Europol démantèle un vaste trafic de viande de cheval

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La première affaire de trafic de viande de cheval, qui avait démarré au Royaume-Uni début 2013, avait mis en lumière la complexité et l'opacité des circuits d'approvisionnement et de transformation. Plusieurs grandes marques de surgelés avaient été touchées, dans un contexte de tromperie massive portant sur 750 tonnes de viande écoulée dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés, avait révélé à l'époque l'autorité française antifraudes (DGCCRF).
La première affaire de trafic de viande de cheval, qui avait démarré au Royaume-Uni début 2013, avait mis en lumière la complexité et l'opacité des circuits d'approvisionnement et de transformation. Plusieurs grandes marques de surgelés avaient été touchées, dans un contexte de tromperie massive portant sur 750 tonnes de viande écoulée dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés, avait révélé à l'époque l'autorité française antifraudes (DGCCRF). (Crédits : Reuters)
"Vaste" est le bon qualificatif : à la suite du scandale des lasagnes à la viande de cheval, Europol a mené une enquête d'un an, débutée en Espagne et qui l'a conduit à mener des opérations coordonnées dans 7 autres pays (Belgique, France, Roumanie, Portugal, Italie, Suisse, Royaume-Uni). Bilan: 65 personnes arrêtées et poursuivies pour des délits tels que maltraitance animale, production de faux, des atteintes à la santé publique, blanchiment d'argent, association de malfaiteurs...

L'Office européen de police criminelle (European Police Office, ou Europol) a démantelé, hier dimanche 16 juillet, un vaste trafic de viande de cheval en Europe. Le trafic a d'abord été repéré en Espagne mais l'investigation a révélé des ramifications dans huit pays européens, dont la Belgique où le cerveau du réseau a été arrêté.

Pour mémoire, le 6 juillet dernier, la presse britannique relatait l'arrestation d'un homme d'affaires, Andronicos Sideras, 55 ans, accusé d'avoir mélangé quelque 30 tonnes de viande de cheval impropre à la consommation humaine dans ses plats au boeuf qui étaient ensuite étiquetés "100% pur boeuf" et distribués dans les plus grandes enseignes telles que Tesco.

Dans le cadre de cette enquête d'Europol, "65 personnes ont été arrêtées et poursuivies pour des délits tels que la maltraitance animale, la production de faux, des atteintes à la santé publique, le blanchiment d'argent et l'appartenance à une association de malfaiteurs (...)", précise un communiqué d'Europol.

Viande de cheval impropre à la consommation humaine

L'enquête avait démarré en Espagne en 2016, à la suite de la détection par la garde civile d'activités suspectes en lien avec le marché de la viande de cheval. En avril 2017, les forces de l'ordre avaient déclenché des opérations contre un réseau de trafic de viande de cheval impropre à la consommation humaine.

Selon le quotidien El Pais, l'opération visait en particulier un courtier néerlandais en viandes, Jan Fasen, poursuivi par la justice française dans le scandale dit des lasagnes à la viande de cheval qui avait déjà touché plusieurs pays européens en 2013.

Cerveau néerlandais

Dimanche, Europol a évoqué "un homme d'affaires néerlandais", interpellé dans la station balnéaire de Calpe à Alicante. L'agence précise aussi qu'il était lui même en lien avec le cerveau de l'opération, également néerlandais, installé en Belgique. Dans un premier temps, 25 personnes avaient été arrêtées en Espagne et, selon Europol, l'enquête a mené bien au-delà des frontières espagnoles.

Finalement, des opérations avaient aussi été menées de façon coordonnée en Belgique, en France, au Portugal, en Italie, en Roumanie, en Suisse et au Royaume Uni. Des comptes en banque ont été gelés, et des biens immobiliers saisis, de même que cinq voitures de luxe.

En 2013, 750 tonnes écoulées, de grandes marques de surgelés impactées

La première affaire, qui avait démarré au Royaume-Uni début 2013, avait mis en lumière la complexité et l'opacité des circuits d'approvisionnement et de transformation. Plusieurs grandes marques de surgelés avaient été touchées, dans un contexte de tromperie massive portant sur 750 tonnes de viande écoulée dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés, avait révélé à l'époque l'autorité française antifraudes (DGCCRF).

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 30/07/2017 à 18:19 :
Et si l'on commencait enfin à manger de manière plus saine, bannissant de notre alimentation les plats industriels?
a écrit le 19/07/2017 à 9:43 :
beau succès pour Europol,mais nous aimerions que cette affaire ne tombe pas dans l'oubli et connaître les peines prononcées contre les fraudeurs, qui devraient être très lourdes et dissuasives pour ceux qui n'ont pas encore fait de faux pas mais sont tentés....
Réponse de le 30/07/2017 à 18:23 :
Mais non, ce sont des "gens bien", des entrepreneurs respectables. Leur peine sera sans aucun doute inférieure à celle infligée à un mec basané pour vol à la tire.
a écrit le 17/07/2017 à 13:26 :
Donc, le trafiquant néerlandais continue après avoir été piqué une première fois... Biiiien, la "justice". Notez, en "Europe", le fric est roi. Le con-sommateur, aucune importance.
a écrit le 17/07/2017 à 9:44 :
Merci infiniment pour cette information et il sera vraiment intéressant de connaitre leurs peines cela nous permettra de savoir car s'il y a derrière eux des gros bonnets (et que donc leurs condamnations seront minimes) cela veut dire que la fraude peut être encore bien plus gigantesque.

Heureusement que parfois l'europe s'occupe réellement de notre santé, ce serait bien si c'était systématique et non occasionnel, maintenant Europol démontre qu'il ne gaspille pas, lui, l'argent des contribuables. Mais du coup s'ils sont efficaces on peut être persuadés que nos décideurs politiques et économiques européens vont drastiquement limiter leur budget.
Réponse de le 17/07/2017 à 10:02 :
condamnés à manger leurs lasagnes tous les jours, ça serait un bon début...
Réponse de le 17/07/2017 à 14:16 :
En effet ce serait une juste mesure.
Réponse de le 17/07/2017 à 18:24 :
@Jolly Jumper: bel esprit de défense des intérêts familiaux, mais un âne blasé qui mange du cheval, c'est du cannibalisme, non :-)

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