Grande distribution : Carrefour voit son bénéfice divisé par plus de deux
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Le groupe n'exclut pas de céder certaines de ses activités.
SARAH MEYSSONNIER
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Le groupe n'exclut pas de céder certaines de ses activités.
SARAH MEYSSONNIER
[Article publié mercredi 19 février 2024 à 18h53, mis à jour le jeudi 20 février à 11h02] Carrefour a vu son chiffre d'affaires légèrement progresser en 2024 à 94,6 milliards d'euros (+0,4 %), taxes et ventes de carburant comprises, mais son bénéfice net divisé par plus de deux, à 723 millions d'euros, a-t-il indiqué ce mercredi.
Le distributeur avait réalisé près de 1,7 milliard d'euros de bénéfice net en 2023, dopé par la cession de ses activités à Taïwan. Évoquant une « année charnière » pour lui en 2024. Le groupe a vu reculer son bénéfice d'exploitation (ROC), indicateur de sa rentabilité, de 2,2 %, selon un communiqué publié ce soir.
La publication de ces résultats n'a pas profité au titre de Carrefour, au contraire. Il a ouvert en repli ce jeudi à la Bourse de Paris et s'affichait en baisse de -7,11 % vers le milieu de matinée, à 12,73 euros. Soit la plus forte chute parmi les entreprises du CAC 40 alors qu'au même moment, l'indice vedette de la place parisienne évoluait en hausse de +0,48 %.
« Forts de nos résultats, nous sommes en mesure d'accroître à nouveau notre dividende ordinaire de 6 % à 0,92 euro par action, assorti d'un dividende exceptionnel de 150 » millions d'euros, indique aussi le PDG du groupe, Alexandre Bompard.
Le distributeur s'est aussi satisfait d'avoir « connu une nouvelle année record en matière d'expansion du réseau de proximité en franchise, avec l'ouverture de 454 nouveaux magasins en 2024 ». Pour Carrefour, cela témoigne selon le groupe de « l'attractivité de son modèle de franchise auprès des entrepreneurs du secteur ». Ce, malgré les critiques ciblant cette politique du distributeur, notamment de la CFDT.
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Matthieu Malige, directeur exécutif finances et gestion s'est en revanche montré « assez prudent pour 2025 », après un quatrième trimestre 2024 « décevant en termes de consommation ». « On est prudent sur les évolutions du marché pour 2025, au global et en particulier en France », a-t-il détaillé, constatant « beaucoup d'attentisme » dans la consommation.
À l'occasion de la présentation de ces résultats annuels, Carrefour a aussi fait une annonce selon laquelle il « ne s'interdit rien » dans le cadre d'une « revue stratégique très large » de ses activités. Le groupe n'exclut pas d'en céder certaines. « On ne s'interdit rien, c'est une revue stratégique très large et il n'y a pas de sujet hors limite et hors champ », a précisément déclaré Matthieu Malige, lors d'un entretien téléphonique avec les agences de presse.
Relancé sur la possibilité de quitter des pays ou des activités, il a répondu que cette revue d'activités pouvait « inclure » ces éventualités. Cette revue d'actifs doit répondre à « un contexte de marché profondément transformé par la crise inflationniste ». Contexte dans lequel le distributeur entend accélérer « sa transformation ».
Cette revue a débuté avec la volonté du groupe, annoncée la semaine précédente, de racheter d'ici au deuxième trimestre 100 % du capital de sa filiale Carrefour Brésil, largement numéro un dans ce pays, où elle est cotée en Bourse et connue sous les enseignes Atacadao ou Sam's Club.
Carrefour détient actuellement 67,4 % du capital de Carrefour Brésil. Les modalités de l'opération de rachat, dont la réalisation doit être validée par les actionnaires de Carrefour Brésil lors d'une assemblée générale prévue « au cours du deuxième trimestre 2025 », valorisent la part du capital non encore détenue par Carrefour à environ 880 millions d'euros, selon une source proche.
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Autre opération : Carrefour avait racheté en 2024 ses concurrents Cora et Match en France, et acquis une trentaine de points de vente du distributeur en difficulté Casino. L'acquisition de Cora et Match a d'ailleurs accru sa dette nette, passée en un an de 2,6 à 3,8 milliards d'euros, en lien « essentiellement » avec cette opération, selon la communication du groupe.
(Avec AFP)
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