"Si le Multaq n'est plus disponible, avec quoi seront traités les patients ? "

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La Tribune infographie
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Le patron du laboratoire pharmaceutique revient sur la menace de retrait du marché européen de son médicament polémique contre les troubles du coeur. Chris Viehbacher souligne la bonne intégration de la biotech Genzyme.

L?Agence européenne du médicament rendra à la rentrée son avis sur le profil bénéfice-risque du Multaq. Quels sont vos arguments en faveur de ce médicament ?

Je tiens à dire que Sanofi a été exemplaire sur le Multaq, et totalement transparent. C?est aux agences réglementaires d?évaluer les données disponibles, mais il convient d?agir dans l?intérêt des patients. Si Multaq n?est plus disponible, avec quoi seront traités ceux qui ne tolèrent pas l?amiodarone [médicament existant à l?origine d?effets secondaires à cause de sa composition iodée, ndlr] ? Le rapport bénéfice/risque d?un médicament est différent selon la gravité de son indication, selon qu?il s?agisse d?une perte de poids ou d?un cancer ! La fibrillation auriculaire que traite notre médicament à des conséquences graves en termes de santé. Nous pensons donc que Multaq a toujours un rapport bénéfice/risque positif.

En France, Xavier Bertrand a indiqué qu?il ne s?opposerait pas au déremboursement du Multaq. Vous a-t-il signifié son avis ?

Je n?en sais pas plus que ce qui est dans la presse. La décision appartient au Ministre et nous la respecterons.

Craignez-vous les conséquences de la réforme du système du médicament, notamment sur l?emploi des visiteurs médicaux ?

Il faut voir quelle en sera la mise en ?uvre mais cela pourrait avoir un impact. Comme l?a dit le Ministre, il y a un avant et un après-Mediator. Nous pensons que cette histoire est spécifique au laboratoire Servier et ne concerne pas le reste de l?industrie. Après un tel événement, il y a toujours une focalisation sur la sécurité de médicaments, en oubliant que les patients ont aussi besoin d?être traités. On l?a vu avec le Vioxx aux Etats-Unis, où l?on commence à voir un changement : ils ont mis la barre tellement haut que cela empêche l?accès à de nouveaux traitements. Je pense qu?avec le temps, nous aurons un dialogue plus équilibré sur les questions de bénéfice/risque.

Pourquoi relevez-vous le montant des synergies attendues avec Genzyme de 600 à 700 millions de dollars d?ici fin 2013 ?

Les 600 millions d?euros étaient une première estimation quand Genzyme étaient encore extérieur à Sanofi. Nous disposons aujourd?hui du détail des deux groupes consolidés. Ensuite, certaines synergies sont aussi liées à Sanofi proprement dit : nous venons d?annoncer une restructuration de nos fonctions supports aux Etats-Unis. Avec Genzyme, nous totalisons désormais cinq activités différentes (Pharma, Sanofi-Pasteur, santé grand public et santé animale-Merial), contre deux seulement il y a deux ans. Il n?y aura plus qu?un directeur financier, un DRH, etc... pour nos cinq activités qui comptent plus de 20.000 salariés.

Y aura-t-il des suppressions de postes ?

Oui, mais nous ne les avons pas encore chiffrées.

Quand allez-vous nommer un nouveau patron pour Genzyme ?

J?ai pris le poste de PDG de Genzyme par intérim pour symboliser mon engagement dans la bonne intégration de ce groupe. Sanofi est dix fois plus grand que Genzyme, il y a donc un risque que Genzyme soit submergé. Au contraire, je souhaite conserver sa culture en terme d?orientation patient ou d?approche scientifique. Nous nommerons un patron en septembre ou octobre, mais pour un périmètre réduit : Genzyme, qui ne conservera que les maladies rares et la sclérose en plaque, restera une unité autonome, à l?instar de Sanofi-Pasteur.

Vous nommez un nouveau responsable de la stratégie, David-Alexandre Gros. Projetez-vous déjà de nouvelles acquisitions ?

Non, nous sommes bien occupés avec l?intégration de Genzyme et de Merial [santé animale, ndlr] qui comptent respectivement 10.000 et 6.000 salariés dans le monde ! En tant que Chief Strategy Officer, David-Alexandre Gros, qui a une expérience à la fois financière et médicale,
s?occupera du « business development », des fusions-acquisitions et des alliances. J?ai choisi quelqu?un qui connaît bien l?industrie mais qui n?y a pas quinze ans d?expérience, pour pouvoir réfléchir à de nouvelles solutions et stimuler la réflexion. Par exemple dans le diabète, au-delà de notre insuline Lantus, nous pouvons aujourd?hui communiquer par Iphone avec les patients pour avoir un impact sur leur comportement face à cette maladie chronique. Plusieurs payeurs et acteurs sont intéressés par ce type de nouvelle technologie. Notre objectif est aussi de réfléchir à un nouveau modèle de recherche et à nos plates-formes de croissance, par acquisition mais aussi par croissance organique.

Pfizer souhaite céder son activité de santé animale, êtes-vous intéressés ?

Je ne fais pas de commentaires sur des cibles spécifiques. Nous sommes intéressés par la santé animale, mais après ce qui s?est passé pour Merial et Intervet [fusion retoquée entre la filiale de Sanofi et celle de Merck, ndlr], cela ne serait pas facile au regard des autorités de la concurrence.

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Commentaires
a écrit le 21/06/2013 à 7:08 :
BONJOUR
LE MULTAQ A ETE PRESCRIT A MON MARI EN 2011, EN MARS 2012 LORSQUE JE ME PRESENTE A LA PHARMACIE AVEC L'ORDONNANCE DU CARDIOLOGUE LA PHARMACIENNE ME DIT QUE CE MEDICAMENT N'EST PLUS DISTRIBUE CAR IL Y A DES PROBLEMES. JE PREVIENS LE CARDIOLOGUE QUI ME DIT QU'IL VA EN DEMANDER DIRECTEMENT AU LABO MAIS LES MOIS PASSENT ET RIEN N'ARRIVE
EN SEPTEMBRE 2012 MON MARI FAIT UN A V C GRAVE.
AUCUN MEDICAMENT N'A ETE PROPOSE A MON MARI POUR REMPLACER LE MULTAQ
IL EST AUJOURD'HUI HANDICAPE PARTIELLEMENT ET NOTRE VIE A BASCULEE
MERCI DE NOUS AIDER A COMPRENDE

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