Japon : feu vert à la réouverture d'une première centrale nucléaire

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La centrale de Sendai, gérée par la compagnie Kyushu Electric Power, devrait être la première à redémarrer à la fin de l'été. (Photo Reuters)
La centrale de Sendai, gérée par la compagnie Kyushu Electric Power, devrait être la première à redémarrer à la fin de l'été. (Photo Reuters) (Crédits : Reuters)
Un feu vert des autorités de sûreté du pays a été donné mercredi à une centrale du sud du Japon. Cette autorisation pourrait lui permettre d'être la première installation nucléaire de l'archipel à redémarrer depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Le premier été japonais sans nucléaire depuis quarante devrait voir l'automne arriver plus tôt que prévu. Le Premier ministre, Shinzo Abe, s'efforce de faire redémarrer certains des 48 réacteurs du pays pour réduire la dépendance de son pays aux combustibles fossiles importés.

Un règlement plus sévère

De fait, deux réacteurs nucléaires du sud-ouest du Japon remplissent les nouveaux critères de sûreté, a jugé mercredi le gendarme du secteur qui ouvre ainsi la voie à une relance de l'énergie atomique au Japon, trois ans et demi après le désastre de Fukushima.

Entre-temps, plusieurs unités avaient fonctionné durant quelques mois, mais aucune n'avait reçu de certificat de conformité à de nouvelles normes plus sévères entrées en vigueur en juillet 2013.

Les membres de l'autorité de régulation nucléaire ont approuvé un rapport de près de 420 pages selon lequel les dispositions techniques prises par la compagnie Kyushu Electric Power pour les tranches Sendai 1 et 2 (sud-ouest) étaient compatibles avec ces standards durcis vis-à-vis des risques d'accident critique.

En un an d'étude, il a fallu éplucher 30.000 pages de documents, 62 réunions soit plus de 140 heures, sans compter les auditions, et mobiliser de nombreux spécialistes et petites mains pour parvenir à ces conclusions dont la lecture est particulièrement ardue.

Les 48 réacteurs encore à l'arrêt

Le document précise notamment toutes les mesures prises pour faire face aux tsunamis, séismes, éruptions volcaniques, tornades et autres dangers, afin d'éviter que la situation ne dégénère en catastrophe majeure, comme en mars 2011 à la centrale Fukushima Daiichi après un tremblement de terre au large et un gigantesque raz-de-marée.

C'est la première fois depuis cette catastrophe qu'est donné un tel avis de conformité, alors que l'intégralité du parc de 48 réacteurs est arrêté (sans compter les six unités définitivement condamnées du complexe de Fukushima).

La certification de sûreté de l'autorité indépendante mise en place après le désastre du 11 mars 2011 est indispensable pour relancer n'importe quel réacteur de l'archipel.

Une possible réouverture en août

L'approbation des dispositions prises pour Sendai 1 et 2 doit encore être définitivement validée après un appel à commentaires publics d'une durée de 30 jours.

Si tout va bien, le feu vert sera donné au mois d'août. L'autorité se borne toutefois à dire que les installations sont sûres. Il revient ensuite aux dirigeants politiques locaux et nationaux de décider du redémarrage.

Les observateurs estiment que ces deux réacteurs pourraient être remis en exploitation à l'automne.

Abe contre une partie de la population

La volonté du gouvernement de droite de Shinzo Abe est de "remettre en marche tous les réacteurs jugés sûrs par l'autorité de régulation", a répété mercredi le porte-parole du gouvernement, Yoshihide Suga.

"C'est un pas en avant, et je veux avancer vers la relance avec la compréhension des communautés locales", a réagi le Premier ministre.

Les raisons sont politiques et économiques: le Japon veut une indépendance énergétique grâce à la maîtrise du cycle nucléaire, et souhaite en finir avec les importants déficits commerciaux endurés depuis que l'arrêt des réacteurs nucléaires l'oblige à importer à prix d'or des quantités massives d'hydrocarbures pour ses centrales thermiques.

Mais l'éventualité d'un prochain redémarrage de réacteurs rencontre l'opposition des antinucléaires, à commencer par Greenpeace. 

Par ailleurs, plus de la moitié des 30.000 habitants d'Ichikikushikino, une ville côtière située à cinq kilomètres de Sendai, ont récemment signé une pétition contre le redémarrage du site.

S'il est désormais envisageable de voir redémarrer certains réacteurs, il est très probable qu'au moins deux tiers du parc nucléaire japonais ne respecteront jamais les nouvelles normes édictées après Fukushima, a montré en avril une enquête de Reuters. 

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Commentaires
a écrit le 17/12/2014 à 16:55 :
Ainsi les contrats concrenant l'installation du ILC(international linear collider)au japon seraient close?!

Il faut beaucoup d'énergie pour une telle experience,logique de relancer quelque réacteurs.
a écrit le 20/07/2014 à 18:05 :
Toujours la politique de la fuite en avant...
a écrit le 18/07/2014 à 10:26 :
LES JAPONAIS CONNAISSENT BIEN LE MOT ARAKIRI???
a écrit le 17/07/2014 à 22:45 :
Une peu plus de radioactivité ne peut pas nuire. Proverbe du chinois Ahrëvä
a écrit le 17/07/2014 à 19:49 :
Encore un peu de radiation ne peu pas nuire à la santé. Proverbe du chinois Haïrëvha
a écrit le 16/07/2014 à 22:33 :
si la centrale se trouve à 20 kms des cotes alors no problem

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