En ordre de marche. La nouvelle ministre des Armées commence sur une note très positive à l'export en posant la première pierre d'une coopération stratégique entre la France et la Belgique. Florence Parly et son homologue belge Steven Vandeput ont ainsi signé jeudi à Bruxelles une déclaration d'intention portant sur la coopération entre les deux pays dans le domaine de la mobilité terrestre. Le ministre de la Défense belge a souligné qu'après des recherches préliminaires auprès de pays de l'OTAN, "seule la France" pouvait "nous offrir un partenariat qui répond aux exigences de la vision stratégique" de la Belgique.
La Belgique souhaite acheter "pour 1,1 milliard d'euros 60 nouveaux véhicules de combat médians du type Jaguar et 417 véhicules de combat légers du type Griffon", a affirmé le ministre de la défense belge. Cet investissement est "le plus important de la vision stratégique pour la composante terrestre belge", a-t-il rappelé à Florence Parly. La Belgique veut également coopérer dans le domaine du soutien : formation, appui logistique et maintenance, entraînement, gestion de configuration - avec des modernisations (upgrades) communes. Très clairement, la Belgique souhaite partager en matière de mobilité terrestre une même doctrine.
La balle est désormais dans le camp de la France. Steven Vandeput attend maintenant les propositions française "avec impatience" et "pour pousser notre coopération un peu plus loin" que la déclaration d'intention de ce jour, a-t-il précisé. Selon un communiqué du ministère de la Défense français, "cette signature ouvre des perspectives de coopération entre la France et la Belgique sur un large spectre s'articulant autour des véhicules blindés : acquisition de matériels, recherche et développement, coopération opérationnelle, formation, entraînement et maintenance".
La Direction générale de l'armement (DGA) et la Direction générale matériels et ressources belge (DGMR), en coopération avec les états-majors respectifs, vont piloter ce travail de partenariat conduisant à l'élaboration d'un accord intergouvernemental courant 2018. En faisant confiance au programme Scorpion, la Belgique a également adhéré au concept opérationnel du Groupement tactique interarmes (GTIA) français. "Cette décision démontre la grande proximité stratégique et opérationnelle des deux pays", a estimé le ministère de la Défense.
Pour le ministre belge, cette coopération est "un magnifique exemple d'une défense européenne qui se développe à partir d'une coopération bottom-up". Pour le ministère français, "c'est un exemple symbolique de projets concrets entre deux États membres: un partenariat bilatéral pragmatique et efficace qui contribuera à faire avancer l'Europe de la Défense". Pour construire l'Europe de la Défense, pourquoi ne pas être simplement pragmatique en réalisant une harmonisation des besoins capacitaires des principales armées européennes et des calendriers? s'interrogeait déjà La Tribune en mai 2015. La Belgique a fait le premier pas qui compte et.. coûte.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
Et si elle poursuivait cette démarche en matière d'aviation de combat où il existe trois avions... européens. C'est moins sûr car elle lorgne avec beaucoup d'insistance l'avion américain F-35 (Lockheed Martin). Un appel d'offres a été lancé en mars dernier et cinq avions de combat sont évalués : F-18 (Boeing), F-35, Eurofighter (BAE Systems, Airbus et Leonardo), Gripen (Saab) et le Rafale (Dassault Aviation). Steven Vandeput a rappelé lors de la cérémonie de signature de la déclaration d'intention, que son "pays est petit mais bien ambitieux" grâce à la signature de partenariats avec d'autres pays. "Tout comme pour le remplacement de nos F-16, nous voulons aussi conclure, pour ce remplacement, un partenariat international", a-t-il expliqué. Pourvu que ce soit avec un partenaire européen...
GravitHy : derrière l’investissement de l’américain Ecolab, la problématique de l’enjeu hydrique
Farine d'insectes : Innovafeed lève 51 millions d'euros mais supprime 60 postes
Nucléaire : une nouvelle chaire industrielle pour mieux estimer la durée de vie des centrales
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France