Surveillance spatiale : la France modernise le système Graves... a minima

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Seuls les Américains et les Russes disposaient d'un système de veille spatiale opérationnel avant la mise en service de Graves en 2005.
Seuls les Américains et les Russes disposaient d'un système de veille spatiale opérationnel avant la mise en service de Graves en 2005. (Crédits : DR)
La notification du contrat de modernisation du système de surveillance de l'espace Graves est imminente. Un enjeu crucial pour la France qui peut ainsi suivre dans l'espace les satellites espions.

C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. La notification du contrat de modernisation du système de surveillance de l'espace Graves, par la direction générale de l'armement (DGA) au profit de l'ONERA est imminente, selon des sources concordantes. Ce n'est plus qu'une question désormais de quelques jours, le contrat étant actuellement dans les tuyaux administratifs. Cette notification est bien sûr très attendue tant ce système est stratégiquement clé pour la France, qui grâce à Graves (Grand Réseau Adapté à VEille Spatiale) peut suivre dans l'espace les satellites espions qui la survolent.

Contrairement aux préconisations de la DGA, cette opération de modernisation du système se fait malheureusement à minima. D'où un contrat relativement modeste évalué entre 20 et 30 millions d'euros dont une partie pourrait être financée par l'Europe. "Plus on avance dans le temps, plus on aura besoin de ces systèmes, explique-t-on au sein des armées. Mais ce qui nous manque aujourd'hui, c'est l'argent". Interrogé par La Tribune, le centre français de recherche aérospatiales, l'ONERA, "n'a pas de commentaire quant au périmètre de ce contrat dont le processus de notification n'est d'ailleurs pour l'heure pas encore finalisé".

Un manque de vision?

Le ministère de la Défense, qui a manqué de vision sur ce dossier, passe à côté d'un système beaucoup plus performant et surtout, d'un outil de puissance spatiale incroyable... alors même que l'espace va progressivement devenir un champ de bataille entre puissances spatiales ennemies et même alliées pour des raisons d'espionnage. Pourtant en 2012, 2013 et 2015, des engins spatiaux se sont approchés de satellites militaires français et sont restés à leur contact pendant une période relativement longue.

Avec un peu plus d'ambition, la France aurait pu disposer d'un système de veille spatiale plus puissant, notamment en augmentant les performances de son calculateur. Le système Graves aurait pu détecter des objets plus petits. Mais l'opération de modernisation ne traitera finalement que les obsolescences du système pour qu'il puisse être opérationnel jusqu'en 2020-2025.

"La France a été le troisième pays au monde, après les Américains et les Russes, à se doter d'un tel système, avait expliqué en juin 2015 dans une interview accordée à la Tribune le PDG de l'ONERA, Bruno Sainjon. L'Onera a conçu Graves, a piloté sa réalisation et l'a transféré à l'armée de l'air en 2005. Ce programme a notamment permis des échanges de données avec les États-Unis. Et, en avril 2015, cette coopération s'est renforcée, les deux ministères de la Défense voulant désormais échanger des informations classifiées.

Un outil de puissance

Plus de 12.000 satellites artificiels et objets divers, dont la taille est supérieure à dix centimètres, orbitent autour de la Terre. Jusqu'en 2005, seuls Américains et Russes disposaient d'un système de veille spatiale opérationnel. En France, la mise en service du système Graves a permis de développer une mission de surveillance des satellites en orbite basse (d'altitude inférieure à 1.000 km). La France est ainsi entrée dans le club très fermé des puissances spatiales dotées de capacités autonomes de surveillance de l'espace.

Développé sous contrat de la DGA, le système Graves est constitué d'un radar spécifique associé à un système de traitement automatisé qui permet la création et le maintien à jour d'une base de données des paramètres orbitaux des satellites qu'il détecte. Fruit de la collaboration des spécialistes des départements Électromagnétisme et radar (DEMR) et Conception et évaluation des performances des systèmes (DCPS) de l'ONERA, le radar du système Graves a été spécifiquement conçu pour la surveillance de l'espace.

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Commentaires
a écrit le 27/09/2016 à 17:43 :
A minima vraiment minima et dérisoira et médiocrita
a écrit le 27/09/2016 à 13:35 :
Est que c'est à mettre en parallèle avec le système d'écoute spatiale CERES??? Car on sait que ce type de matériel prédispose à une posture politique de grande puissance. Seuls les États Unis, la Russie et peut être la Chine (cela reste 1 secret bien gardé) en disposent, la France fermant le ban.

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