Sanofi-Aventis : Serge Weinberg va remplacer Jean-François Dehecq

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L'ancien patron de PPR et d'Accor est nommé ce lundi au poste de président non exécutif. Il aura notamment pour tâche de préserver l'intégrité du laboratoire tricolore.

Une page se tourne chez Sanofi-Aventis. Sauf surprise de dernière minute, Serge Weinberg doit être nommé au poste de président non exécutif du conseil d'administration du laboratoire à l'issue de l'assemblée générale de ce lundi. Il succèdera à Jean-François Dehecq, fondateur du groupe, atteint à 70 ans par la limite d'âge.

Enarque rompu au monde de l'entreprise, le nouveau venu, 59 ans, ne chamboulera pas la maison Sanofi comme l'a fait Chris Viehbacher, directeur général depuis dix-huit mois. L'homme connaît peu l'industrie pharmaceutique, bien qu'il ait quelques participations dans la santé via son fonds Weinberg Capital Partners et un titre de membre fondateur de l'Institut du Cerveau, dédié à la recherche. Il arrive en revanche auréolé d'une image de champion de la gouvernance. L'an dernier, il a claqué la porte du conseil d'administration d'Accor parce qu'il s'opposait aux fonds Colony et Eurazeo.

Soutien de l'élysée

"Le fait d'avoir occupé une fonction managériale chez PPR [président du directoire de 1995 à 2005, Ndlr]puis le poste de président non exécutif chez Accor (2006-2009) lui permet d'avoir une vision claire de la répartition des rôles. Il ne définira pas seul la stratégie du groupe", vante son ancien directeur de la communication chez PPR, Thomas Kamm. "Serge Weinberg est le contraire d'un Gérard Le Fur [directeur général jusqu'en 2008, Ndlr] qui était un scientifique devenu manager. Il semble bien adapté aux problématiques de pur management de Sanofi : réductions de coûts, acquisitions", souligne un analyste parisien.

Mais l'arrivée de Serge Weinberg semble avant tout éminemment politique. Elle empêche le très anglo-saxon Chris Viehbacher de cumuler deux casquettes, alternative un temps envisagée par les administrateurs. Dans ce contexte, la nomination, qui aurait reçu le soutien de l'Élysée, paraît répondre à une mission précise. "Si Chris Viehbacher avait obtenu le poste de PDG, il aurait eu les pleins pouvoirs pour réaliser une grande fusion. Le nouveau président est là justement pour ne pas signer ce genre d'opération", explique un proche du dossier.

Car la crainte est réelle que ce champion tricolore ne passe un jour sous pavillon étranger. Fin 2008, Total et L'Oréal, ses actionnaires historiques, possédaient à eux deux 33,2% des droits de vote, rempart contre une prise de contrôle. Un an plus tard, au 31 décembre 2009, ils n'en totalisent plus que 27,7%. Pas assez pour présider aux destinées de Sanofi. "Le nouveau président sera un contre-pouvoir au sein du groupe", résume un spécialiste du secteur.

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