Fiat présente sa nouvelle citadine Panda III produite à Naples

 |   |  632  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Sergio Marchionne - Photo Reuters)
Le groupe a totalement revu les process de cette usine notoirement sous-productive. La Panda III concurrencera en mars 2012 la Renault Twingo ou la Peugeot 107.

Sergio Marchionne, administrateur délégué de Fiat, s?est montré confiant ce jeudi sur la capacité de rebond de l?Italie, prenant en exemple le travail effectué à Pomigliano d?Arco, une exécrable usine transformée en trois ans « en meilleure usine du groupe ». Et ce, grâce notamment à un référendum auprès des salariés, qui ont accepté davantage de flexibilité et moins de temps de pause, en échange de la pérennité du site.

Cette usine, qui produisait habituellement à peine quelques dizaines de milliers d?Alfa Romeo par an, fabrique désormais la nouvelle petite Panda III. Avec des capacités de 1.050 unités par jour, soit un potentiel de 300.000 exemplaires par an. Moyennant 100 millions d?euros d?investissements sur le site et 700 pour le véhicule. Ce modèle d?entrée de gamme (moins de 10.000 euros) se veut « simple » et économique. Les émissions de CO2 seront également faibles, avec une version à 86 grammes seulement au kilomètre.

« En décembre 2009, nous avons décidé de faire la nouvelle Panda à Pomigliano. On n?a pas obéi à un choix rationnel ni optimal au point de vue industriel. Nous avons pris cette décision pour privilégier le pays où Fiat a ses racines », a souligné le dirigeant lors de la présentation de ce nouveau véhicule sur le site napolitain. Cette production devrait permettre à Fiat d?accroître le taux d?utilisation des capacités de production en Italie, inférieur à 40% sur les huit premiers mois ! La précédente Panda II était produite en Pologne.

« Fiat peut offrir des capacités de production en Europe pour des produits mondiaux », a par ailleurs affirmé ce jeudi le dirigeant en référence à son allié Chrysler, dont l?italien a pris le contrôle. Et ce, deux jours après l?accord historique signé au niveau du groupe avec les syndicats (sauf la CGIL) pour une meilleure productivité des usines italiennes.

« L?utilisation des usines européennes pour des produits vendus en Amérique du nord ne se fera pas forcément au même coût qu?aux Etats-Unis. Mais ce sera utile parce que Chrysler aura besoin de davantage de capacités »?. A « condition que les sites européens fassent la même qualité », a martelé le double patron du groupe piémontais et de son partenaire américain, qui soulignait, un brin provocateur : « Chrysler a souvent un niveau de qualité meilleur que le nôtre » ! Des usines « comme Grugliasco ou Mirfiori exporteront vers les Etats-Unis ». Mirafiori « pourrait produire des Jeep ».

Sergio Marchionne s?est livré à un fervent plaidoyer en faveur de l?alliance avec Chrysler. Il a précisé au passage que Chrysler « affichera plus de deux milliards de dollars de bénéfice (opérationnel) cette année et trois milliards en 2012 ». Et ce, tandis que l?Europe semble s?enfoncer dans la crise. Le dirigeant a aussi indiqué que, grâce à son partenaire, Fiat pouvait se développer enfin dans le segment des compactes et familiales où sa présence est actuellement dérisoire. Ces segments de marché « représentent plus de la moitié du marché pour Chrysler ». D?où les économies d?échelle. Au prochain salon de Detroit, début 2012, sera ainsi présentée la Dodge Dart, une berline de 4,60 mètres de long produite sur une plate-forme d?Alfa Romeo Giulietta? Ce sont d?ailleurs des sites américains qui devraient a priori produire les prochaines voitures de catégorie moyenne du groupe italien !

Inquiet sur l?avenir de l?industrie automobile européenne dans son ensemble, largement surcapacitaire, Sergio Marchionne a par ailleurs demandé à l?Union européenne d? « intervenir » . Ce qui a « été fait pour la sidérurgie, il faut le faire pour l?automobile ». Carrément .

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/12/2011 à 20:45 :
Ce qui n'est pas dit dans cet article, c'est que dans le même temps, la lancia Epsilon a fait le chemin inverse, et que les alfa vont partir en amérique... Ces délocalisations ont été beaucoup moins médiatisés il est vrai...
En plus les sites de production européen low cost de Fiat tournant à plein régime, la véritable motivation de ce choix est plutôt l'absence d'alternative...Pour le moment...Mais cela ne durera peut être pas...Malgré les concessions des salariés...
Le sujet de cet article est donc plus qu'hypocrite car Fiat, a l'instar de ces confreres européens, se préoccupe surtout de ses intérêts...
Réponse de le 17/12/2011 à 11:15 :
C'est oublié que l'ypsilon se produit 2 fois a 3 fois moins que la panda ça n'a rien a voir en terme de capacité! et allez trouver un europeen qui produit une voiture du segment panda dans son pays aucun!
a écrit le 15/12/2011 à 18:56 :
Comme quoi, quand on veut on peut !!!!
N'est pas Renault et PSA !!!!!!!!!!
a écrit le 15/12/2011 à 18:04 :
Comme quoi on peut tres bien produire a l'Ouest si on le veut! mais non, nous on a Renault et PSA qui se vautrent en Slovenie Slovaquie et Maroc maintenant

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :