Chauffage : Engie veut redonner du pouvoir d'achat

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La directrice générale d'Engie, Isabelle Kocher, plaide pour une transition énergétique compétitive
La directrice générale d'Engie, Isabelle Kocher, plaide pour une "transition énergétique compétitive" (Crédits : Reuters)
Isabelle Kocher explique à La Tribune comment elle veut permettre aux ménages de bénéficier d'une "transition énergétique compétitive". La directrice générale annonce pour janvier une « offre packagée » permettant d'acquérir une chaudière neuve sans en débourser le prix d'achat et en faisant baisser sa facture mensuelle.

LA TRIBUNE - L'énergie est un sujet central dans la crise actuelle du pouvoir d'achat. Au-delà du gel provisoire des tarifs réglementés de l'électricité et du gaz, annoncé par le gouvernement, quel rôle peuvent jouer les entreprises ?

ISABELLE KOCHER -

L'énergie n'est pas un bien comme les autres. Tout le monde a besoin d'énergie. Tous les ménages consomment de l'énergie. Et c'est aujourd'hui une part non négligeable de leur budget. Surtout en hiver pour le chauffage.

Chez Engie, nous pensons que la transition énergétique doit être une chance pour tous les Français et tout de suite, sinon elle n'aura pas lieu. On a beaucoup entendu parler au cours des dernières semaines de l'opposition entre fin du mois et fin du monde. Ces deux enjeux sont réconciliables et nous allons le prouver concrètement dès la mi-janvier.

Notre fil rouge à nous, c'est ce que j'appelle « la transition énergétique compétitive ». Les ménages comme les entreprises doivent payer leur énergie moins cher, c'est une question de pouvoir d'achat pour les premiers et de compétitivité pour les seconds.

A nous d'être capable de leur proposer une énergie propre tout en les aidant à faire des économies et à gagner réellement de l'argent.

Nous avons lancé des offres en ce sens depuis trois ans.

Mais face au malaise de la société française, il faut accélérer très fortement. Et j'ai mis toutes les équipes d'Engie en tension positive pour que nous soyons capables de proposer dans les quatre semaines des offres nouvelles, simples et qui redonnent tout de suite du pouvoir d'achat aux ménages.

Concrètement, que proposez-vous ?

Aujourd'hui, nous avons décidé de régler définitivement le sujet des vieilles chaudières, c'est-à-dire celles qui ont plus de 8 ans. Il y en a trois millions en France, elles concernent près de 12 millions de Français et elles consomment 30% d'énergie de trop pour un confort de chauffage moindre que les chaudières modernes. Or ceux qui ne changent pas de chaudière sont ceux qui n'ont pas les moyens de faire le chèque pour les remplacer. C'est pourquoi nous allons proposer une offre simple et packagée intégrant le remboursement mensuel d'une nouvelle chaudière, qui sera d'un montant inférieur aux économies d'énergies réalisées. Cela va donc être un gain immédiat de pouvoir d'achat pour tous les Français qui choisiront de remplacer leur chaudière dès la mi-janvier.

Cette offre nous l'avons testée en 2018, et les résultats nous ont prouvé que notre intuition de départ était juste. Tout le monde a envie de moderniser sa façon de consommer de l'énergie, mais il ne faut pas que cela coûte plus cher, il fait que cela soit simple et il faut que les économies réalisées soient pour tout de suite.

Qu'annoncez-vous de nouveau aujourd'hui ?

Nous allons encore travailler cette offre d'ici mi-janvier. D'une part en abaissant encore les « loyers » mensuels proposés, d'autre part en prenant en charge toute la gestion des aides auxquelles peuvent prétendre les ménages. Aujourd'hui beaucoup d'aides existent mais elles sont trop compliquées pour les consommateurs. J'en discutais récemment avec les associations de consommateurs qui font le même constat. C'est pourquoi nous avons décidé de nous occuper de tout. Nous formons actuellement des équipes dédiées pour accompagner nos clients. Dans quatre semaines, elles seront sur le terrain prêtes à s'occuper de tout pour changer une chaudière.

Cette baisse des loyers mensuels est rendue possible à la fois par l'optimisation de nos process, et par l'élargissement du mécanisme des CEE (les Certificats d'Economie d'Energie) dont les fournisseurs d'énergie doivent émettre un certain volume chaque année en échange des économies d'énergie qu'ils font réaliser à leurs clients, et qui n'englobaient pas jusqu'à présent le changement de chaudière.

Souhaitez-vous vous présenter comme l'énergéticien champion du pouvoir d'achat ?

Notre offre illustre très clairement notre valeur ajoutée, nous allons faire faire des économies à nos clients, que nous allons leur redonner tout de suite, dès le premier mois en pouvoir d'achat. Et cela représentera en moyenne près de 250 euros par an.

Et moins consommer, c'est lutter contre le réchauffement climatique. C'est par ces offres que nous réconcilions la fin du mois et le souci de la planète.

Toute notre organisation est articulée autour de ces gains de pouvoir d'achat pour les ménages et de compétitivité pour les entreprises. En tant que spécialistes de l'efficacité énergétique, nous savons que les gisements d'économies d'énergie sont considérables.

Nous proposons déjà à nos clients industriels des offres dans lesquelles nous finançons des changements d'équipement. Ou à des villes, auxquelles nous proposons des systèmes d'éclairage publics alimentés en énergie verte et qui, mieux régulés, peuvent entraîner jusqu'à 50 % d'économies d'énergie.

Et nous n'allons pas nous arrêter là. En 2019, nous allons nous attaquer à la remise à niveau de tous les équipements de la maison. Nous commençons avec les chaudières, puis ce sera au tour des radiateurs, des convecteurs, des pompes à chaleur...

Les résultats de la COP24 ont été plutôt décevants, considérez-vous que les acteurs privés peuvent agir seuls indépendamment des négociations internationales ?

La COP24 n'a pas été l'échec annoncé. Il faut continuer ce travail partenarial entre acteurs publics et privés. Nous pensons qu'il faut à la fois traiter l'urgence climatique et entendre la demande sur le pouvoir d'achat.

Passer à grande échelle sur les mécanismes qui permettent de réconcilier ces deux enjeux, c'est ce que j'appelle la « transition énergétique compétitive ».

On ne peut pas ne pas écouter ceux qui parlent de leurs fins de mois. Mais il est compliqué également de faire la sourde oreille face à ceux qui parlent de la préservation de la planète. Car sinon, cela deviendra pour nos enfants un sujet de... fin du mois !

Propos recueillis par Dominique Pialot

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Commentaires
a écrit le 22/12/2018 à 18:01 :
Parce que nos revenus sont modestes et que nous faisons attention à nos dépenses, nous vivons actuellement une situation assez déplaisante :

Tout le monde connait Engie. Eh bien, peut-être aurions nous dû y réfléchir à deux fois avant de les faire intervenir chez nous. Il suffit d'aller sur leur page pour découvrir que d'autres vivent des situations bien pire que la nôtre. Mais voici en ce qui nous concerne :

Début 2018 :
Il est plus que temps de changer de mode de chauffage, vieille chaudière à fioul énergivore et polluante. Et puis profitons du crédit d’impôt, c'est le moment.
Nous commençons l'aventure en faisant faire des devis, pour l'installation d'une pompe à chaleur, à plusieurs entreprises dont Engie. Notre choix se porte sur cette dernière, le prix étant plus attractif et le matériel proposé nous convient.

Mai 2018 :
Nous signons le devis. Nous apprenons en même temps que le chantier sera sous-traité... ah bon... Bon, soit... Les travaux devraient commencer à la fin du mois d’août. OK. Par contre nous n'avons pas d'engagement écrit, qui va venir ? Nous ne savons pas... mais bon.

Fin août 2018 :
Pas de nouvelle... nous appelons Engie... plusieurs fois, difficile d'avoir un responsable, la secrétaire est bien en peine de nous renseigner... le chef de chantier doit nous rappeler... et ça plusieurs fois...
Le temps passe et les coups de fil s'accumulent...
Nous finissons par apprendre que finalement c'est une équipe d'Engie qui viendra (c'est-y que quelqu'un aurait oublié de voir avec un sous-traitant ?) Les semaines passent.

Mi-octobre 2018 :
Après maintes réclamations, nous avons un bel été indien mais l'automne est là quand-même, voici qu'une équipe débarque, euh non, deux, ben en v'là du monde! Nous ne comprenons pas bien qui est qui, qui fait quoi ou qui doit faire quoi... en tout cas tout se décide sur place. Ça va, ça vient, qu'importe, pourvu que le boulot se fasse. A ce niveau je ne dirai rien, mais il y a des choses qui nous laissent perplexes... Finalement, 2 techniciens restent sur place. En 3 jours, l'installation est faite mais... pas terminée, manque une pièce et les diamètres de certains tuyaux sont inadaptés... Ils vont revenir... oui, mais quand ?
Allez, haut les cœurs ! Nous avons du chauffage.

20 décembre 2018 :
ET LE CRÉDIT D'IMPÔT ?
Ben oui, travaux pas finis, donc pas de facture, donc pas de crédit d'impôt et la fin d'année approche à grand pas. La colère monte, j'appelle Engie, je m'excuse d'avance auprès de la secrétaire, lui dit que je ne lui en veux pas, puis j'explique la situation en long et en large et ajoute qu'en tant qu'ancien artisan et fille d'artisan, je n'ai jamais vu une situation pareille. Bien sûr, elle ne peut nous passer aucun responsable. Promis, elle nous rappelle le lendemain à 8h... ON ATTEND TOUJOURS !!!
Mon mari rappelle une fois de plus, demande à avoir une facture même si les travaux ne sont pas terminés...
Réponse : "la comptabilité a clôturé ses comptes"... et le chef de chantier doit nous rappeller !!! Hahaha !!!
Je ris jaune mais je suis verte et là je vois rouge, une installation de pompe à chaleur ne se fait pas tous les jours parce que ça a un coup, qu'on a fait des économies pour cela et que nous comptons bien sur l'aide de l'état (qui nous en ponctionne bien assez comme ça) pour retomber sur nos pattes. Notre crédit d'impôt devrait s'élever à 3000€... nous avons bien peur que cela nous passe sous le nez...

On fait quoi maintenant ?
a écrit le 22/12/2018 à 17:15 :
bonjour
ce que vous proposez est du réchauffé, en effet edf avec ses soit disant partenaire à déja fait cette promotion . Résultat ils vous envoie le moins disant en sous traitance et quand il y a des problèmes d'installation edf n'existe plus ils vous disent de s'adresser à l'artisan qui bien sur leur a versé une commission pour apport de clientèle
conclusion : soyez très vigilant sur ces propositions uniquement commerciales
a écrit le 21/12/2018 à 13:54 :
Pendant que le citoyen est abreuvé de taxes et impôts, ENGIE donne l'exemple...

https://mrmondialisation.org/evasion-fiscale-carton-rouge-pour-engie-le-geant-de-lenergie/

https://www.lepoint.fr/economie/engie-a-transfere-27-milliards-d-euros-au-luxembourg-17-10-2016-2076673_
https://www.usinenouvelle.com/article/la-commission-europeenne-va-condamner-l-accord-fiscal-d-engie-au-luxembourg.N706894
a écrit le 21/12/2018 à 7:43 :
Engie vend du gaz et EDF des pompes à chaleur bas de gamme. Bref le commerce greenwashing continue. Il vaut mieux opter pour un couplage solaire hybride (PV + Thermique) + pompe à chaleur, c'est un peu plus cher mais bien plus durable et rentable car le Cop atteint 6,6 à 10, la part de chauffage et eau chaude solaire est majoritaire donc la pompe à chaleur travaille peu et le solaire hybride fournit l'électricité + la mobilité électrique en plus. Voir par exemple : https://www.li-mithra.fr/fr/gamme/helixa
a écrit le 21/12/2018 à 0:13 :
Produits de toute première nécessité Electr et Gaz ne doivent etre soumis qu'à Une taxe en tout et pour tout : TVA à 5.5%
a écrit le 20/12/2018 à 15:36 :
En fait, Engie propose de jouer le rôle de tiers financeur. Je suis étonné qu'ils y parviennent car la rentabilité de ces travaux est souvent très difficile à atteindre sans un délai raisonnable, mais après tout pourquoi pas. Il faut tout de même bien lire le contrat et voir comment ils se protègent des externalités comme par exemple les changements de comportement après rénovation (ex. j'augmente la température vu que ça coûte moins chet...). Bref, bien cerner qui prend les risques, le client ou Engie.
a écrit le 20/12/2018 à 14:59 :
Si on veut être à la neutralité carbone en 2050, on n’y arrivera pas en installant maintenant des chaudières au gaz neuves.
a écrit le 20/12/2018 à 12:28 :
Voire une entreprise qui prétend faire du social avec ses clients, je me demande où est le piège. Après il parait que les dirigeants féminins ont une approche plus long terme que les hommes, et c'est l'intérêt long terme d'Engie de s'inscrire dans l'évolution de la transition énergétique, plutôt que de livrer des combats de ralentissements au nom des profits immédiats. et puis il vaut mieux envoyer à un client une facture qu'il peut payer, que trop tirer sur la corde.

Elle saisit peut être une occasion que lui donne les gilets jaunes d'avoir une autre approche.

Après, comme le dit un autre commentaire, j'espère que dans ce cas , l'état ne s'en mêlera pas pour ajouter une usine à gaz dessus.
Réponse de le 21/12/2018 à 17:22 :
L'idée est plutôt séduisante mais le diable est dans les détails.

Sans faire de procès d'intention, il ne faudrait pas que cela se termine en tout "Pompe à Chaleur" et en "tout nucléaire" pour le pays.
a écrit le 20/12/2018 à 11:11 :
Heureusement que c'est un des rares domaines où il existe encore de la concurrence. Chacun peut choisir ce qui convient à son pouvoir d'achat. C'est sans doute pourquoi ENGIE a perdu tant de clients.
a écrit le 20/12/2018 à 11:07 :
Excellente initiative Madame surtout si vous contrôlez le dispositif de bout en bout pour éviter que l'aide de l'Etat ne tombe directement dans la poche de nos amis les plombiers.
a écrit le 20/12/2018 à 10:29 :
Mais qui c'est qui nous gouverne en fait ???

Des politiciens qui exigent de nous de travailler plus pour gagner moins et des hommes d'affaires qui veulent nous aider... -_-

Au secours

"Religion et gouvernement. — Tant que l’État, ou, plus clairement, le gouvernement se sent établi tuteur au profit d’une masse mineure et se pose, à cause d’elle, la question de savoir si la religion est à maintenir ou à mettre de côté : il est extrêmement probable qu’il se déterminera toujours pour le maintien de la religion. Car la religion apaise la conscience individuelle dans les temps de perte, de disette, de terreur, de métiance, par conséquent, là où le gouvernement se sent hors d’état de faire directement quoi que ce soit pour l’adoucissement des souffrances morales de l’homme privé : il y a plus, même dans les maux généraux inévitables et surtout inéluctables (famines, crises pécuniaires, guerres), la religion assure une attitude de la masse tranquille, expectative, confiante. Partout où les lacunes nécessaires ou occasionnelles du gouvernement ou bien les dangereuses conséquences d’intérêts dynastiques se font sentir à l’homme intelligent et le disposent à la rébellion, les inintelligents croient voir le doigt de Dieu et se soumettent avec patience aux arrangements d’en haut (conception dans laquelle se confondent d’ordinaire les façons de gouverner divines et humaines) : ainsi la paix civile intérieure et la continuité de l’évolution se trouvent garanties. La puissance qui réside dans l’unité du sentiment populaire, dans des opinions et des fins égales pour tous, est protégée et scellée par la religion, hormis les rares cas où un clergé ne s’accorde pas sur le prix et entre en lutte avec la force gouvernementale. Pour l’ordinaire, l’État saura se concilier les prêtres, parce qu’il a besoin de leur éducation des âmes toute privée et cachée, et parce qu’il sait apprécier des serviteurs qui, apparemment et extérieurement, représentent un intérêt tout autre. Sans l’aide des prêtres, aucun pouvoir, maintenant encore, ne peut devenir « légitime » : comme Napoléon le comprit. — Ainsi gouvernement absolu tutélaire et maintien vigilant de la religion vont nécessairement de compagnie. En outre, il faut poser en principe que le personnel et les classes dirigeants sont édifiés sur l’utilité que leur assure la religion et par là, jusqu’à un certain point, se sentent supérieurs à elle, en tant qu’ils l’emploient comme moyen : aussi est-ce là que la liberté de pensée a son origine. — Mais quoi ? si une tout autre conception de l’idée de gouvernement, telle qu’elle est enseignée dans les Élats démocratiques, commence à se répandre ? si l’on ne voit en lui que l’instrument de la volonté du peuple, non pas une supériorité en comparaison d’une infériorité, mais exclusivement une fonction du souverain unique, du peuple ? En ce cas, le gouvernement ne peut prendre à l’égard de la religion que la position même que prend le peuple ; toute diffusion des lumières devra avoir sa résonance jusque dans ses représentants, une utilisation et une exploitation des impulsions et des consolations religieuses en vue de buts politiques ne sera pas aisément possible (à moins que des chefs de parti puissants n’exercent de temps en temps une influence semblable en apparence à celle du despotisme éclairé). Mais quand l’État ne pourra plus tirer lui-même d’utilité de la religion ou que le peuple aura sur les choses religieuses trop d’opinions diverses pour qu’il soit possible au gouvernement de garder dans les mesures concernant la religion une conduite identique et uniforme, — le remède qui apparaîtra nécessairement sera de traiter la religion comme une affaire privée et de s’en rapportera la conscience et à l’habitude de chacun. La conséquence en sera tout d’abord que le sentiment religieux paraîtra fortifié, en ce sens que des excitations cachées et opprimées, auxquelles l’État, volontairement ou à son insu, ne fournissait pas l’air vital, feront alors explosion et se dilateront jusqu’à l’extrême ; plus tard il sera démontré que la religion fourmille de sectes et que l’on a semé à profusion les dents du dragon dans l’instant qu’on faisait de la religion une affaire privée. Le spectacle de la lutte, la révélation hostile de toutes les faiblesses des doctrines religieuses ne permettra plus enfin qu’un remède, c’est que les meilleurs et mieux doués fassent leur affaire privée de l’irréligion : surtout que cet état d’esprit dominera alors dans l’esprit même du personnel gouvernant et, presque en dépit de leur volonté, donnera aux mesures qu’il prendra un caractère anti-religieux. Dès que cela se produira, la tendance des hommes encore animés de sentiments religieux, qui auparavant adoraient l’État comme quelque chose de sacré à demi ou tout à fait, se changera en une tendance décidément hostile à l’État ; ils abhorreront les mesures du gouvernement, chercheront à l’arrêter, à le traverser, à l’inquiéter, dans la mesure de leur pouvoir, et entraîneront ainsi, par la chaleur de leur opposition, les partis contraires, les irréligieux, à entrer dans un enthousiasme quasi-fanatique pour l’État ; à quoi viendra s’ajouter ce motif secret, que, dans ces partis, les cœurs sentiront un vide depuis leur rupture avec la religion et chercheront en attendant à se créèr un succédané, une sorte de bouche-trou, par le dévouement à l’État. À la suite de ces luttes de transition, peut-être de longue durée, la question se décidera enfin si les partis religieux sont assez forts pour revenir à un état ancien et faire machine arrière ; en ce cas, c’est inévitablement le despotisme éclairé (peut-être moins éclairé et plus timide qu’auparavant) qui prendra l’État en main, — ou bien si les partis irréligieux prendront le dessus et alors supprimeront, et finalement rendront impossible la reproduction de leurs adversaires après quelques générations, sans doute par l’école et l’éducation. Mais alors, chez eux aussi, diminuera cet enthousiasme pour l’État : il apparaîtra de plus en plus clairement qu’avec cette adoration religieuse pour laquelle il est un mystère, une institution surnaturelle, ont été ébranlés aussi le respect et la pitié dans les rapports avec lui. Par la suite les individus n’en regarderont plus que le côté où il peut leur être utile ou nuisible, et s’appliqueront par tous les moyens à prendre sur lui de l’influence. Seulement cette concurrence deviendra bientôt, trop grande, les hommes et les partis varieront trop vite, se précipiteront trop férocement les uns les autres jusqu’au bas de la montagne, à peine parvenus à son sommet. À toutes les mesures qui seront exécutées par un tel gouvernement fera défaut leur garantie de durée ; on reculera devant des entreprises qui devraient avoir durant des dizaines, des centaines d’années, une croissance paisible pour avoir le temps de mûrir leurs fruits. Personne ne ressentira plus à l’égard d’une loi d’autre devoir que de s’incliner momentanément devant la force qui a porté cette loi : mais aussitôt on entreprendra de la saper par une force nouvelle, une nouvelle majorité à former. À la fin, — on peut le déclarer avec assurance, — la défiance envers tout gouvernement, l’intelligence de ce qu’ont d’inutile et d’exténuant ces luttes à courte haleine, devront porter les hommes à une résolution toute neuve : à la suppression de l’opposition « privée et publique ». Les sociétés privées tireront à elles pas à pas les affaires d’État : même la pièce la plus solide qui restera du vieux travail de gouvernement (cette fonction, par exemple, qui doit garantir les particuliers contre les particuliers) sera finalement un jour assurée par des entrepreneurs privés. Le décri, la décadence et la mort de l’État, l’affranchissement de la personne privée (je n’ai garde de dire : de l’individu) est la conséquence de l’idée démocratique del’État ; en cela consiste sa mission. Une fois accomplie sa tâche — qui comme toute chose humaine porte en son sein beaucoup de raison et de déraison, — une fois vaincus tous les retours de l’ancienne maladie, un nouveau feuillet se déroulera dans le fablier de l’humanité, sur lequel on lira toutes sortes d’histoires étranges et peut-être aussi quelques bonnes choses. — Pour redire brièvement ce qui vient d’être dit : l’intérêt du gouvernement tutélaire et l’intérêt de la religion marchent la main dans la main, en sorte que si celle-ci commence à périr, le fondement de l’État sera aussi ébranlé. La croyance à un ordre divin des choses politiques, à un mystère dans l’existence-de l’État, est d’origine religieuse : la religion disparaît-elle, l’État perdra inévitablement son antique voile d’Isis et n’éveillera plus le respect. La souveraineté du peuple, vue de près, servira à faire évanouir jusqu’à la magie et la superstition dernière dans le domaine de ces sentiments ; la démocratie moderne est la forme historique de la décadence de l’État. — La perspective qu’ouvre cette décadence certaine n’est pas d’ailleurs à tous égards malheureuse : l’habileté et l’intérêt des hommes sont de toutes leurs qualités les mieux formées ; quand l’État ne répondra plus aux exigences de ces forces, ce ne sera pas le moins du monde le chaos qui lui succédera, mais une invention mieux appropriée encore que n’était l’État triomphera de l’État. De même que l’humanité a déjà vu périr bien des puissances organisatrices : — par exemple celles de la communauté de race, laquelle fut pendant des milliers d’années beaucoup plus puissante que celle de la famille, qui même très longtemps avant l’existence de celle-ci s’exerçait et commandait déjà. Nous voyons nous-mêmes l’importante idée du droit et du pouvoir de la famille, autrefois dominante dans toute l’étendue du monde romain, s’en aller devenant de jour en jour plus pâle et plus faible. Ainsi une race future verra l’État perdre de son importance dans quelques régions de la terre, — conception à laquelle bien des hommes du présent peuvent à peine penser sans crainte et sans horreur. Travailler à propager et à réaliser cette conception est, à la vérité, une autre affaire : il faut avoir une fière idée de sa raison et ne comprendre guère qu a demi l’histoire pour mettre dès à présent la main à la charrue, — dans le temps que personne encore n’est capable de montrer les semences qui devront ensuite être semées sur le terrain labouré. Ayons donc confiance en « l’habileté et l’intérêt des hommes » pour maintenir maintenant encore l’État pendant un bon moment et repousser les essais destructeurs de demi-savants trop zélés et trop pressés." Nietzsche
a écrit le 20/12/2018 à 10:22 :
"Redonner du pouvoir d'achat "

2018 :
C'est le troisième choc depuis le début de l'année pour les consommateurs abonnés au gaz naturel : les tarifs réglementés HT pratiqués par Engie subiront en effet une nouvelle très forte hausse le mois prochain. Après une première augmentation de +7,45% au mois de juillet et une hausse de 3,25% au mois d'octobre, les tarifs du gaz flamberont au 1er novembre en augmentant de +5,79% en moyenne. Cette tendance haussière s'explique notamment par les fortes fluctuations sur le marché de gros et la hausse du baril de pétrole, sur lesquels les prix du gaz sont indexés.La Commission de Régulation de l'Energie précise que "cette augmentation est de 1,9% pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 3,6% pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude et de 6% pour les foyers qui se chauffent au gaz." Les foyers chauffés au gaz sont les plus touchés par cette augmentation.En 2018, le gaz n'a baissé qu'au mois de décembre de 2,3%.
a écrit le 20/12/2018 à 9:52 :
Madame,
Avant de faire de la communication financière opportuniste pro gouvernementale, tâcher de faire convenablement votre métier: relever des compteurs. Vos équipes sont incapables de respecter les rendez-vous fixés, au téléphone les interlocuteurs disent qu'ils font les choses mais ne les font pas, bref c'est le désordre le plus absolu. Prenez exemple sur votre filiale belge Electrabel qui sait respecter ses clients.
a écrit le 20/12/2018 à 9:42 :
Vous allez nous vendre des chaudières qui fonctionnent au gazole, donc vous foutre de notre gueule une fois de plus.
a écrit le 20/12/2018 à 7:36 :
Cela fait des années que ce groupe est au service des politiques. Cette annonce confirme ce fait.
a écrit le 20/12/2018 à 7:27 :
Encore une fois du Green washing: la transition énergétique ce n’est pas installer des chaudières au gaz mais des pompes à chaleur.
Avec la proposition d’engie, on favorise la consommation de gaz qui produit du CO2 et du méthane soit les pires gaz à effet de serre. En plus avec cette façon de faire on fige la consommation pour la longueur du contrat. Et que ferons les clients, quand le prix du gaz augmentera sous l’effet de la disparition du gaz et du pétrole ?
Est ce que engie garantit les prix pendant la durée du contrat, voilà la bonne question ?
Réponse de le 20/12/2018 à 15:31 :
En même temps, la pompe à chaleur, c'est loin d'être l'ideal. D'abord, ça consomme pas mal d'électricité. Ensuite, sauf pour les constructions neuves à plancher chauffant, en renovation elle est souvent utilisée de manière réversible en été, c'est à dire en climatisation... et la c'est une horreur énergétique. Enfin, en ville en rénovation, les seuls systèmes installables en pratique sont souvent les pompes à chaleur aerothermiques (air/air): or elles sont encombrantes (souvent très difficiles d'installer l'énorme échangeur air/air en raison ses normes d'urbanisation), extrêmement bruyantes (nombreux conflits de voisinages), avec une efficacité énergétique mediocre, d'une maintenance chère, et très coûteuses car n'offrant aucun crédit d'impôt. Bref une pàc eau/eau en construction neuve avec plancher chauffant et crédit d'impôt OK très bon choix, mais en rénovation ça n'a pas grand intérêt : une chaudière récente basse température à condensation sera plus efficace et aura un meilleur rapport economies/prix.
Réponse de le 20/12/2018 à 15:38 :
Oui en effet, il est indispensable de lire de très près les termes du contrat, le diable se niche dans les détails. Qui prend les risques, Engie ou le client ?
Réponse de le 20/12/2018 à 16:34 :
@polaris j’ai une maison avec des radiateurs assez basse température pour les faire fonctionner avec une pompe à chaleur. Cela fait dix ans que j’ai la pompe en remplacement de ma chaudière au gaz et ma facture d’électricité est très nettement inférieure au gaz précédent
a écrit le 20/12/2018 à 3:59 :
On pousse les economiquement faibles a s'endetter.
Ce pays est bien en voie d'extinction.
a écrit le 19/12/2018 à 22:54 :
Donner du pouvoir d'achat à crédit, et mettre les dettes sur les têtes de nos enfants, voilà ce qui conduit la France et ses Gilets. La nausée de ces concepts d'irresponsables! Seul point positif: les cadeaux de Noël...
a écrit le 19/12/2018 à 21:58 :
La chaudière neuve et l’isolation thermique de 10 cm extérieur et l’isolation des combles ne permettent pas de baisser la facture d’énergie.

Le vrai pouvoir d’achat est de «  baisser » « les taxes inutiles « ( merci à l’UMP -LR cadeau empoisonné avant leur départ )sur les factures .
Diminuer l’abonnement et le prix du gaz et l’électricité serait un sacré coup de pouce .

En fait ce qui serait bien , ça serait de permettre à tous les propriétaires d’avoir facilement accès aux panneaux solaires, des prix réduits avec accès aux installations (sans exclusion)
Réponse de le 20/12/2018 à 7:17 :
Le progrès n’est pas dans la baisse des prix de l’énergie mais dans leur hausse de manière à en faire baisser l’utilisation. Installer des panneaux solaires ne sert à rien pour préparer l’avenir
a écrit le 19/12/2018 à 20:28 :
Ça semble un pas dans le bon sens, pour desserrer l’etau.
Si on avait aussi la fin des plaisanteries sur les mutuelles, alors les choses commenceraient à aller dans le bon sens.
a écrit le 19/12/2018 à 19:12 :
En fait vous voulez nous faire croire que engie est une association bénévole à but non lucratif ?

Rappelez moi ya quoi vers juin ? Oh les élections européennes. Coïncidence ?

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