d'avoir su créer cette technologie et les suivantes.

Transférer une technologie sur place ne permet que de donner une illusion de bonne recherche.

L'avenir de l'industrie française n'est plus le Rafale F3 mais le F4 F5 Fx, le Neuron et le successeur du Rafale à moyen terme.
Réponse de le 27/03/2015 à 19:50 :
+++
a écrit le 27/03/2015 à 8:18 :
Est-il judicieux de transférer clés en main notre technologie? Juste pour un contrat?
Réponse de le 27/03/2015 à 11:36 :
Si ce n'est pas nous ca sera les anglais, les US, les russes ou les chinois.
Et généralement on ne transfère pas sans avoir un temps d'avance sur la technologie transmise.
Réponse de le 27/03/2015 à 18:02 :
L'argent gagné sur ce contrat et ce transfert financera la recherche de pointe en France. Le Rafale a un créneau historique pour tous les marchés jusqu'à 2025. Le F-35 a du retard et très mauvaise presse et les tensions montent partout dans le monde. Le besoin actuel, c'est un avion combat-proven et tout de suite.
Réponse de le 31/03/2015 à 20:50 :
L'argent gagné financera juste les actionnaires. c'est une société privée.
Réponse de le 01/04/2015 à 23:43 :
vs préféreriez qu'il finance le RSA, ?

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