Proglio renonce à Thales, après les pressions de Bercy

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À un moment, je dis : ça suffit !, a expliqué Henri Proglio au Monde.
"À un moment, je dis : ça suffit !", a expliqué Henri Proglio au Monde. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Rappelé à l'ordre par Bercy, qui lui a demandé de rompre ses liens avec Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique, Henri Proglio a préféré renoncer à la présidence du conseil d'administration du groupe d'électronique et de défense.

Henri Proglio en a "assez du soupçon, de l'humiliation". Dans un entretien accordé au Monde mardi 12 mai, celui qui devait être nommé mercredi président du conseil d'administration du groupe d'électronique et de défense Thales annonce qu'il n'est "pas candidat à ce poste".

"Je pensais l'affaire entendue puisque l'Etat avait réitéré à trois reprises son accord, par la voix de François Hollande [le président de la République], de Manuel Valls [le Premier ministre] et de Jean-Yves Le Drian [le ministre de la Défense]. Or, je suis sali depuis des semaines par une campagne alimentée par Bercy. À un moment, je dis : ça suffit !", explique-t-il au quotidien.

Rappelé à l'ordre par Bercy

La semaine passée, Le Monde avait révélé que le ministère de l'Économie avait demandé à l'ancien dirigeant d'EDF de rompre ses liens avec Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique.

Bercy invoquerait "une question de principe pour éviter de possibles conflits d'intérêts", rapporte l'agence. L'ancien dirigeant exécutif d'EDF, recevrait une rémunération "même indirectement", de la part de cette agence, écrivait le quotidien qui cite l'entourage d'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie. Henri Proglio siège au conseil d'administration de deux sociétés liées à Rosatom, Akkuyu Nuclear JSC et Fennovoima Ltd.

Un avocat d'Henri Proglio aurait adressé une note à Bercy et à l'Elysée dans laquelle il indique que les deux sociétés en question ont été créées pour des projets de centrales nucléaire en Finlande et en Turquie, et "ne portent pas sur des points stratégiques susceptibles d'influencer [ses] prises de décision au sein du groupe Thales", précise Reuters.

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Commentaires
a écrit le 12/05/2015 à 16:05 :
Mal bien francais. Nos entreprises sont dirigees par des politiques et Proglio en est l'exemple parfait. Ensuite qd une decision politique va dans leur sens, c'est en raison de leur qualite de dirigeant d'entreprise, qd c'est l'inverse il s'agit d'une intervention d'un etat omnipresent. En clair on nous prend pour des gogos, alors bonne retraite a M. proglio qui devrait aller passer sa retraite dans un paradis....
a écrit le 12/05/2015 à 14:35 :
En même temps est ce vraiment une mauvaise nouvelle pour Thales. Après sont départ de Vinci son successeur à du faire le ménage. Enfin on n e doit pas oublier les liens qu'il entretient aussi avec une banque russe proche du pouvoir. Si je comprend bien il préfère garder ses postes en Russie plutôt que prendre en main le destin d'un grande entreprise Française C'est bien symptomatique de la dérive de certain grand patron Français l'argent le pouvoir d'abord le sens des responsabilité après. L'affaire de la retraite des Mr Varin en est un autre exemple. Et ensuite on explique au salarié qu'il faut faire des efforts. Comment voulez vous que cela soit acceptable.
a écrit le 12/05/2015 à 13:57 :
65 ans, waouh encore un poste bien payé pour être planqué. S'il était si bon les entreprises dans le monde le voudrait tous. Qu'il nous dit s'il est payé pour ce poste avec les russes. Ce n'est pas du tout être anti-russe. Le pauvre petit malheureux, je n arrive pas à le plaindre
a écrit le 12/05/2015 à 12:43 :
Ben voyons, il refuse le poste parce qu'il est outré ?
Ou parce qu'il a trop à perdre si il quitte ses postes d’administrateurs dont on sait bien que c'est un système dirigés par ces oligarques richissimes qui contrôlent le monde avec leurs conseils d'administration ?
a écrit le 12/05/2015 à 12:05 :
mais qui dirige la France ? L'Elysée, Matignon ou Bercy, devenu un état dans l'état !
a écrit le 12/05/2015 à 11:30 :
Cela fait un peu désordre....
a écrit le 12/05/2015 à 11:10 :
Le pouvoir sait organiser des cabales et salir les gens qui ne lui plaisent pas. Avec la loi sur l'espionnage total des citoyens, on va sûrement vers une société de la terreur et de la suspicion. Le socialisme mène au totalitarisme et en France cela se fait de manière sournoise. On entre dans la misère totale. Quand les taux vont grimper, l'état confisquera et frappera dur. Vive la France !
a écrit le 12/05/2015 à 11:08 :
Pas une grande perte. Proglio n a jamais dirigee de societe d lectronique ni de defense et doit tout a ses relations politiques.
Des mafieux corses avides dans son genre, on en a pas besoin ...
a écrit le 12/05/2015 à 11:06 :
Bercy et Macron se ridiculise une fois de plus en voulant imposer le repli franco-français, dans un monde commercial globalisé. La France devient un ghetto de pauvres xénophobes.
a écrit le 12/05/2015 à 10:15 :
Curieux, ce monsieur cumulard, qui veut toujours gagner plus; me fait penser à Salvador Dali qu'on appelait aussi "Avidadollar".
a écrit le 12/05/2015 à 10:08 :
Il n'est pas le premier à manger à de trop nombreux râteliers. Qu'il y ait de possibles conflits d'intérêts dans le domaine de la lessive ou des crèmes glacées, pourquoi pas, mais Thales est une société fournissant entre autres les Radar du Rafale. Il n'avait donc pas d'autres solutions s'il voulait garder ses jetons de présence.

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