Hermès mettra en place son arme anti-LVMH avant Noël

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Hermès a révisé en hausse sa prévision de croissance pour l'ensemble de 2011. Le groupe subit en revanche un net ralentissement de ses ventes en France. En outre, Hermès va constituer sa holding pour contrer les appétits de LVMH "avant Noël"

Le sellier de la rue du Faubourg Saint-Honoré, dans lequel LVMH a pris une participation de 21% a vu au troisième trimestre son chiffre d'affaires atteindre 638,2 millions d'euros affichant une progression de 16%. A taux de changes constants, la croissance a atteint 18,2%, sur une base de comparaison déjà très élevée (+20% il y a un an).

Les analystes interrogés par Reuters tablaient en moyenne sur des ventes de 674 millions d'euros et sur une croissance organique de 17%.

De janvier à septembre, les ventes s'élèvent à 1,99 milliard d'euros, en hausse de 19,5% sur un an (+20,2% à taux de change constant).

Sur l'ensemble de l'année, le groupe table maintenant sur une progression de son chiffre d'affaires annuel comprise entre 15% et 16% à taux de change constants, contre 12% à 14% anticipés auparavant. Cette révision était largement attendue par le marché, après les très bons chiffres publiés jusqu'ici par tous les grands acteurs du secteur, LVMH , Burberry ou PPR , et la croissance organique de 22% déjà engrangée par Hermès au premier semestre.

"Le nouvel objectif ne semble pas très ambitieux", souligne Eva Quiroga, analyste d'UBS.

Le groupe a également dit tabler sur une marge opérationnelle courante 2011 légèrement supérieure à celle de 2010, qui avait atteint un niveau historique de 27,8%.

L'Asie reste moteur...... et la France pique du nez

Comme ses concurrents, Hermès profite d'une demande qui reste explosive dans les pays d'Asie hors Japon et demeure très vigoureuse aux Etats-Unis. La croissance des ventes atteint 34% à taux constants en Asie hors Japon et 22% aux Etats-Unis. Au Japon, qui reste le premier marché du groupe, juste devant la France, les ventes ont repris le chemin d'une modeste progression (+3,2%).

Dans l'Hexagone en ervanche, les ventes ont très fortement décéléré à 5,4%, après une hausse de 21% au premier semestre, alors qu'elles sont restées très vigoureuses dans le reste de l'Europe (+20%).

Problèmes de capacités dans la division cuir-maroquinerie ?

Le fabricant des sacs Kelly ou des célèbres "carrés" de soie précise dans un communiqué que son objectif de croissance annuelle est "fortement conditionné à sa capacité répondre à l'accélération de la demande en prévision des fêtes de fin d'année". Hermès se heurte en effet à des problèmes de capacités, surtout dans sa division cuir-maroquinerie, dont la croissance des ventes décélère faute d'offre suffisante.

Principal centre de profit du groupe, la maroquinerie a ainsi vu la hausse de ses ventes se tasser à 10,3% (à taux constants) au 3e trimestre, après des hausses de 12,6% au deuxième et de 17% au premier.

En juillet, Patrick Thomas, gérant du groupe, avait déclaré à Reuters qu'Hermès avait largement puisé dans ses stocks et que ses capacités de production seraient augmentées avec la construction d'une nouvelle maroquinerie prévue fin 2012.

Son arme anti-LVMH

 

La famille Hermès, à couteaux tirés avec le groupe LVMH, qui a abruptement fait son entrée dans le capital du sellier il y a un an, va constituer sa holding pour contrer les appétits du géant du luxe "avant Noël", a indiqué aujourd'hui à l'AFP le patron d'Hermès, Patrick Thomas.

 

Cette holding, qui devrait regrouper au moins 51% du capital détenu par les héritiers du fondateur Thierry Hermès, "est en cours de création", a déclaré Patrick Thomas, le gérant d'Hermès à l'AFP. "Elle sera finie avant Noël", a-t-il répété.

Interrogé sur la main tendue du patron de LVMH, Bernard Arnault, Patrick Thomas a répondu que ce dernier n'avait jamais cherché, pour l'instant, à établir un contact avec la famille Hermès. "Il n'y a pas de contact avec lui, pas de discussion. LVMH ne nous a jamais contactés", a-t-il poursuivi.

Quant aux tensions familiales qui auraient retardé la création de la holding, Patrick Thomas les balaie, dénonçant une "rumeur". "C'est une rumeur entretenue par des gens qui ont intérêt à la développer", a fustigé le patron du groupe familial, sans préciser sa pensée. "Les trois branches de la famille (Dumas, Guerrand et Puech) ont toujours montré leur unité et les événements survenus depuis des mois les ont soudées. Même Nicolas Puech (premier actionnaire individuel au sein de la famille, ndlr) n'a pas l'intention de se dissocier", a-t-il dit.

La famille Hermès détient 72% du capital de la vénérable maison, LVMH 21,4% et le flottant (les actions en circulation en Bourse) moins de 7%.

 

 

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Commentaires
a écrit le 04/11/2011 à 14:13 :
Pouvez vous nous dire si ces 2 boites font tout fabriquer en Chine et vendent ensuite dans le monde ? Si tel est le cas , comment voulez vous que nos savoirs puissent etre entretenus , renouvelés ;apres cela ,on viendra parler chomage !
Réponse de le 06/11/2011 à 15:21 :
Quelle question!!! La capitalisme cherche toujours le meilleur prix; en Chine ou ailleurs!!
Réponse de le 17/11/2011 à 23:23 :
Hermès ne fait pas produire en Chine, la production de tous les articles de soie se fait en France, plus précisément à Pierre-Bénite, à coté de Lyon. les éléments de cuirs se font à Paris principalement.
Contrairement a beaucoup d'autres maisons (notamment celle de LVMH) Hermès qui vend très cher ses produits ne font pas une marge à tout cassé aux autres maisons. Le dirigeant faisait valoir que lorsque LVMH vendait un sac 10 a 20 fois plus cher que le prix de revient, Hermes ne les vendait même pas 2 fois le prix de revient. parfois 0,5 même pour certains grands sacs.
voilà une des grandes raisons pour lesquelles lvmh n'a rien a faire dans le capital d'une telle maison...

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