Logement neuf : la reprise est-elle pérenne  ?

Les chiffres de l'immobilier neuf en 2016 sont très bons. Mais les promoteurs restent très prudents.
Mathias Thépot
Les promoteurs immobiliers ont-ils raison de réclamer plus ?
Les promoteurs immobiliers ont-ils raison de réclamer plus ? (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)

C'est certain, l'année 2016 aura été une bonne année sur les marchés de l'immobilier neuf et en ancien. Dans le neuf notamment, les promoteurs immobiliers prévoient de vendre 110.000 logements au détail en 2016, des niveaux proches de ceux de 2010. L'effet rattrapage après des années 2012, 2013 et 2014 compliquées, les dispositifs fiscaux incitatifs pour les accédants et les investisseurs (PTZ, Pinel), ainsi que les taux nominaux de crédits immobiliers très bas tirent fortement l'activité des promoteurs immobiliers.

L'activité commerciale des promoteurs est ainsi soutenue par les deux moteurs traditionnels du marché : les ménages investisseurs et les propriétaires occupants. Plus concrètement, au troisième trimestre 2016, leurs ventes ont bondi de 25,1 % sur un an à 31.824 logements réservés, selon les chiffres de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). A titre de comparaison, au premier semestre, la progression était de 22,7 %. Les promoteurs affichent ainsi des ventes de logements neufs en hausse pour le huitième trimestre d'affilée !

L'offre commerciale se restreint

Cependant, malgré ces bons chiffres, les promoteurs restent prudents. En effet leur offre progresse plus lentement, avec des mises en vente de logements en hausse de 4,5 % à 19.847 unités. Les promoteurs l'expliquent par les difficultés à concrétiser rapidement des projets immobiliers. Ce décalage se traduit concrètement par une réduction de la durée d'écoulement de l'offre commerciale, qui s'établit à 10,1 mois à fin septembre, contre 12,4 mois un an plus tôt et 14 mois en 2014. Cette moyenne nationale masque par ailleurs des tensions dans certaines grandes agglomérations, très dynamiques, où le stock descend jusqu'à 7 mois, indique la FPI.

En effet, le rythme des lancements de nouveaux projets des promoteurs ne peut parfois contenter la demande, ce qui risque in fine de générer une hausse significative des prix. Mais pour les promoteurs, cette situation ne vient pas de leur incapacité à produire davantage de logements, mais plutôt à la rareté du foncier, à une complexité réglementaire croissante et à la fréquence des recours abusifs contre les permis de construire. « C'est sur chacun de ces trois axes que la politique du logement doit rapidement progresser », estime la FPI.

Les promoteurs réclament encore des mesures

Il peut, du reste, sembler paradoxal d'entendre les promoteurs réclamer encore davantage de mesures au gouvernement, du fait de leur bonne année 2016. D'autant que le logement collectif, le cœur de métier des promoteurs, reste le segment qui tire la reprise du marché du neuf. En matière de permis de construire, le secteur du logement collectif voit son activité grimper de 28,5 % lors du troisième trimestre, alors que la croissance globale du marché est de 17,3 %. Et il tire aussi les mises en chantier, en hausse globale de 7,4 % et de 8,3 % pour le seul segment du logement collectif.

Toutefois, des disparités territoriales fortes existent entre les régions. Et si l'Île-de-France tire toujours autant les mises en chantier avec une croissance de 22,8 % au troisième trimestre 2016, certaines comme les Hauts-de-France sont en chute libre, de plus de 20 %. La faute, selon les promoteurs, à des élus très frileux et peu volontaristes dans leur propre commune. Preuve que de très bons chiffres nationaux peuvent parfois masquer d'immenses disparités territoriales.

Mathias Thépot
En direct - Transition Forum 2022

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 2
à écrit le 17/11/2016 à 21:53
Signaler
Attention Cécile DUFLOT n'aime pas les copropirétaires. Avant d'acheter pour investir ou habiter voir ci-dessous: Loi ALUR : le fonds travaux devient obligatoire Une des innovations majeures de la loi ALUR est le fonds travaux obligatoire, à parti...

le 19/11/2016 à 0:59
Signaler
Ce fonds affaiblit les copropriétés. Il n'est pas normal que cela ne soit pas remboursé. Beaucoup vont laisser de grosses plumes dont ils auraient sûrement besoin à leur départ.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.