Les fruits exotiques s'invitent sur les tables de Noël

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Avec près de 500.000 tonnes importées, la banane tire l'ensemble de la filière, tandis que nombre de produits restent encore méconnus.

Peu de consommateurs français sauraient par quel bout prendre un ramboutan (le "litchi chevelu"), un pitaya (le "fruit du dragon") ou un physalis (répondant au doux nom d'"amour en cage"). Sans compter que nombre d'entre eux se sent, devant une noix de coco à ouvrir, comme une poule devant un couteau. "La filière souffre d'un manque de communication sur ses produits", regrette Jean-Luc Maury, importateur de fruits exotiques à Rungis (société Capexo, 33 millions de chiffre d'affaires).

Certains de ces fruits restent ainsi confidentiels tandis que d'autres ont un réel poids économique. "Par an, j'importe 10.000 colis d'ananas et 2 de noix de Kola [à l'origine d'une célèbre boisson inventée en 1886 par un pharmacien américain, Ndlr]", s'amuse le gérant de Capexo. Sur les trois fruits préférés de Français - la pomme, la banane et l'orange -, deux sont tout de même produits hors de l'Hexagone. Ce goût pour les saveurs exotiques s'exprime encore plus en hiver, quand mangues, litchis, fruits de la passion et grenades s'invitent au menu des repas de fêtes. "Je réalise 20% de mon chiffre d'affaires à la période de Noël", confirme Jean-Luc Maury.

"La France importe 852.000 tonnes par an de fruits exotiques (moyenne annuelle entre 2006 et 2008, hors agrumes)", souligne Matthieu Serrurier, du CTIFL, le Centre technique interprofessionnel de fruits et légumes. La banane, dont il est dit en Inde qu'elle a été offerte par Eve à Adam à la place de la pomme, est le produit phare de la filière. Les Français en consomment 8kg par an en moyenne, juste après la pomme justement (12 à 13kg). Elle est le premier fruit importé (500.000 tonnes environ en 2010), essentiellement de Côte d'Ivoire et du Cameroun, auxquelles s'ajoutent environ 250.000 tonnes venues de Martinique et de Guadeloupe. "La France se caractérise par un faible niveau d'import de 'bananes dollars' (Equateur, Colombie, Costa Rica, Ndlr)", rappelle Matthieu Serrurier, et par une activité de réexportation importante, avec près de 300.000 tonnes en 2010 revendues à des pays européens voisins.

Les ménages sont également friands de kiwis (1,3 kg consommé par an), d'ananas (1 kg) ou de manges (300 grammes). "La demande de fruits exotiques existe, même si sa progression n'est pas palpable, assure Jean-Luc Maury. C'est un marché insuffisamment développé, mais qui offre du rêve." La question est de savoir si le prix, souvent plus élevé, de ces produits n'est pas dissuasif. Le prix du panier moyen de la ménagère a augmenté de 3,71% sur un an, a rappelé dernièrement une étude de Prixing. "Nous vendons à toutes les moyennes et grandes surfaces, ce qui inclut les chaînes discount, assure Jean-Luc Maury. Il y a eu de plus un changement de cap de la grande distribution, qui a clairement investit la niche." Le parfait aux spéculoos avec pitaya aurait-il donc de beaux jours devant lui ?

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Commentaires
a écrit le 26/12/2011 à 19:16 :
On entend pas EVA ni Cécile !Aiment-elles aussi , les fruits exotiques ?

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