Crise agricole : le prix du lait a encore baissé, de 8% en un an

 |   |  357  mots
La filière de lait biologique française résiste quant à elle mieux à la crise, soutenue notamment par une auto-régulation de ses producteurs.
La filière de lait biologique française résiste quant à elle mieux à la crise, soutenue notamment par une auto-régulation de ses producteurs. (Crédits : © Stephane Mahe / Reuters)
Les difficultés se confirment pour les éleveurs. Le prix du lait est passé sous la barre des 29 centimes d'euros le litre début 2016, soit un recul d'environ 8% par rapport à l'année précédente.

Des chiffres qui ne devraient pas apaiser les agriculteurs. Le prix du lait de vache payé aux éleveurs a chuté de 8% en janvier par rapport à un an plus tôt, tandis que la production a augmenté de 1,6%, selon Agreste, le bulletin statistique du ministère de l'Agriculture, publié lundi.

A 288 euros les 1.000 litres en janvier 2016 (soit moins de 29 centimes le litre), le prix du lait standard a baissé de 10 euros les 1.000 litres par rapport à décembre 2015 et ressort en recul de près de 26 euros par rapport au mois de janvier 2015, soit une baisse d'environ 8% en un an.

Une baisse des prix alors que les volumes continuent d'augmenter, encouragés par la fin des quotas. La collecte de lait de vache a atteint les 20,5 milliards de litres cumulés depuis le début de la campagne 2015/2016, en hausse de 1,2% par rapport à la campagne précédente.

Lire aussiLevée des quotas laitiers : des agriculteurs s'inquiètent, Euronext s'en réjouit

Et la profonde crise qu'engendre cette surproduction depuis fin mars 2015 pour les producteurs français ne devrait pas prendre fin dans l'immédiat :

"D'après les prévisions hebdomadaires de FranceAgriMer, elle devrait se stabiliser en février 2016 par rapport à février 2015", souligne Agreste. "La plupart des fabrications de produits laitiers sont orientées à la baisse par rapport à janvier 2015", ajoute le bulletin statistique.

Les pays du Nord en tête

Agreste rappelle que la collecte laitière européenne est toujours très dynamique dans les pays du nord où les conditions climatiques ont été très clémentes durant cet hiver.

"Libérés de toutes contraintes liées aux quotas, les éleveurs ont accéléré leur production. Ainsi, en janvier 2016, la collecte de l'Allemagne aurait progressé de 4%, celle de la Pologne de 8% et surtout celle des Pays-Bas serait en hausse de 16% par rapport à janvier 2015", rapporte le bulletin.

La filière de lait biologique française résiste quant à elle mieux à la crise, soutenue notamment par une auto-régulation de ses producteurs et une demande soutenue. Le prix payé à l'éleveur avoisinait l'an passé les 450 euros la tonne de lait, contre 288 euros en conventionnel.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/08/2016 à 13:11 :
Nous en tant que simples consommateurs voudrions bien acheter les produits a un prix qui permet de faire vivre les agriculteurs, mais nous n'avons aucune information sur se sujet. Quelqu'un peut il nous orienter ???
a écrit le 22/03/2016 à 17:58 :
@ BONJOUR ! ben ou est passé mon commentaire concernant la baisse du prix de vente du lait qu'ai je dit ?
a écrit le 21/03/2016 à 23:44 :
@BONSOIR ! A QUI LA FAUTE ? A HOLLANDE et son stupide embargo sur les bateaux russes je crois que M. HOLLANDE pensait que le camarade POUTINE ALLAIT RESTER SANS REACTION TERRORISE PAR HOLLANDE ! M. HOLLANDE a préféré défendre les intérêts stratégiques américain (la main mise sur le port SEBASTOPOL) pour leur flotte en mer noire AU DETRIMENT DES INTERËTS ECONOMIQES DE LA FRANCE combien exploitations agricoles ruinées à cause d'HOLLANDE ?
Réponse de le 22/03/2016 à 11:40 :
Je suis d'accord avec vous. Cependant, le texte précise que la production des pays du Nord (Pays Bas, Pologne et Allemagne) s'est nettement accrue depuis la fin des quotas. Plus de vaches, plus de lait. Donc, même si le marché russe existait encore, cette hausse des volumes laitiers nordiques aurait fait chuter (dans une moindre mesure) le prix du lait aux éleveurs. Il aurait fallu "geler" les subventions par pays au regard des productions précédentes, afin de conserver un équilibre qui n'est plus. Gérer, c'est prévoir, dit on. Une règle qui s'applique de moins en moins.
a écrit le 21/03/2016 à 17:50 :
Voici donc le résultat de la dérégulation en matière agricole et dans ce secteur : une surproduction manifeste, sa résultante : des prix d'achat encore plus bas, des usines comme Danone par ex qui font des achats à prix cassés mais lèsent l'agriculteur (qui ne s'en sort plus) et le consommateur (les prix à la caisse ne baissent pas). Peut être faudrait il revenir à l'époque des quotas et des prix garantis. Mais les pays du Nord mettront leur veto. Une pensée à tous nos agriculteurs qui se lèvent tôt le matin et n'arrivent pas à boucler leur fins de mois. Modestement, j'achète directement mes fromages, mes légumes et mes viandes chez deux paysans du coin qui font de la vente directe. Mais tout le monde n'a pas cette chance. Cette politique agricole n'a plus de sens.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :