L'opérateur de Fukushima se renfloue de 1,8 milliard d'euros

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La compagnie d'électricité Tepco a vendu ses parts de KDDI afin de lever des fonds.

La compagnie d'électricité Tokyo Electric Power (Tepco), gérante de la centrale accidentée de Fukushima, a annoncé lundi la vente de toutes ses parts dans l'opérateur de télécommunications KDDI pour 186,28 milliards de yens (1,8 milliard d'euros), afin de lever des fonds.

Tepco s'est engagée auprès de l'Etat, qui lui avance de l'argent, à céder des biens immobiliers et d'autres actifs afin de financer les réparations et dédommagements dus après le séisme et le tsunami du 11 mars dans son complexe atomique de Fukushima.

KDDI a par ailleurs annoncé de son côté un programme de rachat de 10,59% de ses propres titres pour un montant de 250 milliards de yens (2,4 milliards d'euros), durant la période du 29 novembre au 30 décembre, une occasion saisie par Tepco.

Tokyo Electric Power a précisé que les titres cédés allaient l'obliger à enregistrer une perte exceptionnelle de 35,15 milliards de yens (334 millions d'euros) sur ses comptes de l'exercice en cours qui sera achevé le 31 mars 2012.

L'Etat japonais a approuvé au début du mois une aide exceptionnelle d'urgence de plus de 8 milliards d'euros à Tokyo Electric Power pour indemniser les victimes de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, en échange de coupes sombres dans son personnel, ses propriétés et activités.

Tepco doit débourser des centaines de milliards de yens (milliards d'euros) pour dédommager les personnes et entreprises affectées par les rejets radioactifs de la centrale.

Tepco, qui manque cruellement de trésorerie, a déjà reçu un premier acompte et en attend d'autres.
En échange d'une première tranche de fonds de 900 milliards de yens validée par l'Etat, et conformément aux recommandations d'un panel d'experts, la compagnie a promis des sacrifices.

"Puisque vous utilisez de l'argent public pour indemniser les victimes, je souhaite que vous mettiez en oeuvre un +plan spécial d'activités+ qui permette de dégager au moins 2.500 milliards de yens (environ 23 milliards d'euros) en 10 ans", avait déclaré il y a peu le ministre de l'Industrie, Yukio Edano, au patron de Tepco, Toshio Nishizawa.

Outre la vente de biens, Tepco, qui n'a guère le choix, va aussi réduire ses effectifs de 14% (7.400 personnes) d'ici à mars 2014, continuer d'appliquer les réductions de salaires décidées après l'accident, renoncer à des activités non essentielles, rediscuter les contrats avec ses fournisseurs et réduire ses investissements.

Après avoir déjà affiché pour l'an budgétaire passé une perte financière de 1.250 milliards de yens (près de 12 milliards d'euros) à cause de l'accident de Fukushima survenu au cours du dernier mois d'exercice, la compagnie s'attend à un déficit net de 600 milliards de yens (5,7 milliards d'euros) pour l'intégralité de l'année 2011-2012.

La sévère restructuration du groupe tentaculaire semble être la seule façon de garantir des fonds pour dédommager les dizaines de milliers d'habitants, exploitants agricoles et entrepreneurs condamnés à abandonner leurs propriétés et activités à cause de la contamination.

Les difficultés financières de Tepco sont d'autant plus rudes que la compagnie est privée depuis près de huit mois de la plupart de ses réacteurs nucléaires, une situation qui ne va pas changer de sitôt et qui l'oblige à acheter des cargaisons gigantesques de gaz et autres carburants pour faire fonctionner ses centrales thermiques.

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