L'essai auto du week-end : Audi A7, sport et prestige au prix fort

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Copyright Reuters
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Sous ses superbes allures de grand coupé à cinq portes, l'A7 Sportback combine grand luxe, efficacité routière et performances. Avec même une sobriété étonnante. Mais on dépasse les 65.000 euros !

J'entends déjà les râleurs, les "anti-bagnoles" se déchaîner. D'un point de vue purement rationnel, ils auraient raison. La nouvelle Audi A7 Sportback ne sert strictement à rien, permet de rouler à des vitesses archi-prohibées et coûte une fortune. Seulement voilà ! Avec de tels raisonnements, on fermerait les châteaux (trop grands, trop chers, trop difficiles à chauffer), supprimerait les beaux meubles de style (chez Ikea c'est plus fonctionnel et moins coûteux), interdirait la haute couture (vêtements immettables) ou les grands restaurants (ce n'est que de la nourriture, après tout). Bref, au nom d'un puritanisme fondamentaliste, on rayerait ce qui fait le charme, le raffinement de l'existence.

Equilibre et harmonie

Alors, envisageons donc l'A7 comme une oeuvre d'art et non comme un simple véhicule pour relier un point A à un point B. Dans ce cas, on ne peut que s'extasier. Les lignes somptueuses de ce long coupé à cinq portes sont harmonieuses, d'un équilibre rare. Avec juste ce qu'il faut d'agressivité. Mais sans aucun clinquant à la Ford, Opel, Hyundai, voire Citroën ! Tout juste peut-on lui reprocher une certaine froideur très germanique. C'est pur, efficace, mais moins sensuel que ce qu'on sait faire en Grande-Bretagne ou en Italie. A l'intérieur, on reconnaît immanquablement le style Audi, là aussi propre, rigoureux, technique, mais manquant un tantinet de chaleur. Qualité des matériaux et solidité des assemblages sont toutefois remarquables.

Quatre places seulement

Côté habitabilité, c'est plus juste. Malgré les presque cinq mètres de long, cette quatre places n'est pas très spacieuse à l'arrière, où les passagers ne devront pas être trop grands. Car la voiture est assez basse, comme un coupé. Mais, après tout, ceux qui veulent de l'espace n'ont qu'à acheter une classique berline A6 ou A8. Le coffre, largement accessible par un hayon électrique, est satisfaisant, vu la destination du véhicule. Le conducteur jouit en tous cas d'une position de conduite excellente. Déplorons toutefois la complexité de l'ordinateur de bord. On s'y habitue. Mais ce n'est pas évident. Bravo, comme chez Volkswagen, pour la vitesse qui s'affiche en gros devant les yeux. Sur une telle voiture, c'est utile.

Accélérations fulgurantes

Le six cylindre diesel TDI de trois litres de cylindrée gronde agréablement. Ses 245 chevaux sont bien présents et entraînent accélérations et reprises fulgurantes. A tel point qu'il faut parfois se méfier de l'accélérateur. En ville, on se retrouve vite trop près du véhicule qui précède. Une telle puissance est d'ailleurs finalement peu exploitable dans la vie de tous les jours.

Transmission automatique perfectible

Ce moteur enchanteur est bien secondé par une boîte automatique à sept rapports. Mais, même en position "S", celle-ci a malheureusement tendance à enchaîner les rapports et on arrive trop rapidement en cinquième ou en sixième, alors qu'on aimerait rester en quatrième. Cette transmission "S-Tronic" rechigne aussi à rétrograder suffisamment. Sur route sinueuse, on aura donc tout intérêt, pour exploiter la puissance, à se servir manuellement du levier. Et là, le plaisir est évident. Mais, attention ! Pour éviter les surrégimes, même en mode manuel, la transmission peut parfois refuser de revenir de troisième en seconde avant un virage. Agaçant. Parce que, finalement, on n'est jamais sûr que la boîte va accepter le rétrogradage. Toujours frustrant de voir sa volonté rembarrée par la mécanique. Mais, enfin, même ainsi, on ne se plaint pas.

Comportement routier remarquable

Sur les petites routes humides et un peu gelées de cet hiver glacial, on apprécie grandement les quatre roues motrices du système "quattro". On ne dira jamais assez l'avantage d'une transmission intégrale aux quatre roues en termes de sécurité. Le "quattro" permet aussi d'accélérer comme un sourd et de faire passer sans problèmes la puissance aux roues, sans que le train avant ne divague ou cherche dangereusement sa voie. Le comportement est donc aussi sûr qu'amusant, malgré un poids (à vide) de 1,78 tonne. Avec une direction précise et un freinage puissant.

Confort à vive allure

Côté confort, le bilan est plus mitigé. Avec les énormes roues de 19 pouces et des pneus à flancs très bas (en option non recommandable à 1.160 euros) qui équipaient notre véhicule de test, les petites inégalités à faible vitesse sont abordées très sèchement. En revanche, dès que l'allure s'élève, le confort devient beaucoup plus soyeux. Les sièges en beau cuir souple maintiennent bien le dos.

Prix exorbitant, consommations mesurées

L'équipement est riche. Cuir, phares au xénon, combiné audio Bose de 600 watts avec quatorze haut-parleurs.... L'A7 combine luxe, raffinement et sportivité. Même si c'est une voiture sans fonction ou vocation précise, elle ne décevra pas l'amateur... fortuné. Car cette belle auto vaut 65.800 euros en version Ambition Luxe (notre modèle d'essai) ! On se consolera (!) avec une forte valeur de revente et une consommation remarquablement contenue de 9,4 litres aux cents à vive allure. Digne d'une brave familiale. Comme quoi, prestige peut rimer avec sobriété et faibles émissions (tout est relatif) de C02. Outre les prouesses sur le moteur, avec en particulier un "stop and start" (arrêt et redémarrge automatiques au feu rouge) d'une douceur inconnue jusqu'ici, et la transmission, les concepteurs ont aussi allégé la carrosserie de 60 kilos grâce aux portes, capot, ailes, hayon, en aluminium. Félicitations donc aux ingénieurs allemands pour cette extraordinaire auto.

Modèle d'essai : Audio A7 Sportback 3,0 TDi 245 quattro Ambition luxe : 65.800 euros (+malus de 750 euros)
Puissance du moteur : 245 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,96 mètres (long) x 1,95 (large) x 1,40 (haut)
Qualités : ligne superbe, intérieur somptueux, finition remarquable, moteur puissant et velouté, sécurité et précision avec les quatre roues motrices
Défauts : confort ferme à basse vitesse, transmission automatique pas assez réactive, ordinateur de bord complexe
Concurrentes : Jaguar XF 3,0V6 d Luxe Premium: 58.950 euros ; Mercedes CLS 350 CDI : 66.300 euros

Note : 16 sur 20

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Commentaires
a écrit le 18/01/2011 à 11:48 :
A ceux qui ont des sous et 3 neurones achetez allemand , vous abonderez la dette publique.

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