ESSAI AUTO Mazda CX-7, beau, grand, costaud, mais gare au malus

Le diesel acclimate à l'Europe ce 4x4 routier réussi, bien dessiné, agréable à conduire et habiter au quotidien, conçu initialement pour le Japon et les Etats-Unis. Un véhicule désormais disponible dans une version simplifiée, plus abordable. Dommage : une boîte de vitesses rêche et un gros malus injustifié... car les consommations ne sont pas exagérées !
Copyright Reuters
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Mazda est un « petit » constructeur japonais, nettement moins connu que Toyota, Honda ou Nissan. Naguère contrôlée par Ford, la firme de Hiroshima réalise de très bons véhicules (Mazda 3, 5, 6, MX-5), aux formes élaborées, au comportement routier dynamique et aux diesels très convenables. Pour parfaire sa gamme, Mazda dote son 4x4 routier CX-7 d'une mécanique à gazole de 173 chevaux. Cette belle voiture aux lignes puissantes, équilibrées et personnelles, apparaît convaincante.

Assemblages soignés

La position de conduite est très satisfaisante. On a ses aises à l'avant et à l'arrière - mais le coffre semble un peu juste. La finition est à la japonaise, avec des matériaux pas très cossus mais solides et des assemblages soignés. Certes, l'ambiance n'a rien à voir avec le luxe raffiné d'un haut de gamme allemand (toutes options). Mais le prix non plus. On reprochera un compteur de vitesses aux chiffres trop petits, un écran de GPS réduit et un autoradio à l'antiparasitage médiocre.

Transmission rêche

Evidemment, le moteur de la berline familiale Mazda 6 se retrouve ici dans une caisse beaucoup plus lourde. Du coup, le poids (1,8 tonne) l'étouffe. Dès lors, les performances ne sont nullement exceptionnelles. D'autant que la concurrence a tendance à offrir 190 chevaux et plus, au lieu de 173 ici... Avec une telle caisse, on espérerait d'ailleurs une quinzaine de chevaux supplémentaires. Mais ce moteur suffit quand même à sa tâche et ne donne pas l'impression de peiner. Assez sonore, mais docile et souple, la mécanique se trouve malheureusement secondée par une boîte de vitesses assez précise (sauf la marche arrière) mais rêche et accrocheuse. On entend même clairement le travail de la transmission au passage des rapports. Ce manque de fluidité, joint à un étagement de la boîte assez bizarre avec des trous entre les vitesses - la deuxième est assez courte -, entraîne des à-coups sur route, lors du rétrogradage en seconde et même en troisième. Surtout, si l'on essaye de rentrer un rapport à la volée, en abordant un virage par exemple. Sur itinéraire sinueux, et plus encore lors de la descente d'un col, la conduite devient ainsi brusque et hachée, ce qui obère l'agrément.

Consommations correctes, malus injustifié

La consommation de 8,2 litres aux cents durant notre essai n'est pas exagérée. Vu le gabarit. Nous sommes donc un peu surpris par l'énorme malus de 1.600 euros qui frappe le CX-7. N'oublions pas que celui-ci sanctionne des émissions exagérées de C02, résultat corrélé directement à la consommation. Le problème, c'est que ces calculs administratifs se font en homologation, sur des cycles normalisés, parfaitement artificiels. Certaines voitures, comme les hybrides, sont exagérément favorisées. Avec des consommations théoriques que l'on ne retrouve jamais dans la vraie vie. Visiblement, le Mazda est au contraire handicapé. Car la consommation dans la réalité ne nous a pas semblé supérieure à celle de bien des rivaux qui doivent s'acquitter de 750 euros seulement. Les arcanes de la bureaucratie sont insaisissables ! Le problème, c'est que les politiques légifèrent à partir de ces données discutables...

On se sent bien au volant

Le comportement routier, avec quatre roues motrices, est sûr et ne souffre pas de critique. Mais le rayon de braquage trop important handicape les man?uvres et entraîne un manque d'agilité sur petite route. Le confort reste ferme, mais la voiture ne tressaute pas. Du coup, on apprécie la rigueur de conception et de réalisation. La voiture s'accroche très correctement au bitume et obéit docilement aux injonctions du conducteur. A condition de ne pas vouloir la transformer en petite sportive. La nouvelle version d' « entrée de gamme » Elégance (ici, à l'essai) abandonne les énormes roues de 19 pouces de la finition supérieure au profit de jantes moins caricaturales de 18, avec des pneus plus épais. La précision de conduite s'en trouve un peu améliorée en ligne droite et le confort aussi. Les aptitudes en-dehors de l'asphalte sont réduites. Mais, la transmission intégrale permet quand même d'affronter des chemins un peu (pas trop) gras et enneigés. Malgré une garde au sol limitée. A noter des bruits de roulement, mais pas de crissement de mobilier intérieur ! C'est du costaud.

Tarif concurrentiel

L'équipement est généreux dès la version Elégance, avec notamment caméra de recul, GPS, sièges avant chauffants, alarme... Pour 34.300 euros. Un tarif acceptable et d'ailleurs négociable en concession. Mais il faut acquitter un fort malus, qui dégrade la compétitivité de l'offre. La version Performance apporte en plus un système audio haut de gamme, le cuir sur la sellerie, des réglages électriques, le toit ouvrant, les phares au xénon, le déverrouillage et démarrage sans clé et d'inutiles jantes de 19 ! Pour 3.400 euros de plus. Si l'on tient à ces équipements, la facture se justifie. Sinon, autant se rabattre sur l'Elégance. Les clients intéressés peuvent compter sur une réputation historique de fiabilité et une garantie de trois ans. Mais la revente sera difficile, faute de notoriété du modèle en France.

 

Modèle d'essai : Mazda CX-7 MZR-CD Elégance: 34.300 euros (+1.600 euros de malus)

Puissance du moteur : 173 chevaux (diesel)

Dimensions : 4,70 mètres (long) x 1,87 (large) x 1,64 (haut)

Qualités : Ligne réussie, position de conduite, habitabilité, finition solide, moteur souple, comportement sécurisant.

Défauts : Malus, rayon de braquage, à-coups au rétrogradage, antiparasitage de l'autoradio.

Concurrents : Mitsubishi Outlander Invite : 31.500 euros ; Citroën C-Crosser Millenium: 35.000 euros ; Volvo XC 60 D3 AWD Momentum : 39.150 euros

Note : 13,5 sur 20

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Commentaires 3
à écrit le 05/09/2011 à 12:44
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C'est une bonne idée ça, augmenter substantiellement les malus visant les véhicules haut de gamme et à forte puissance. Le gouvernement peut trouver de l'argent pour réduire son déficit, si toutefois il fait fi de son électorat.

à écrit le 03/09/2011 à 15:17
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Mazda représente en France -cible de l'article- des ventes confidentielles. Il serait bien que les spécialistes descendent de leur nuage pour expliquer au consommateur curieux quel réseau va réparer leur véhicule étranger pour les 5 ans qui viennent ...

le 03/09/2011 à 17:17
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J'avais une Peugeot, 4 mois d'attente pour obtenir une piece japonaise equipant une voiture "francaise", c'est cela mondialisation.

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