La croissance verte peut-elle sauver le bâtiment ?

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L'amélioration de la performance énergétique des bâtiments est le relais de croissance qui limite la chute globale du secteur de la construction.
L'amélioration de la performance énergétique des bâtiments est le relais de croissance qui limite la chute globale du secteur de la construction. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)
Les artisans du bâtiment subissent une conjoncture économique difficile, principalement la branche construction neuve. Mais des signes de reprise encourageants en matière de rénovation énergétique laissent espérer des jours meilleurs.

Si les grandes firmes françaises du bâtiment (Bouygues, Vinci, Eiffage) restent d'incontestables poids lourds européens du secteur grâce à leur développement à l'international, comme le note une étude récente de Deloitte, à l'intérieur de nos frontières en revanche, les petites entreprises du bâtiment subissent une conjoncture économique plus difficile que dans les autres pays d'Europe.

Les derniers chiffres publiés par la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) montrent en effet une nouvelle baisse de l'activité globale au deuxième trimestre avec un recul de 2 % par rapport au même trimestre de l'année précédente.« L'artisanat du Bâtiment subit une baisse continue de son activité depuis 13 trimestres consécutifs », note la Capeb dans un communiqué. La crise dure donc depuis plus de quatre ans.

Recul des mises en chantier

Sans surprise, c'est la branche construction neuve, en crise depuis plusieurs mois, qui tire l'activité du secteur vers le bas : elle est en baisse de 4 % au deuxième trimestre 2015. « Les mises en chantier poursuivent leur baisse avec un recul de 6,1 % qui correspond à 347.000 logements neufs commencés à fin mai 2015 sur un an cumulé, loin de l'objectif de 500.000 fixé par le Gouvernement », déplore la Capeb. Pour ne rien arranger, « le nombre de permis déposés (les msies en chantier de demain ndlr) affiche également une baisse de -6,1% sur la même période, soit 362 000 unités », ajoute la Confédération.

Son président, Patrick Liébus, constate pour sa part que « malgré la baisse des taux d'intérêts, la mise en place de plans de relance du logement et l'implication des entreprises, l'année 2015 devrait encore subir un recul d'activité dans l'artisanat du Bâtiment et l'emploi devrait cette fois encore payer un lourd tribut ». Plus concrètement l'ensemble des régions enregistrent des replis d'activité compris entre -0,5% et -3,5%. « Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, la Normandie, le Centre et Rhône-Alpes-Auvergne restent fortement impactés par la baisse d'activité », s'inquiète la Capeb.

Impact négatif sur l'emploi

Pis encore, « l'impact sur l'emploi semble s'accélérer avec un recul de -3,5% au premier trimestre 2015. En juillet 2015, le nombre d'entreprises artisanales du bâtiment envisageant d'embaucher au second semestre 2015 n'est que de 4 % (contre 7 % au même semestre de l'année précédente), alors que, dans le même temps, le nombre d'entreprises envisageant de procéder à des licenciements ou à ne pas renouveler de contrats atteint 10 % (contre 7 % au même semestre de l'année précédente) », détaillent les artisans du bâtiment.

Bref, il n'est pas contestable que les petites entreprises françaises du secteur de la construction soient en grandes difficultés. Mais il ne faut pas pour autant occulter les signes encourageants de reprise. Car le rythme de régression de l'activité globale du secteur est tout de même en train de ralentir, notamment grâce à l'activité liée aux travaux de rénovation et à la performance énergétique. De quoi notamment donner espoir aux tenants d'une reprise de l'économie par la croissance verte, à quelques mois de la conférence mondiale sur le climat qui s'organisera à Paris en décembre prochain.

Hausse des carnets de commandes

L'activité des travaux de performance énergétique des petites entreprises du bâtiment est ainsi en hausse de 0,5 % au deuxième trimestre 2015. Ce qui participe grandement à étoffer les carnets de commande de ces petites entreprises : ils représentent 72 jours de travail en juillet 2015, contre 66 en avril 2015, se réjouit la Capeb. « 25% des entreprises déclarent avoir une hausse des carnets de commandes en travaux de performance énergétique des logements contre 21% qui déclarent une baisse », détaille la Confédération.

Les mesures récentes prises par le gouvernement ne sont visiblement pas étrangères à ce regain d'optimisme. « Nous constatons que les travaux de performance énergétique ont des effets positifs sur notre activité, notamment grâce aux mesures gouvernementales du crédit d'impôt pour la transition énergétique et de la TVA à taux réduit (pour financer les travaux de rénovation ndlr), même si la route est encore longue pour renouer avec la croissance », confirme Patrick Liébus. Le tableau n'est donc pas si noir, et des espoirs de reprise existent.

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Commentaires
a écrit le 22/07/2015 à 10:47 :
Pour répondre à la question espérons que oui! Toutefois ce serait un rattrapage en effet on peut penser que la crise n'explique pas tout dans la baisse du nombre de constructions neuves . Le renchérissement des coûts lié aux nouvelles normes environnementales et accessibilité peut aussi expliquer la baisse du marché.
Réponse de le 22/07/2015 à 12:37 :
Il ne faut pas oublier la cause principale: bulle immobiliere qui a desolvabilise les acheteurs. Et lors que la bulle explose, qui est assez fou pour acheter ???

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