Paul Smith : « Ma devise, ne pas se prendre au sérieux »
Élisabeth Lazaroo
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Paul Smith.
Albert Facelli pour La Tribune Dimanche: Pixar; Luc Fournol; Stéphane Granger/FTV
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Paul Smith.
Albert Facelli pour La Tribune Dimanche: Pixar; Luc Fournol; Stéphane Granger/FTV
C'est peut-être ce qui caractérise le mieux sir Paul Smith. Son sens inné de la camaraderie, dotée d'une bonne dose d'humour et de chaleur humaine héritée de son farceur de père. Au 20 Kean Street, son siège londonien, Paul Smith vous accueille avec les bonnes manières d'un gentleman toujours prêt à faire l'andouille. Dans ce capharnaüm géant qui lui sert de bureau se cachent en réalité des rêves d'enfance et se côtoient dans une joyeuse accumulation toutes sortes d'objets, des plus beaux aux plus déroutants. Talismans porte-bonheur et moteur d'un homme qui mène avec brio sa petite entreprise, devenue l'incarnation du chic so British. Welcome !
LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous faites faux bond à la fashion week de Paris, où vous défi lez depuis trente et un ans. Vous avez présenté votre collection à Florence au salon de la mode masculine Pitti Uomo. Pourquoi cette infidélité à Paris ?
PAUL SMITH - La mode est devenue tellement « corporate » et homogène, alors qu'au Pitti Uomo on trouve encore de la sincérité, comme dans ces merveilleuses petites marques spécialisées dans les ceintures, les cravates ou les chaussures. À l'heure des défilés gigantesques, il n'y a jamais eu de meilleur moment pour faire quelque chose de plus personnel. La présentation de ma collection s'est déroulée dans un lieu intime. J'ai pu l'expliquer à l'assistance. Humblement, avec humour et vitalité.
Comme vous le faisiez en 1970, dans votre minuscule première boutique de 3 mètres carrés, à Nottingham, votre ville natale ?
Exactement. Je faisais partie intégrante du lieu. [Rires.] J'adore les boutiques, c'est une expérience unique. Chaque samedi, je travaille deux heures dans mon magasin de Covent Garden, à Londres. Je rencontre les gens. Je discute avec eux. J'aime communiquer, converser, nouer des amitiés. C'est fantastique !
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Cinquante-cinq ans plus tard, vous voilà à la tête d'une belle entreprise de 250 millions d'euros de chiffre d'affaires et 90 boutiques en nom propre dans le monde. Comment avez-vous préservé l'indépendance de votre maison face aux sirènes des groupes de luxe ?
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