Le haut de gamme ne réussit pas au suédois Volvo

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Volvo V40 Cross Country Copyright Volvo
Volvo V40 Cross Country Copyright Volvo
La firme automobile suédoise a affiché une perte nette l'an dernier. Et elle devrait perdre encore de l'argent en 2013. En cause: des volumes insuffisant, malgré la réputation des voitures.

Le haut de gamme est-il forcément synonyme de fortes marges et de gros bénéfices? Non. La preuve: le constructeur automobile suédois Volvo, propriété du chinois Geely, annonce ce vendredi une perte nette de 530 millions de couronnes (62 millions d'euros) au titre de 2012. Victime de la crise en Europe, mais aussi de ses difficultés aux Etats-Unis et en Chine, la firme de Göteborg était tout juste à l'équilibre au niveau opérationnel l'an passé.

En 2011, Volvo Cars avait engrangé un bénéfice net de 927 millions de couronnes  (110 millions d'euros) et opérationnel de 2 milliards (235 millions d'euros). Le chiffre d'affaires est demeuré stable. En revanche, les ventes en volumes ont reculé de 6% à 422.000 l'an dernier. Eh oui, les volumes sont insuffisants pour assurer la rentabilité de la marque, malgré l'excellente réputation de ses modèles.

Marasme en Chine

Ses ventes en Chine ont  notamment diminué de près de 11% à 41.989 unités, bien loin des 200.000 unités par an qu'il espère y écouler à terme. Mais la firme a découvert récemment  un important système de fraude chez ses concessionnaires dans l'ex-Empire du milieu, avec du coup une sous-estimation des volumes de 2012. Volvo aurait enregistré une lourde perte en Chine l'an dernier, annonçait en avril dernier le quotidien suédois Svenska Dagbladet citant "des sources bien informées". Volvo devrait y avoir perdu de 2 à 4 milliards de couronnes (environ 250 à 500 millions d'euros).

Etats-Unis, premier débouché

Les Etats-Unis ont représenté le plus important marché de Volvo Cars avec, sur l'année complète, 68.079 véhicules vendus, mais la minuscule  progression de... 1,2% est très inférieure à celle du marché total outre-Atlantique. En Europe de l'ouest, les ventes de Volvo ont reculé de 10%, à 227.027 unités. Pour 2013, les perspectives sont moroses. Hakan Samuelsson, le nouveau patron de l'entreprise, avait estimé en décembre dernier qu'il serait "très compliqué" d'éviter une perte opérationnelle cette année.

Nouvelle usine en Chine

Pour renouer avec les profits, Volvo se restructure. En février, il avait annoncé 1.000 suppressions d'emplois. Il compte actuellement 22.500 personnes à travers le monde. Volvo Car Group (rien à voir avec les camions de AB Volvo) a par ailleurs annoncé récemment des investissements lourds, pour onze milliards de dollars (8,5 milliards d'euros) entre 2011 et 2015. Objectif principal: créer une seule plate-forme modulable et une nouvelle famille de moteurs à quatre cylindres nettement plus sobres et capables de couvrir l'ensemble de sa gamme. 

Ces deux projets "représentent l'un des plus importants investissements jamais réalisés en Suède", affirme le constructeur. En outre, Volvo va inaugurer en juin son usine chinoise de Chengdu. Des ateliers de moteurs suivront. Jusqu'ici, la firme scandinave produisait en association avec Ford et Mazda. Logique: Ford était son ancien propriétaire. Le constructeur vise 800.000 véhicules en 2020.

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Commentaires
a écrit le 10/05/2013 à 15:03 :
Les suédois ont beaucoup de la qualités mais comme tous les pays, ils se la pètent ! La soi disant berline de luxe est une voiture Ikea pour profs de techno. Haut de gamme laissez moi rire, il n'y en a pas une seule dans les endroits pour riches (image de marque négative pour les fortunés) De toute façon il en va des voitures comme des compagnies aèriennes, un petit pays ne peut rien seul, ni sur l'innovation, ni sur les investissements, ni sur la production, ni sur le marketing et la publicité. Pour une série promotionelle d'un modèle à la rigueur et un effet de mode transitoire comme il y a eu avec la saab 900. Volvo ne peut que s'integrer à un grand groupe ou disparaitre.
a écrit le 03/05/2013 à 19:59 :
Il faudra m'expliquer ce qu'on appelle "haut de gamme". Le ressenti du client est flatteur pour le constructeur, mais je crois que l'objectif du constructeur est simplement de produire une voiture qui plaise pour pouvoir la vendre. Le problème que rencontre Volvo est celui d'avoir voulu changer son image (le break spacieux mais carré) pour une image plus dynamique. Il faut reconquérir une nouvelle clientèle.

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