L'essai auto du week-end : Kia Sportage, un coréen sérieux pour titiller Toyota et VW

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Garanti sept ans, jouissant de la bonne fiabilité des derniers produits coréens, le Sportage est compétitif pour attaquer les (faux) 4x4 compacts de la concurrence nippone ou européenne. Mais les prix ne sont plus si intéressants.

Les Coréens ? Il y a quinze ou vingt ans, tout le monde rigolait devant les Hyundai Accent ou autres Kia Sephia, des modèles bas de gamme à la fiabilité réputée aléatoire. Mais, aujourd'hui, terminé. Qui oserait même à peine sourire devant les dernières créations du groupe Hyundai-Kia, un constructeur plus puissant que Honda ou PSA ? Très bien implanté en Chine, en Russie, en Inde, aux Etats-Unis, il fabrique également, depuis peu, en Slovaquie et en République tchèque. La concurrence n'a qu'à bien se tenir.

Garantie de sept ans

Après la récente berline compacte Cee'd, l'une des meilleures de son segment, le nouveau 4x4 compact Sportage démontre le savoir-faire de la marque Kia. Assemblés dans l'usine slovaque ultra-moderne de Zilina, ces deux véhicules offrent d'ailleurs une garantie de sept ans ou 150.000 kilomètres, preuve de la confiance du constructeur dans ses produits.

Elégant et massif

D'allure ramassée, carrée, robuste, le Sportage est plutôt séduisant, non dénué d'élégance. A l'intérieur, la présentation est très correcte, avec un design assez massif qui, là aussi, suggère la solidité, à l'allemande. La position de conduite, haute, est bonne, l'ergonomie simple. Tout est à portée de la main, sans complexité excessive. Le GPS est d'une facilité d'utilisation bienvenue. Les assemblages sont plutôt précis dans l'ensemble.

Plastiques bas de gamme

Malheureusement, la plupart des plastiques sont... durs et peu valorisants. Ils font vraiment bas de gamme et, du coup, dénotent. Une vieille habitude, dont le coréen devrait se débarrasser au plus vite. Il manque aussi quelques kilos d'insonorisants dans les passages de roues. Enfin, sur notre modèle d'essai, le siège conducteur réglable en hauteur avait tendance à baisser tout seul d'un ou deux crans au bout de quelques kilomètres. Encore un effort !

Sièges bizarrement dessinés

Notons, à propos de ces sièges, un dossier pas très bien dessiné, trop mou au niveau des reins et trop dur à la hauteur des omoplates. On arrive partiellement à compenser ce défaut sur le siège conducteur avec réglage lombaire, mais pas sur celui du passager qui en est dépourvu - et qui d'ailleurs ne se règle pas non plus en hauteur. Enfin, le tissu rêche et ordinaire n'est guère flatteur. Quelle satanée mode que celle de remplacer le velours chatoyant et chaleureux d'antan par un revêtement désagréable à la vue et au toucher ! Au moins ne doit-il pas coûter grand-chose au constructeur ! Les designers et les marketeurs n'ont vraiment pas d'imagination. Mais Kia ne fait pas pire que les concurrents.

Habitabilité et accessibilité acceptables

Sinon, l'habitabilité et l'accessibilité sont tout à fait accueillantes. Mais le coffre, géométrique, n'est pas assez haut. Saluons le très agréable toit ouvrant panoramique (à 800 euros). Notre modèle d'essai était aussi équipé d'un pratique système d'accès et de démarrage sans clé, d'un GPS et d'une caméra de recul pratique dans les manoeuvres, une option groupée à 1.700 euros (oups !).

Conduite sans problèmes, sauf la direction

La conduite ne pose pas de problème.... A part une direction trop légère et inconsistante, qui donne une fâcheuse sensation d'imprécision. On s'y habitue, certes. Mais, il faut aussi assimiler un manque de rappel en ligne droite. Sinon, la tenue de route est sans histoires, quoique pataude. Guère aidés par les pneus coréens Hankook, les changements d'appui et les enchaînements de virages ne sont pas sa spécialité. C'est toutefois la rançon d'un confort surprenant, avec des suspensions souples, voire un peu lâches, qui tranchent avec la rudesse de son frère jumeau, le Hyundai iX35, typé "sport". Sinon, le moteur souple et efficace - mais bruyant -, la boîte de vitesses onctueuse et précise, l'embrayage d'une douceur fort agréable en ville, donnent satisfaction. Tout cela est intelligemment conçu et homogène. Le Sportage offre aussi l'avantage de commandes douces.

Deux roues motrices qui en font un faux 4x4

Dans la mouvance des nouveaux 4x4 compacts (Nissan Qashqai, Mitsubishi ASX, Ford Kuga, Volkswagen Tiguan...), le Sportage sera essentiellement vendu en version à deux roues motrices. Dans ce cas, il s'agit d'un faux 4x4, qui bénéficiera certes de sa garde au sol relevée mais ne fera pas mieux dans la boue ou la neige que n'importe quelle berline. La transmission 4x4 est disponible, avec un supplément assez lourd de 1.700 euros. Intéressant pour ceux qui pratiquent souvent les routes hivernales ou empruntent des chemins de campagne.

Un engin fidèle pour un bon service

Au final, nous avons apprécié notre cohabitation avec ce véhicule coréen, qui manque un peu de charme dans la conduite et la présentation, mais séduit par sa bonne volonté. C'est l'engin fidèle type, plein de discrètes qualités pour fournir un bon service au quotidien. Sans chichis. Avec des consommations qui n'ont rien de rebutant (8 litres aux cent en moyenne).

Tarifs gourmands

Le problème, c'est que Kia comme sa maison mère Hyundai deviennent gourmands. Fini les bas tarifs. Le groupe veut améliorer ses marges. Or, il n'est pas sûr que, avec une image de marque encore incertaine, le client accepte le bond en avant des prix. La gamme démarre à 20.890 euros avec un moteur à essence peu intéressant. Le coeur de gamme est constitué des diesels. Un petit moteur à gazole de 115 chevaux sera bientôt offert à partir de 23.390 euros. Mais il faudra se contenter de 115 chevaux. La motorisation de 136 chevaux, qui nous occupe aujourd'hui, s'affiche dans la finition Active intermédiaire à 27.290 euros en 4x2, 28.990 en 4x4 et 30.690 en 4x4 et boîte automatique, une transmission que nous ne conseillons pas car les boîtes auto coréennes sont trop lymphatiques selon nos critères européens. Pour une version de luxe, avec notamment le cuir - et d'énormes jantes de 18 pouces -, c'est 2.500 euros de plus. On se retrouve effectivement dans les zones de prix des rivaux européens ou japonais. Heureusement, le Kia est légèrement moins cher que son frère Hyundai iX35.

Prix du modèle essayé : Kia Sportage CRDi 136 4x2 Active : 27.290 euros
Puissance du moteur : 136 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,44 mètres (long) x 1,85 (large) x 1,63 (haut)
Qualités : ligne carrée assez personnelle, position de conduite haute, commandes douces, accessibilité à bord satisfaisante, bon confort, prestations générales compétitives
Défauts : plastiques bas de gamme, dossiers de sièges pas très bien dessinés, manque d'insonorisants, direction inconsistante
Concurrents : Toyota Rav 4 4x2 D-4D Life : 28.000 euros ; Hyundai iX35 CRDi 4x2 Pack confort : 28.390 euros ; VW Tiguan TDi 140 4x2 Sportline : 29.980 euros

Note : 14 sur 20

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Commentaires
a écrit le 18/12/2010 à 10:11 :
Concernant la version 136 chevaux, peut être est il urgent d'attendre car ce véhicule est commercialisé avec ce même moteur de 2 litres diesel mais offrant 184 chevaux dans son pays d'origine.
Réponse de le 11/07/2012 à 6:36 :
Tout à fait vrai, j'en ai un à Seoul.

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