L'électricité coûte de plus en plus cher ? Les coupures de courant aussi

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Une coupure d'électricité qui dure plus de trois minutes coûte en moyenne 26 euros par kilowattheure aux entreprises et particuliers qui la subissent. Arrêt de la production, dégâts matériels : le gestionnaire du réseau électrique RTE a étudié les conséquences des pannes de courants.

Si les prix de l'électricité progressent, c'est aussi le cas des... coupures de courant. Trois minutes de panne de courant coûtent près de 200 fois plus aux entreprises et aux ménages que trois minutes de fourniture ordinaire. Une coupure d'électricité représente ainsi 26 euros en moyenne par kilowattheure. En outre, le montant des dommages subis "s'est accru d'environ 10% sur la dernière décennie", indique RTE, le gestionnaire du réseau national de lignes à haute tension, dans les conclusions de la première enquête de ce type réalisée depuis 1994 et publiée ce mercredi. Si nous sommes de plus en plus "plus sensible à la sécurité d'alimentation et à la qualité de fourniture", c?est principalement en raison de la ?tertiarisation de l?économie?, précise ce rapport.

Risque de pertes de données pour les entreprises

Arrêt des lignes de production dans les usines, pertes de données informatique, voire même dégradation du matériel? quelques minutes sans électricité peuvent se révéler bien onéreux pour les entreprises en raison du manque à gagner et des dégâts qu?elles risquent d?entraîner. Trois minutes de pannes de courant leur coûtent en moyenne 34 euros par kilowattheure. Et bien sûr, plus elles sont longues, plus ces coupures sont coûteuses, surtout lorsqu?elles dépassent des durées de trente minutes à une heure. Des arrêts prolongés de la fourniture en courant peuvent en effet entraîner la dégradation du matériel informatique.

Denrées périssables

Pour les ménages, des coupures longues contraignent par exemple à jeter les denrées alimentaires les plus périssables, surtout les produits congelés. RTE évalue à 19 euros par kilowattheure le coût  d?une longuepanne de courant (supérieure à 3 minutes). Outre ces coût ?économiques?, RTE a également tenté d?évalué les coûts ?sociétaux? subies à la suite de ces pannes. Il s?agit alors de chiffrer par exemple la perte de confort ou de temps. Celle-ci serait "extrêmement élevée" dans les transports ferroviaires, à 137 euros le kilowattheure, en raison du temps perdu par les passagers.

Quand le froid augmente les risques

Le risque de coupures existe bel et bien. La semaine dernière, près de 100.000 foyers étaient ainsi privés d?électricité à Toulouse en raison d?une avarie sur une ligne à haute tension. Les risques sont d?autant plus importants en période de grand froid, lorsque la demande augmente, pour alimenter des systèmes de chauffage par exemple. ?Deux grandes zones en France sont en situation de vulnérabilité, (?) l'Ouest et le Sud-Est pour des raisons qui tiennent au fait que les habitants de ces régions refusent assez systématiquement le renforcement des moyens d'acheminement", avait expliqué Henri Proglio, le patron d?EDF au mois de février lors d?une interview sur RTL.

Le Grand Paris plongé dans le noir ?

Avec la densification urbaine dans certaines régions, de nouvelles coupures seraient à prévoir. ?Le Grand Paris à l?horizon 2025 devrait se traduire par une croissance de la puissance électrique qui pourrait atteindre 3000 MW, ce qui est supérieur à la puissance appelée par la ville de Paris en hiver?, indique par exemple la Préfecture de Paris, citée dans le rapport de RTE. ?Il sera donc nécessaire de mettre en oeuvre de nouvelles technologies et de nouveaux services énergétiques pour maîtriser ces évolutions.?, ajoute la préfecture.

Méthodologie : Cette enquête a été menée entre septembre 2010 et avril 2011 par le Centre d'études et de recherches sur l'énergie (Ceren) auprès de 1.550 consommateurs de tout type (des ménages aux grands industriels directement raccordés au réseau de RTE). Pour évaluer les pertes des entreprises l?énergie non distribuée pendant la durée de la coupure pour chaque établissement ou ménage a été prise en compte au regard de sa consommation électrique annuelle et de son nombre d?heures annuel de fonctionnement. Pour les ménages, l?énergie non distribuée a été calculée au regard de leur consommation électrique annuelle corrigée des variations saisonnières.

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Commentaires
a écrit le 19/04/2012 à 14:34 :
Ce qui est "gênant" est que la sécurité de l'approvisionnement est restée très faible par ABSENCE de volonté d'enterrement des lignes. Tout bêtement. Autre "détail", une entreprise qui ne met pas ses PC sous onduleur fait comme pour les sauvegardes : elle n'a que ce qu'elle mérite. Y'a un minimum, quand-même...
a écrit le 19/04/2012 à 7:44 :
Je ne suis pas sur que le prix de l'électricité progresse en comparaison du cout du travail(salaires plus charges).
Réponse de le 19/04/2012 à 14:31 :
Vous devriez essayer de voir plus clair : avec les salaires inchangés, voire en baisse par nouvelles embauches, l'inflation a fait baisser le coût du travail.
a écrit le 18/04/2012 à 21:51 :
"des coupures longues contraignent par exemple à jeter les denrées alimentaires les plus périssables, surtout les produits congelés."
Il faut vraiment de très longues coupures. Dans le Loiret, mes parents ont eu, une fois, presque 24h de coupure. Mon père avait acheté un petit groupe électrogène pour l'essentiel (congélateur). Vivent les lignes enterrées !
Réponse de le 19/04/2012 à 16:39 :
Ouaich... un groupe électrogène coûte assez cher (pour une qualité supérieure au chinois) et le coût du carburant n'est plus non plus négligeable... Soit, ils nous prennent en otage.

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