Médicaments : la qualité des génériques contestée

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Les autorités envisagent de dérembourser des copies de médicaments responsables d'allergies. Une telle décision pourrait rester un cas isolé.

Un générique qui donne des allergies et l'autre pas, voilà qui va à l'encontre du discours des fabricants de ces « copies » moins chères de médicaments, qui expliquent qu'un générique est identique au traitement original. C'est pourtant ce qu'ont pointé cet été les experts de la Commission de la Transparence, chargés en France d'évaluer l'intérêt thérapeutique des médicaments. Ils ont réévalué les produits à base de mébévérine, utilisés contre les troubles intestinaux.

Pour six des huit génériques, le service médical rendu (SMR) a été jugé « insuffisant ». Les produits du leader du marché Mylan et de sa filiale Qualimed, de Biogaran, de Teva, de l'allemand EG et du français Expanscience sont donc voués au déremboursement. Seuls deux génériqueurs, l'indien Zydus et le français Sanofi avec son Spasmopriv, se sont vus attribuer un « service médical rendu » (SMR) faible, garant du maintien de leur prise en charge à 15 %, valable aujourd'hui pour toute la catégorie.

Pourquoi cette distinction ? Les six médicaments incluent des « excipients à effets notoires susceptibles de provoquer des réactions allergiques ». Il s'agit de composants utilisés pour faciliter la fabrication ou l'absorption des médicaments, et qui peuvent varier d'un générique à un autre - seul le principe actif devant être totalement identique à l'original. Les excipients incriminés, « l'huile d'arachide, l'huile de soja [...] et la lécithine de soja », sont présents dans de nombreux aliments. Mais selon l'Afssaps, ils peuvent entraîner des « effets indésirables graves ».

Pas assez rentable

Problème : la réévaluation de la mébévérine, qui a permis de séparer « bons » et « mauvais » génériques, s'est faite presque par hasard. « C'est une première », de l'aveu du président de la Commission de la Transparence, Gilles Bouvenot, qui explique que « 90 % des génériques ne passent pas par la commission. La réévaluation est intervenue uniquement en raison de la radiation du médicament original ». Ce dernier a été déremboursé sur demande de son fabricant, le belge Solvay (racheté par Abbott) au motif que, génériqué, il n'était plus assez rentable.

Des génériques à effets différents sont donc couramment vendus et remboursés indistinctement. « Seuls les plus anciens contiennent encore des excipients à effets notoires différents de ceux du médicament original », tempère le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, Philippe Gaertner, qui explique que les labos en informent les pharmaciens. « Mais ceux-ci ne peuvent pas toujours proposer des génériques identiques, ne serait-ce que parce qu'ils ne vendent que quelques marques », déplore un connaisseur du secteur. Chez les grands génériqueurs, il n'est pas rare qu'un quart de la gamme, soit plusieurs dizaines de références, pose ainsi question.

Avec des ventes annuelles de 5,3 millions d'euros à fin septembre, la mébéverine a représenté un coût de 1,3 million pour la Sécu. Les génériqueurs et l'Afssaps précisent qu'ils n'ont pas eu de signalement d'effets indésirables graves. « Les allergies ne nous sont pas forcément remontées », note Gilles Bouvenot. Les génériqueurs concernés ont tout de même demandé un sursis d'un an à la Commission « afin d'éliminer l'excipient, si cela s'avère techniquement possible ». Au ministère de la Santé, on indique que « l'avis de la Commission a été pris en compte et est actuellement instruit ».

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a écrit le 04/11/2011 à 16:19 :
si vous déplacez quelqu'un du point A au point B en Dodoche ou en jag quelle est la différence?c'est la meme chose pour les génériques ,certe la molécule est la meme mais le vecteur est différent d'où des résultats différents.Je suis médecin et puis vous assurer qu'il y a des différences réelles d'efficacité entre le produit d'origine et les génériques.Il fallait simplement faire baisser le prix de l'original et on ferait les économies nécessaires tout en rendant service à nos patients.Comme le service médical rendu dit faible :on n'a jamais emandé aux médecins qui les prescrivent depuis 20 ans si c'était faible ou pas.les décideurs n'ont rien à faire des patients et veulent que le médecin vous dise un jour vous avez telle pathologie mais je n'ai plus de médicament à vous donner.Là on fera des économies!!!!
Réponse de le 30/07/2012 à 8:48 :
vous avez tout a fait raison, car depuis que je prends du generique je suis fatigué . J attends de rencontrer mon medecin pour un conseil - mais il suffit de baisser le pris des remedes et la secu aurait fait des economies - merci
a écrit le 26/10/2011 à 9:46 :
le generique une vaste fumisterie pour nous plumer encore un peu plus sous le pretexe d'economie!
a écrit le 26/10/2011 à 9:45 :
il n'y a que les politicards qui croient que de nos jours on rase gratuit...
a écrit le 26/10/2011 à 7:31 :
Si la molecule utilisee est la meme que l'originale, je ne vois pas en quoi le medicament est moins efficace. Ce qui semble ressortir de cet article c'est que ce sont les excipients qui peuvent varies d'un medicament a l'autre mais pas la molecule, donc le seul bemol aux generiques c'est la possible allergie a certains excipient (ceux qui devrait etre verifie par le medecin ou pharmacien lors de la delivrance du medicament). Pour le reste, c'est la molecule qui a un effet therapeutique, donc je ne comprends pas pourquoi cette histoire d'excipient a des consequence sur le deremboursement d'un generique
Réponse de le 26/10/2011 à 9:48 :
Parce que si effectivement, c'est la molécule qui soigne, l'excipient peut avoir des conséquences sur son assimilation par l'organisme.
Réponse de le 26/10/2011 à 11:56 :
Habituellement les excipients servent à "donner une forme" au principe actif (une molécule cristalline n'est pas facile à gérer) et former des comprimés, poudre dans une gélule, ... Il semblerait qu'il y ait certains cas où ce soit plus "compliqué".

Je me demande encore pourquoi ce ne sont pas les industriels qui les fabriquaient avant sous brevet qui continueraient (avec les excipients d'origine) vu qu'ils connaissent cette molécule depuis 20 ans ! C'est moins rentable mais quand on regarde le prix de vente, il devrait être dix fois plus faible (on nous vend les médicaments dix fois le prix, pour pouvoir payer de la recherche nouvelle).
a écrit le 26/10/2011 à 6:31 :
encore un article ALIBI pour préparer le déremboursement des médicaments à grande échelle : Tout médicament EST potentiellement dangereux , sinon il serait vendu en épicerie. faire croire aux gogos que l'on aurait "découvert " un produit allergisant dans " certains" médicaments , c'est vouloir vendre l'idée que le ciel est bleu !
Finalement il vaudrait mieux en un seul passage au parlement voter le déremboursement de TOUS les médicaments ! comme cela personne ne s'inquiètera plus des effets potentiellement allergisants des fruits à coques ou du tabac !!!

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