Areva-Siemens : l'autre divorce industriel franco-allemand

Après que l'Allemagne a coulé le projet de fusion entre EADS et le britannique BAE Systems, on se souvient de cette autre alliance industrielle brutalement dénouée.
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En janvier 2009, le divorce a été aussi spectaculaire qu'inattendu. Le géant industriel allemand Siemens a brutalement claqué la porte d'Areva dont il détenait depuis 1999 quelque 34% du capital de la filiale principale (Areva NP) qui fabrique les réacteurs. L'Elysée, comme la patronne d'Areva de l'époque Anne Lauvergeon, ont été pris par surprise, ont-ils affirmé en ch?ur. Cela faisait pourtant des années, selon Siemens, que les différents patrons du conglomérat allemand demandaient à corps et à cris de monter au capital de la holding de tête. «On ne nous l'a pas refusé. On ne prenait même pas la peine de nous répondre», affirme un ancien dirigeant de Siemens. «On voulait être sûrs que nous n'allions pas nous contenter d'assurer les fins de mois quand le marché mondial était gelé, sans recevoir les dividendes en cas de reprise», ajoute-t-il. Le coup fut d'autant plus rude pour Paris que Siemens annonça dans la foulée de son divorce avec Areva, ses fiançailles avec le russe Rosatom, concurrent sérieux du constructeur français. L'alliance ne fut cependant pas concrétisée.
Siemens était entré avec réticence dans cette alliance avec Framatome à l'époque (en 1999). «Le nucléaire», avait coutume de dire l'ancien patron de l'industriel allemand, Heinrich von Pierer, «c'est 5% de mon activité et 95% de mes ennuis». Au début des années 90, ses équipes avaient lancé avec celles de Framatome le développement du fameux réacteur EPR (European Power Reactor) dans le cadre du rapprochement franco-allemand mené par Mitterrand et Kohl. Pragmatiquement, il s'agissait de préserver le savoir-faire des équipes d'ingénierie françaises au moment où le programme nucléaire hexagonal se terminait, et où l'Allemagne hésitait, déjà, sur le sort du sien. "L'EPR a été conçu principalement en Allemagne, sur le modèle du réacteur allemand Konvoi, deux fois plus cher que les centrales françaises", affirme à ce sujet un spécialiste du secteur.
Siemens n'a certainement pu que se féliciter de cette séparation, deux ans avant Fukushima et l'abandon du nucléaire par le gouvernement allemand. Depuis, les deux ex-associés se déchirent en rejetant l'un sur l'autre les déboires du chantier de l'EPR en Finlande, où ils sont présents tous les deux. 
 

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Commentaires 5
à écrit le 11/10/2012 à 11:58
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Hélas Madame Lopez n'a pas contacté le procureur de Nuremberg avant de rédiger son article : "L?affaire d?Areva NP est comparable à l?affaire Siemens de 2006, le plus gros scandale de corruption de l?économie allemande d?après-guerre ». Le constat es...

à écrit le 11/10/2012 à 10:22
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N'oublions pas que si les annees 2010-2020 avaient aussi prometteuses pour l'EPR au niveau mondial que les annees 1970 -1980 avec un Framatome qui mettait jusqu'a 5 reacteurs en service par an, la situation industrielle serait differente et certainem...

à écrit le 11/10/2012 à 8:34
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le divorce Areva Siemens est du aussi à la structure des 2 sociétés.Siemens est privé à 100% et Areva étatique(tipique français).Mme Lauvergeon était en conflit sempiéternel avec Sarko,ses mi nistres (marionettes) Proglio,etc.Expliquez nous comment...

à écrit le 10/10/2012 à 19:34
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Correction: le JV s'apellait Framatome SAS, non pas Areva SAS. La holding existe toujours sous cette appellation, d'ailleurs.

à écrit le 10/10/2012 à 19:32
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Siemens avait apporté KWU et une grand part de la téchnologie ERP dans le JV 50/50 Areva SAS (société mère holding de Areva NP dont est question dans l'article). Par la suite, Areva SA avait fait cavalier seul, ce qu'a amèné Siemens à vouloir quitter...

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