Y a-t-il un "problème de méthode" chez Renault ?

"Si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment", aurait lancé la direction à l'attention des syndicats ce mardi. L'entourage d'Arnaud Montebourg dénonce un "problème de méthode" et y voit une forme de chantage. La direction, elle, dément cette information et rapelle que l'objectif de la négociation est de ne pas fermer de site.
A l'usine Renault de Douai, dans le Nord. Copyright Renault Douai Plant
A l'usine Renault de Douai, dans le Nord. Copyright Renault Douai Plant (Crédits : Renault Douai Plant)

Un accord de compétitivité chez Renault verra-t-il le jour ? Les négociations entre la direction du constructeur automobile et les syndicats apparaissent plus que rudes. En cours depuis cet automne, elles ont connu un nouveau durcissement ce mardi. Un délégué de Force Ouvirère a annoncé à la presse que, lors de la négociation d'aujorud'hui, la direction a lancé aux syndicats : "si vous ne signez pas, il se pourrait que deux sites ferment". Une information démenti par Renault: "Renault n'a jamais indiqué que "deux sites" pourraient être fermés en cas de non conclusion des négociations en cours sur la performance de ses sites français", écrit le constructeur dans un communiqué publié deux heures plus tard. Mais il rapelle que "l'objet de ces négociations est, en cas d'accord avec les partenaires sociaux, de ne pas fermer de sites et de ne pas licencier".

C'est Laurent Smolnik, délégué central Force Ouvrière (FO), qui avait rapporté ces déclarations à l'AFP.  Aucun site de production n'a a priori été nommément cité. Jusqu'à présent, depuis le début des discussions sur la compétitivité, Renault conditionnait la "non fermeture de site" à la signature de l'accord par au moins 30% des syndicats représentatifs. "Aujourd'hui, elle nous a répondu que s'il n'y a pas d'accord, c'est au minimum deux sites qui fermeraient", a déclaré Dominique Chauvin, délégué central CFE-CGC, confirmant les propos de Laurent Smolnik..

Un "problème de méthode"

L'entourage du ministre du Redressement productif n'a pas tardé à réagir à ces allégations, dénonçant un "problème de méthode". Des proches d'Arnaud Montebourg ont déclaré: "Les discussions qui sont en cours actuellement chez Renault doivent évidemment respecter le dialogue social et donc la méthode des négociations et, en aucun cas, ne s'apparenter à du chantage". Le constructeur automobile a démenti toutefois, ce mardi après-midi, avoir menacé de fermer deux sites en France en cas d'échec des négociations.

En outre, Renault s'est engagé ce mardi à affecter à ses usines françaises la production de 80.000 véhicules supplémentaires par an pour ses partenaires Nissan ou Daimler si les syndicats signent l'accord de compétitivité qu'il leur propose. La direction égrène depuis des semaines ses propositions pour gagner en compétitivité dans ses sites français. Elle prévoit notamment la suppression de 8.260 postes d'ici fin 2016, une harmonisation du temps de travail, et un gel des salaires pour 2013. Le constructeur, qui cherche à rapprocher la compétitivité de ses sites français de celle de ses usines espagnoles (où un accord a déjà été passé début novembre), espère parvenir à un accord d'ici la fin du mois ou début février.

(Avec agences)

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Commentaires 27
à écrit le 23/01/2013 à 17:01
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Au fait j oubliais On a souvent evoque le modele Allemand en industrie comme exemple mais en revanche on ne sites jamais ce qui est interressant dans leur competitivite et qui je pense les motivent C est la redistribution des benefices qui consiste a...

à écrit le 23/01/2013 à 16:48
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Pourquoi on tape encore sur les salaries Le pdg n est jamais remis en cause apres c est boulettes sur l affaire d espionnage et c est augmentaton a deux chiffres pendant la crise tout en disant a ces salaries de se serrer la ceinture De plus il ne se...

à écrit le 23/01/2013 à 16:30
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Comme beaucoup de direction d entreprise la verite n est pas bonne a dire C est derangeant

à écrit le 23/01/2013 à 14:39
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les entreprises doivent le plein emploi et des augmentations de salaire, sinon on bloque les entrées : la compétitivité ? les fluctuations de la demande ? les pertes de parts de marchés ? mais de quoi vous parlez, on est là pour discuter des conditio...

à écrit le 23/01/2013 à 9:03
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Peut-être allez vous réviser votre jugement hatif, honteux pour un ministre ...

à écrit le 23/01/2013 à 8:53
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ha bon? Je croyais que tout se passait mieux chez Renault vs PSA???

à écrit le 23/01/2013 à 7:50
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Les partenaires sociaux raisonnables se dévoueront chez Renault pour signer cet accord et ils mettront en avant la sauvegarde de l'emplois. Le droit syndical et les avantages liés au syndicalisme sont encore très consistant chez Renault même si Billa...

à écrit le 23/01/2013 à 4:51
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tout va bien chez renault,certain salarié du groupe on même d'énorme augmentation.

le 23/01/2013 à 16:58
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qui a eu des grosses augmentations, en tout cas pas les ouvriers, etam et cadres

à écrit le 22/01/2013 à 23:11
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Au secours ! Montebourde revient !

à écrit le 22/01/2013 à 21:49
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Le problème, c'est que pour la première fois dans l'histoire de l'automobile européenne, les constructeurs de moyen de gamme français et italien ont été obligés de produire dans la même monnaie que les constructeurs haut de gamme allemands. Lesquels ...

le 23/01/2013 à 4:23
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Non, Arrêtons d'attaquer l'Allemagne qui fait tous pour sauver l'Europe. Sans eux, on n'a pas d'Europe, on ne peut pas sortir de la crise. Le plus gros erreur, les patrons ont mal fait ses stratégies, laissez les très grands marchés comme : USA, la C...

à écrit le 22/01/2013 à 20:45
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Y a-t-il un gravissime "problème d'incompétence" dans les strates des dirigeants pantins de Renault ?

à écrit le 22/01/2013 à 20:23
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Rappelez-moi : quel est ce syndicaliste connu qui vient de "se faire embaucher" par le gouvernement PS ? En effet, il y a bien un problème en France avec les syndicats !

le 22/01/2013 à 20:45
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Les syndicats français sont ridicules par rapport aux allemands. Mais cela, vous ne le direz certainement pas...

à écrit le 22/01/2013 à 18:21
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A se demander si la direction de Renault veut vraiment un accord, ou au contraire, en cas d'échec (souhaité) des négociations, un prétexte pour encore une fois stigmatiser les unités de production françaises et accélérer les fermetures. Vraiment Rena...

le 22/01/2013 à 18:36
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le vrai problème ce sont des syndicats comme la CGT qui s'opposent à tout dialogue et proposition de la direction. Les chiffres de ventes de Renault en Europe sont catastrophiques, les sites de productions de Renault en France doivent gagner en compé...

le 22/01/2013 à 19:58
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revoyez votre copie, justement renault est gâté sous l'ère ghosn. Renault n'a jamais vendu autant à l'export, ou fabriqué dans les usines étrangères. Nissan est redressé, dacia vie très bien, Lada est la première marque vendu en russie. La trésorie e...

le 22/01/2013 à 20:04
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N'oubliez pas non plus que Ghosn est un ancien acheteur parti de chez Peugeot avec les fichiers fournisseurs. Ca s'appelle un pragmatique...

le 22/01/2013 à 21:07
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le vrai problème, c'est la désastreuse gestion de Renault par des dirigeants dont l'incompétence est de notorité publique.

le 22/01/2013 à 23:15
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Ben ! Montebourde n'a pas encore été embauché par Renault !

à écrit le 22/01/2013 à 18:19
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je comprend pas : la semaine dernière , l?objectif était de trouver un accord permettant d?éviter des licenciement et des fermetures...c'était déjà exactement de qui est dit aujourd'hui : sans accord, on risque des fermetures et des licenciements.....

à écrit le 22/01/2013 à 18:17
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CQFD: Alain-Gabriel Verdevoye | 22/01/2013, 16:47/ Pourquoi Opel, allié de PSA, est prié de se restructurer fissa: "Steve Girsky, le président du conseil de surveillance de la filiale allemande de GM, menace ce mardi les syndicats allemands qu'il fer...

le 22/01/2013 à 18:38
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pourquoi est-ce possible de restructurer en Allemagne, en Espagne et non en France? syndicats, mentalités des français?

le 22/01/2013 à 20:02
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@ Julien ; des restructurations chez Renault France il y en a eues, voir la chute des effectifs dans ces trois dernières années . La chute des ventes, les ouvriers ne sont pas responsables des choix statégiques...ubuesques Je n'ai pas de parti pris,...

le 22/01/2013 à 20:16
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voilà exactement le pb français en images, l'opposition systématique patronat - syndicats, et comment on va couler tranquillement

le 22/01/2013 à 20:17
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En fait, nous avons un syndicat cgt de 1936 qui ne voit pas la réalité des choses et qui prefere faire peur aux gens pour avoir des adhésions afin de remplir ses caisses

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