Logement neuf  : vers une année 2016 dynamique

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Le contexte est très favorable pour la construction de logement en France.
Le contexte est très favorable pour la construction de logement en France. (Crédits : © Regis Duvignau / Reuters)
Tout est réuni pour que les ventes de logements neufs repartent en forte hausse en 2016. Reste à savoir si les ménages seront assez confiants pour passer à l'action.

Le marché des logements neufs se porte mieux en ce début d'année. De janvier à mars, les ventes des promoteurs immobiliers ont en effet progressé de 14,7% comparé aux mêmes mois de 2015, pour s'élever à 30.804 logements neufs, selon les chiffres publiés jeudi par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI).

Si les ventes aux investisseurs poursuivent leur redressement de l'année passée (+12,9% au premier trimestre 2016), la bonne surprise de ce premier trimestre provient de la hausse des ventes aux propriétaires occupants, qui grimpent de 20,3%. Elles n'avaient quasiment pas progressé en 2015, année de reprise dans le secteur des logements collectifs. Il faut dire que leur rebond a été facilité, depuis le 1er janvier, par la distribution plus large par l'Etat, du prêt à taux zéro (PTZ), destiné aux primo-accédants, et qui permet ainsi à un plus grand nombre d'acquéreurs de boucler leur emprunt immobilier.

Contexte extrêmement favorable

Les ventes aux occupants représentent ainsi, au premier trimestre, 52% des ventes globales réalisées par les promoteurs, contre 48% auprès des investisseurs. Désormais, outre l'élargissement du PTZ, le contexte est extrêmement favorable à l'achat dans le neuf. D'abord parce que la croissance repart : le PIB au premier trimestre a crû de 0,4%, avec une prévision d'1,3% sur un an, selon l'OCDE. Ensuite, les taux d'intérêt nominaux de crédits immobiliers sont historiquement bas, à 1,81% en moyenne en avril.

Par ailleurs, les prix de l'immobilier restent relativement stables, ce qui veut dire que le pouvoir d'achat immobilier des ménages s'améliore. Enfin, le dispositif d'aide fiscale à l'investissement locatif Pinel rencontre un franc succès, et a même été prolongé jusqu'à la fin 2017. Assoupli par rapport au Duflot, il donne la possibilité de louer le logement acquis à ses ascendants ou descendants, sur une durée d'engagement modulée (6, 9 ou 12 ans).

Moins d'inquiétudes

Le gouvernement a aussi accédé à une autre demande des promoteurs : il a fixé une TVA à 5,5% dans une zone allant jusqu'à 500 mètres des quartiers prioritaires de la politique de la ville, contre 300 mètres auparavant. "On a un alignement de tous les astres !" s'est ainsi félicitée la présidente de la FPI Alexandra François Cuxac.

Plus intéressant encore, contrairement à ces derniers mois, les mises en vente de logements progressent davantage que les ventes elles-mêmes: +17,9%. C'était la principale inquiétude des promoteurs immobiliers : ils craignaient que leur offre commerciale ne se réduise trop, au risque à terme de provoquer une situation de pénurie d'offres, et donc une hausse des prix du neuf.

Ce décalage entre la production et les ventes de logements neufs était, selon eux, la résultante de la lenteur du processus de production. Celui-ci souffrirait des délais trop longs d'instruction de permis de construire, et des recours abusifs de riverains qui bloqueraient aujourd'hui le lancement d'environ 30.000 mises en chantier de logements. Il semble donc que la situation s'améliore en la matière. D'ailleurs l'offre commerciale demeure en effet stable au premier trimestre 2016.

Et la confiance des ménages ?

Le logement collectif reste le secteur qui tire les chiffres de la construction vers le haut. Fin mars, les mises en chantier de logements collectifs étaient en hausse de 7,9% sur 12 mois, alors que les mises en chantier de logements individuels s'établissaient en baisse. Preuve que les ménages sont plus sensibles à la conjoncture que les professionnels du logement, et n'ont pas encore retrouvé confiance en l'avenir.

Au global, sur les douze derniers mois, 353.000 logements ont été mis en chantier. Le gouvernement a donc toujours beaucoup de retard sur son engagement symbolique de construire 500.000 logements par an. En 2015, un peu plus de 350.000 logements ont été mis en chantier. Et si l'exécutif tente tout de même de mettre les bouchées doubles pour faire construire plus et créer de l'emploi dans le secteur du bâtiment avant mi 2017, au regard du chemin qui reste à parcourir pour atteindre 500.000 logements mis en chantier, il faudrait désormais plus qu'un miracle pour que la promesse de campagne du chef de l'État François Hollande soit in fine tenue.

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Commentaires
a écrit le 13/05/2016 à 23:55 :
Idem que le commentaire précédent pour la Normandie
a écrit le 13/05/2016 à 18:46 :
Je ne sait d'où sorte ces chiffres et s'ils sont réellement avérés... Mais chez nous en Alsace le sentiment générale n'est pas du tout celui que décrit l'article !!!
Au contraire l'ensemble des entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics ainsi que les architectes et autres maitre d'oeuvre sont dans une situation très difficile et ne sont pas du tout optimiste sur une évolution positive à cours terme.
Réponse de le 14/05/2016 à 13:04 :
c'est pourquoi la Ville de Strasbourg avec le très entreprenant socialiste Philippe Bies veut activer la préemption de logements et de terrains privés : un rapport parlementaire a été rendu public par un des frondeurs du PS, Daniel Goldberg ! Au lieu de réfléchir comment pallier au déficit de droits des pauvres locataires contre les méchants bailleurs empêchant toute personne tant soit peut sensée, d'investir dans du locatif autre que pour ses parents ou ses enfants !

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