L'alliance PSA-General Motors, centrée sur l'Europe, délaisse l'international

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Philippe Varin, le président de PSA a détaillé les quatre projets communs que le constructeur français va mettre en place avec GM, dans certaines zones seulement. La Chine, où GM est leader, est exclue de ce partenariat.

Les quatre projets communs annoncés ce mercredi par PSA avec General Motors concernent essenteillement... l'Europe. PSA, en manque de produits pour l'international, ne sera pas aidé par son allié américain. "La Chine n'est pas incluse dans l'Alliance PSA-GM", a confirmé ce mercredi Philippe Varin, patron du groupe français, dans une conférence de presse. Quant au projet de petit véhicule conjoint pour l'Amérique latine, qui devait être un des programmes phares de l'alliance franco-américaine scellée fin février dernier, le président de PSA souligne: "on a regardé des projets hors d'Europe. Mais les deux parties ont jugé que ces projets n'étaient pas assez attractifs". Le projet de petite voiture hors d'Europe "n'a pas été retenu", a-t-il reconnu. Bref, PSA ne profitera pas du savoir-faire de l'américain dans les zones géographiques où ce dernier est fort. Le groupe du Michigan est en effet numéro un des ventes en Chine et l'un des trois grands constructeurs au Brésil. Il n'a donc aucunement l'intention de faciliter la tâche au constructeur tricolore. Dommage, car, dans ces zones cruciales, PSA est encore un tout petit acteur. Le français détient 3,4% du marché chinois à peine et 5% du gâteau latino-américain (contre 5,7% l'an passé)!

Projets essentiellement européens

Un communiqué de PSA a annonce ce mercredi un programme commun pour un "nouveau monospace compact de marque Opel-Vauxhall" (filiales allemande et britannique de GM) et un "CUV" (faux 4x4) compact de marque Peugeot" qui remplacera le 3008 actuel. Un deuxième programme de "petits monospaces", également pour Opel-Vauxhall, mais aussi pour Citroën (sucesseur du C3 Picasso) est prévu. Par ailleurs, une "plateforme existante, mais modernisée", servira de base aux petits véhicules de GM en Europe (Corsa) ainsi qu'"à ceux des deux marques de PSA". Enfin, un projet de berlines familiales "moyennes supérieures" verra aussi le jour pour remplacer les Opel Insignia, les Citroën C5 et Peugeot 508. Seulement, ces projets sont centrés sur le Vieux continent, ce qu'a reconnu Philippe Varin, même si PSA pourra produire des véhicules sur ces bases en-dehors. Toutefois, Philippe Varin n'avait-il pas toujours martelé que le groupe devait mettre le cap sur le hors Europe?

Trop centré sur l'Europe

Outil de production "surdimensionné" en Europe (61,4% de taux d'utilisation à peine des usines de petits modèles) à cause d'une croissance ratée et développement international trop "tardif" avec un "manque d'ambition", telles sont les erreurs stratégiques cruciales du constructeur auto français pointées par Emmanuel Sartorius, l'ingénieur des Mines auteur du rapport remis au gouvernement le mois dernier, qui rendent aujourd'hui inévitable la restructuration de PSA qui doit supprimer 8.000 postes en France et ferme le site d'Aulnay, en région parisienne. Conjoncturellement, et en corollaire, le rapport notait que PSA était trop "dépendant" du marché européen en crise, lequel absorbe encore 58% de ses ventes, contre 48,6% pour Volkswagen. En outre, PSA, "dont l'outil de production reste largement centré sur la France", demeure un "constructeur généraliste", présent principalement sur les voitures "petites" et "compactes", les créneaux "les plus concurrentiels" qui génèrent 77% de ses ventes (en 2011). La firme "se trouve prise en tenaille entre les autres généralistes produisant des voitures à bas coûts en Europe de l'est et les constructeurs allemands premium"... Des écueils, auxquels ne répond pas l'alliance entre PSA et GM à ce jour.

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a écrit le 25/10/2012 à 7:30 :
dans un mariage il y a souvent un cocu potentiel ; helas dans cette histoire on en connait deja le nom . si en plus l'Etat s'en mele Peugeot finira cocu et sur la paille
a écrit le 24/10/2012 à 18:52 :
Pathétique?

PSA vaut moins de 2 milliards d?euros en capitalisation boursière. Il eut été plus simple et plus judicieux de nationaliser le groupe, l?action ayant perdu 90% de sa valeur en cinq ans. Qui plus est, l?obstination coupable du groupe sur le diesel (42,000 décès annuels en France à cause des particules fines selon l?OMS) condamne de toute façon le groupe dans sa stratégie actuelle? Mieux vaut prendre la barre et surtout changer de cap? Vite, très vite?

Le diesel est dorénavant interdit au Japon et fortement découragé tant aux USA qu?en Chine, les deux plus grands marchés automobiles du monde. De facto, PSA s?exclut des principaux marchés? Après avoir perdu l?Iran (?), il ne lui reste que la Russie ? faibles marges ? et l?Europe, surtout du sud, en plein marasme économique qui ne fait que commencer?

Non, sérieux? Une bonne nationalisation suivie d?une fusion avec Renault est la seule solution pour garder un « champion » national?
Réponse de le 25/10/2012 à 1:10 :
Vite ! confions les rênes des entreprises françaises à notre gouvernement : il a tellement fait prueve de compétence, d'efficacité, de professionnalisme, de sens de l'économie, de sens de l'écoute ..!!! LOL !
a écrit le 24/10/2012 à 18:42 :
ce n'est pas Opel qui aidera à sortir de l'ornière , ni l'aide d' état même si elle est nécessaire . C'est une vision d'avenir qui sembles faire cruellement défaut . Il faut s'allier à un costaud , innovant , dynamique comme TOYOTA pas un cul de jatte comme Opel . On risque gros sur ce coup !
a écrit le 24/10/2012 à 16:56 :
Attendez que les allemands, chinois, coréens.. attaquent la france devant la commission européenne et l organisation mondiale du commerce pour subventionnement de l automobile. J attends impatiemment le résultat. Mon opinion: il faut déposséder la famille Peugeot et limiter le salaire des dirigeants incapables de Peugeot contre un soutien. Hollande à la tête de PSA? il n´arrive même pas à faire son job aujourdh ui. Désolant de voir ceci.
Réponse de le 25/10/2012 à 7:35 :
je ne suis pas sur que les principaux responsables soient les dirigeants mais plutot la famille Peugeot qui a toujours voulu rester independant et a dicte la strategie du groupe .Une façon simple de sauver la banque de financement de Peugeot est d'ouvrir le capital de la banque a SG ou BNP
a écrit le 24/10/2012 à 15:57 :
Comment croire un instant les objectifs de gains annoncés à partir de 2015?
Les volumes des 3 produits rapprochés entre PSA et Opel sont relativement faibles (15 à 20% de la production PSA)
Les achats 'regroupés' n'auront pas non plus beaucoup de pièces communes donc le levier sera faible.
On arrive à la fin du jeu, le réveil va être douloureux!
a écrit le 24/10/2012 à 15:45 :
on a la démonstration de l'incohérence stratégique: le diagnostic était PSA trop centré sur l'Europe et trop moyenne gamme. On arrive à une alliance avec un constructeur européen, moyenne gamme et en grandes difficultés aussi. Quelle absurdité, quand va-t-on chercher un partenaire convenable?
Réponse de le 24/10/2012 à 16:59 :
PSA un constructeur européen ; cela ne me choque pas. Je suis réservé sur le modèle économique qui consiste à construire un véhicule dans un pays et le vendre à l'autre bout du monde. Certes les allemands y arrivent, et certains asiatiques aussi, mais le modèle à des limites. Une marque globale a t elle un sens? Oui pour le luxe, je ne suis pas sur pour l'entrée moyen de gamme...

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