Les trois terminaux méthaniers français en grève

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Les trois usines de regazéification du gaz naturel liquéfié, qui assurent 25% de la consommation française de gaz, sont à l'arrêt. Les salariés d'Elengy, filiale de GDF Suez qui gère ces terminaux, font grève pour demander une hausse de leur rémunération.

Depuis samedi 14 avril, 5 heures du matin, les bateaux géants remplis de gaz liquide qui se présentent dans les deux terminaux méthaniers de GDF SUEZ à Fos sur Mer (Fos Tonkin et Fos Cavaou) sont refoulés. « Deux bateaux sont sur rade, en attente », affirme Reda Saker, délégué CGT chez Elengy, à Fos. Dont un bateau de 175.000 mètres cubes de Total, actionnaire à 30% du nouveau terminal de Cavaou, qui amène son chargement de gaz liquéfié directement du Qatar, après deux semaines de navigation. Les installations, elles, sont à l?arrêt depuis lundi matin.
Le troisième terminal français, à Montoir de Bretagne, lui aussi exploité par la filiale de GDF Suez, Elengy, devrait être également mis à l?arrêt mercredi matin, selon la CGT, au moment où un méthanier doit se présenter. Ces trois terminaux accueillent chaque année en moyenne un quart de la consommation française de gaz naturel, assurée à 100% par des importations, le solde étant acheminé par les gazoducs.
La CGT et Sud lancent ce mouvement de grève pour protester contre la baisse de la participation prévue pour les 430 salariés d?Elengy. « Selon un accord signé l?an dernier, notre participation devait augmenter de 10%. Or, elle recule de 10%. L?écart, de 20%, représente 1.000 à 1.200 euros par salarié . Cette baisse intervient au moment où les bénéfices de la société ont doublé en 2011, à 100 millions d?euros», explique Reda Saker (CGT). « Nous tentons, en vain, de négocier avec la direction sur ce sujet depuis trois mois », déplore-t-il.

Un coût pour GDF Suez de 70.000 euros par jour
Selon la CGT, l?impact financier pour GDF Suez de l?arrêt de ses trois sites serait de 70.000 euros par jour. Lors de la précédente grève, à l?automne 2010, contre la réforme des retraites, l?arrêt de deux semaines avait couté 1 million d?euros au groupe, affirme le syndicat.
Côté direction de GDF Suez, silence radio. Dans l?entourage du groupe, on se contente de souligner que la consommation française de gaz n?est pas à son apogée au printemps. Tout en déplorant que les salariés d?Elengy fassent grève chaque année au même moment sur ce même sujet.
Faux ! répond Reda Saker. Au printemps dernier, un petit mouvement de grève avait eu lieu pour s?opposer, avec l?ensemble des groupes GDF Suez et EDF, à une réforme des tarifs spécifiques du gaz et de l?électricité réservés au personnel de ces deux sociétés. « En mars 2009, juste après la fusion de Gaz de France et de Suez, nous avions obtenu, après deux heures de grève, un relèvement de 5% des salaires et une prime de 1.300 euros, que nous n?avions pas demandée ! », se souvient Reda Saker. « C?était un autre contexte », ajoute-t-il avec une pointe de regret.

Un  projet de terminal en Inde

Au même moment, ce mardi, GDF Suez annonce une prise de participation de 26% dans un projet de terminal de regazéification flottant en Inde. Chargé des études de faisabilité, le groupe dirigé par Gérard Mestrallet supervisera la construction de cette usine flottante si la décision d'investissement est prise. Ce projet mené par des sociétés indiennes représente un budget d'environ 200 millions de dollars. GDF Suez est présent en Inde dans le gaz naturel depuis 1997, avec une participation de 10 % dans Petronet LNG, le propriétaire des terminaux d?importation de gaz naturel liquéfié (GNL) de Dahej et Kochi, en construction.
Pour le développement de son activité GNL, GDF Suez considère l?Asie comme l?une des régions clés présentant des perspectives de croissance forte et un nouveau potentiel d?approvisionnement. La consommation de GNL en Inde devrait ainsi doubler d'ici 2020, selon le groupe. Pour accompagner sa croissance dans cette zone, GDF Suez développe le projet Bonaparte LNG en Australie, un projet d?usine flottante aussi mais de liquéfaction cette fois. Et cela change tout puisqu'ici les budgets tournent autour de 8 à 10 milliards d'euros. 

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